UN MÉDECIN, MAIRE DE PARIS EN IJQS I
de nouveau déjoué. L*AssembIée avait son siège fait : le procès du Roi était décidé.
Le maire, le procureur de la Commuhe, le secrétaire-greffier et trente officiers municipaux furent désignés pour escorter la voiture du roi, lorsqu*on le conduirait a la Convention et qu'on le ramènerait au 'l'eiuple. Les sections reçurent l'ordre de se tenir en permanence. En exécution de cet arrêté, tous les personnages indiqués plus haut, à Texception des trente officiers municipaux, pénétraient, le 11 décembre 1792, à une iieure de l'après-midi, dans la chambre du roi.
L'officier municipal de service à la Tour du Temple a rendu compte, en ces termes, de cette solennelle entrevue ':
.le nrapprocliai, dit-il, de Louis et lui annonçai qu'il allait recevoir la visite du maire.
Louis. — Ah, tant mieux... Je vais donc voir le maire! Kst-cc un homme gros, grand, jeune, vieux ?
— Je ne le connais quMmpar(ailcment, lui disje, je sais qu'il est d'un âge moyen, maigre et assez grand.
— Save/.- vous ce qu'il a à me dire?
— Il vous l'apprendra lui niùmo.
Louis resta pendant une heure dans son fauteuil. Il .était si rêveur que je passai devant lui sans qu'il m'aperçût.
— Ce maire se (ait bien désirer, dit-il après un long silence.
* De Deaucourt, ÇêptivUé de Louis XVI, l. II, p. 178 cl sulvonle».
Le maire arriva et lui parla avec digoilé.
— Je suis chargé par la loi de vous déclarer que la Coqvcnlion vous alleiid à sa barre, je viens vous y conduire.
Le sccrôtaire-grefOer a lu alors ceci :
Décret de la Convention nationale du 6 décembre. Art 5.
€ Louis Capel sera conduit à la barre de la Convention nationale, mardi onze, pour répondre aux questions qui lui seront faites seulement par l'organe du président. »
Après cette lecture, le citoyen maire a demandé à Louis s*il voulait descendre. Celui ci a paru hésiter un instant et a dit : < .le ne m'appelie pas Louis Capet ; mes ancêtres ont porté ce nom, mais jamais on ne m*a appelé ainsi. Au surplus, c'est une suite des traitements que j'éprouve depuis quatre mois par la force. Ce matin, on a séparé mou fils de moi. C'est une jouissance dont on m'a privé.
€ Je vous attendais depuis deux heures. * »
Le maire, sans répondre^ Tuyaut invité de nouveuu à descendre, le roi finit par s'y décider.
Dans une notice très rare, destinée à ses amis, Cliambou a raconté, de son côté, sa mission auprès du roi.
Ed montant Tescalier du Temple, dit il, mon émotion, malgré mes ctTorts pour la cacher, fut telle que mes genoux tremblaient sous moi. Ceux qui nraccompagnalcnt s'en aperçurent; elle s'augmenta au point que je faillis perdre tout
i Le roi él«il occupé à faire une lecture quand on vint le prévenir que le Dauphin allait être conduite m mère. Dcui heurci aprèi, Chtmbon •e prâ!»eiitaiL