IV-Î
l3o I.K CAHINET SKCIiKT DE l/lIISTOIRV
Durant tout le parcours, Cliambon essaya d'occuper le roi « par une conversation suivie * », pour l'empêcher d'entendre les propos insultants qu'on tenait sur leur passage. Le roi parut prendre un vif intérêt ù ce que lui racontait Chnmbon, notamment quand il l'entretint des « objets d'antiquité » qu'on trouvait encore dans sa province. Louis XVI fit preuve, à s'en rapporter au témoignage de son interlocuteur, des connaissances les plus variées ; il semblait surtout avoir des notions très précises d'histoire et de géographie.
Cependant la voiture poursuivait l'itinéraire fixé*.
Dans un moment, dit Chanibon, où le roi jetait sur moi un regard do bonté eu voulant me faire entendre, par ses expressions nit^mcs, qu'il me snvuit gré de mes soins, je trou vai moyen do l'avertir, d'un coup d'œil, quo nous étions entourés de gens dont lu présence no permettait pas un épanclicnicnt qui serait dangereux pour lui...
* Là récit de Chambon est ici en contradiction tvec le Procés-oer6a£ de la Commune de Paris^ du 11 décembre, où il est dit que le roi. • monlô en voilure, a gardé le eUence, presque tout le temps de sa IranslaUon •.
■ Ordre pour (a marche et Vescorle de l.ouie Capel, 10 décembre, depuis le Temple Jusqu'à la Convention naliunalc, en passant par la rua du Temple, les boulevards, la rue Neuve-des-Capucins. la place Vendûroe et la cour des Feuillans (V. le document in exleneo aux Archives nationales, D. B. 62, d'après lu marquis de niAUCouRT, CtLp~ tiviléet dernier» moments de Louie XVI, L 11. p. ICi et suiv.)«
UN MKDKCIN, MAIRK hlî PARIS IN I793 f.'h
Il avait élé décidé qu'en passant près de la porte Saint- Denis, on ferait une décharge d*artilterie sur la voiture *.
J'étois prévenu de ce complot ;les canonniers tenaient leurs in^chrs allumées, lin abordant celte porte, je m'élançai par la portière, le corps à moitié en dehors, et d'une voix et d*un geste menaçants, je paralysai le bras des canonniers.
Louis XVI put ainsi, sans autre encombre, arriver à la barre de la Convention. Il s'y présenta en com- ])agnic du maire de Paris et dos gùiiôraux Santcn'O et Bcrj'uycr *.
Chambon ne laissait pas que d'être inquiet sur le retour '. La populace était très excitée, et il redoutait
• La Chronique de Paria donne la version suivante: « Un peUl mouvement, occoslonnô par la (U^sobéissanco au général du ciloycn Jacques lli^onct, ^rcnndicT do la scclion de la Frntcriiitô et counnis aux linposilions, hôtel Soubisc, a clé cause quo la voiture a été arrélée sur le boulevard, en Taco do la rue de Lancri. Le général avait commandé d nppuycrsurla droite ; ce militaire a prétendu qu'il y availde la boue, et que l'état-major h cheval pouvait y passer plus facilemcnL
« Le boulevard cnlre la porte de Saint-Martin et celle de Sainl-D.enis étant ti'ès étroit, la voiture a été encore arrêtée Alors Louis a demandé si on n'aballrait pas ces deux arcs de triomphe ; on lui a répondu que celui de la porto Saint-Denis étant un chef-d'œuvre, on pourrait le conserver. ■
* C'est le général Ucrruyer et non WillcnkofT qui accompagna Louis XVI & la barre
« On lit, dans le Jour}! al de Pcrlet, numéro du 13 décembre 1792 : « La conduite du prisonnier, du Temple h la Convention, s'esl faite avec le plus grand calme, diaprés les sagos mesures prises par le conseil exécutif, de concert avec la Con.mune. Louis était dans une voili\)x garnie en tôle avec le maire et un officier municipal ; elle était entourée do
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des incidents. Ses alarmes ne (iront que s'accroître, quand, à la fin de la séance, au moment où le roi prenait quelques rafrolchissements, on vint brusquement donner Tordre du départ. La voiture qui avait amené le roi stationnait place Vendôme. On dut aller la rejoindreau milieu d*unefouledonton pouvait craindre avec quelque raison les manifestations hostiles. Cependant, sur un ordre donné parle commandant
Ironie tutroi ordciera municipaux en écliorpo Doute cents liommei dinfunlcrie cl «le covolcrio précédoicnl et luivoicnl la voilure tvecdcs pièces «le ctnon. Les citoyens ont vu ce cortège dons un slionce rèpubiicoin. On fait courir lo bruit quo le prisonnier ne voulait point se rendre à la barre et que la Convenlion avait été obligée de rendre un décret |K>ur lo foire venir de force. Cq^ liriiils répandus à dessein coinnicuT paient déjà à produire do l'ogitallon. Sanlerre les t ftit cesser par sa présence. La voilure dons loquclle élait le cidovont roi avait les portières ouvertes, ce quia produit un oiccllcnteiïct sur la peuple. On sait que la séparation do Louis de sa fainilie ne s'csl pas faite sans Inquiétudes, qui ont été dissipées por son retour. •
On lit, d'auire porl, dans la liévolution de 92 ou Journal de (aConoenfjon nntiontde, n* 8^ (mercredi IS décembre 1792) : «... U était unohoiiro après midi, quand Louis XVI est' sorti de sa prison du Temple dans la voilure du maire de Paris, où se trouvaient le maire, le procureur de la Con.niiino cl lo sccréiairc-grcfflcr. Louis élait dans lo fond à droite ayaril son chapeau sur la télé. Son habit élait de lo plus grande simplicité, et cet habit éluil couvert d'une redingote toute unie, couleur marron ; ses rc;;ards étaient tranquilles cl pleins d'assurance iii considérait, à travers les porlièrcs do la voilure, lu garde immense ot silencieuse qui prolégeait so transloiion A l'Asscmlilée naiionale cl rien on lui n'annonçait que la plus grande condanco et la plus grando fermeté... Lo plus morne silence ié;;iiait sur son passage... Il o élc reconduit au Tompr» V4;rs sii heures du soir dans le même ordre, et le peuple n oli-tcnré In nicine conduite reApcctueuse qu'il ovoil maiiircslée le malin •
UN hŒDECIN, MAIRE DE PARIS EN 17g3 l33
(le la pince, le plus grand silence s'établit et LouisXVI, toujours suivi du maire, monta de nouveau en voiture.
y\ii moment où le commandant fermait la portière, Chambon lui <lit ces paroles :
Vous Dous avez sauvé la vie, mais les canons sont braqués ô la porte de Saint Denis pour faire sauter la voiture. Allez dire ù mon épouse de no plus compter sur moi.
Les craintes du maire furent dissipées en apercevant, au moment du départ, un bataillon de sa section. Sur un signe, le bataillon fit escorte à la voiture, qui arriva au Temple vers les six heures, sans qu'aucun des funestes pressentiments do Chambon se fut réalisé.
Le roi a été remis dans la ciiambre h six iicures et demie S dillo rapport de l'oflicicr du Temple. Au moment du départ du maire, il lui a demandé, à deux reprises ditiéronlcs et avec iusislance, de lui faire passer très promplement le décret qui lui accords le c:>nscil q j il demaiiic et qu'on ne refuse ù personne. Le ciloyon maire a répondu qu'il n était chargé que de sa Irnnslalion et que la Convention lui ferait connattre sa vulouté^.
* Son premier soin fut de demander... A manger. 11 mangea h 0on dlncr iix côlelcUcs, un morceau do volaille mac/, vulinnineux, dos reufs, but un verre d'aUcanlo, puis s'en aUa se coucher (Cf. de Bhaucourt, op. cit. p. 181).
Procès-verbal de U Commune de Paria, du 11 déccmbro 1704.
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« Le maire de Paris a parlé au roi avec di«(iiité », dit le rapport do rofiîcier : on a vu, par le récit que nous avons tout au long relaté, qu*il avait, au contraire, complètement perdu la tète.
Chambon était, du reste, un caractère faible et sans portée, cherchant h louvoyer entre les partis, coquetant avec le roi, rusant avec TAsseniblée, système (pli, en définitive, n'était pas si maladroit, puisqu'il devait lui sauver la vie.
Chambon avait quelques-unes des qualités du ministre Roland, sans en .ivoir Théroïsmo. MmeTloland Tavait bien jugé quand, assise au coin do la cheminée dans son salon, elle disait à Desgenettes et au naturaliste Bosc d'Anlic,qui devisaient des événements du jour: « Voilà deux hommes (|ui se ressemblent beaucoup extérieurement, et je suis portée n croire qu'ils ont le même désintéressement, le mémo genre de patriotisme, enfin les mêmes vertus aussi. » A quoi Desgenettes répliquait : qu'il y avait, en elFot, do grandes analogies entre le ministre et le maire, sans ajouter que leurs épouses les conduisaient tous deux par le bout du nez.
Le 26 décembre 1792, Chambon était, pour la deuxième fois, désigné pour accompagner Louis XVI
UN MÉDECIN, MAIRE DE PARIS EN IjgS l35
à TAsseniblée*. Quand la Convention avait rendu le 16 décembre un décret bannissant de France tous les membres de la famille Gapet, à l'exception de ceux qui claiont diHcnus au Temple, do nombreuses pétitions s'cHaient couvertes do signatures, i>our obtenir de rAsscmbléc léglfôrnnte qu'elle rapportât son décret.
Le 1 9, Chambon écrivait au président de la Convention pour lui présenter l'adresse relative au rappel du décret rendu le 16 décembre. La Convention avait d'abord décidé qu'elle passerait à Tordre du jour. Mais Bazire ayant insisté pour que le maire comparût à la barre, Robespierre profita de la circonstance pour accuser Chambon de relations avec les factieux. Chambon fut alors introduit et se borna à déclarer que le devoir do sa pince l'obligeait à remettre à la Convention la pétition qui lui avait 'été confiée, mais qu'il ne l'avait en aucune façon provoquée ; qu'en tous cas il n'en assumait point la responsabiUté. A la suite de ces explications, Chambon fut admis aux honneurs de la séance.
Le procùs-vcrbal do la seconde translation do Louis XVI de la Convention au Temple n'ayant pas paru assez détaillé àplusieurs membres ni aux tribu, nés, le secrétaire-greffier donna lecture du rapport qu'il avait rédigé en grande partie lui-même ;iliournit
« On n'ovnll pns élé snns Inqiiiôfiule sur le sccorid Ironsfèrcmcnl (Cf Pièces onnexos, A, Cabinet secret, 8* série, premiers tirages, p. «00-208).
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(le curieux aperçus sur la psychologie du roi qui allait payer de sa tôte sa remarquable impériiio.
Arrivés au Temple, le maire, le procureur de la CommuDe, quelques commissaires de service, le commandant général et moi, nous sommes montés à la tour. Un a notilié ft l'instant au prisonnier qu'il eût & se transporter à la Convention. Louis est descendu sur le champ; il était alors neuf heures et demie. 11 a marqué quchiue inquiétude sur la manière dont ses conseils se transporteraient à la Convention; il a dit qu'hier ils avaient demandé & la Commune qu'elle prit une décision & cet égard. On lui a répondu « que sur cet ohjetscs conseils feraicutcomme ils voudraient; que le Conseil avait arrêté qu'il n'y avait pas Heu à délibérer. » — Il s'est rendu & la voiture en faisant attention au détachement de cavalerie de Tlilcole militaire, dont 11 ne connaissait pas la formation ; mais il a témoigné là, comme pendant toute la marche, le plus grand sang-froid et la plus parfaite tranquillité. 11 faut que cet homme soit fanatisé, car il est impossible d'expliquer comment Ton peut être aussi tranquille avec tant de sujets de craindre.
Monté en voiture, il a pris part à la conversation qui a été assez soutenue sur la littérature et spécialement sur quelques auteurs latins. 11 a donné son avis sur tout avec beaucoup jde justesse, et m'a paru fort curieux de faire voir qu'il est instruit. Quelqu'un a dit qu'il n'uimait pas Sénèque, parce que son amour pour les richesses contrastait fort avec sa prétendue philosophie et qu'on ne pouvait pas lui pardonner d'avoir osé pallier au sénat les crimes de Néron. Celte réilcxion n'a pas paru raflccter. En parlant de Tito-
UN MÉDECIN, MAIRB DB PARIS EN 1798 l'dj
Livo (il a dit) que son style était bien opposé à celui de Tacite.
Arrivé à la salle où il devait attendre avant d'être Introduit, il a trouvé ses conseils, avec lesquels il s est rendu dans un coin, et les a entretenus en particulier.
Bientôt il a été averti de se rendre à la Convention...
Nous sommes remontés en Toiture, il a conservé le même calme, la même sérénité que s'il eût été dans une position ordinaire. En passant devant le dépôt des ci-devant gardes françaises, il a remarqué avco beaucoup détunnement la superbe maison que Ton bâtit sur cet emplacement.
Un peu plus loin, il nie dit, en plaisantant sur ce que j'avais mon chapeau sur la tête : € La dernière fois que. vous êtes venu, tous aviez oublié votre chapeau ; tous avez élé plus soigneux aujourd'hui. » Peut être m'a-t-11 fait celte observation sans dessein particulier, peut-être aussi, se rappelant les anciennes prérogatives, a-t-il voulu me témoigner que, dans son système, je devais tenir chapeau bas devant lui. Chaumet m'a fait signe du coudeà cette remarque en faisant peut-être la même réflexion que moi.
A propos de rindisposilion du procureur de la Commune, la conversation est tombée sur les hôpitaux de Paris. 11 a fait des réflexions sur la dépense de ces malsons. 11 a dit qu'il serait utile d'en inslitucr dans chaque section, que les pauvres en seraient bien mieux soi;;oés et plus soulagés. 11 a (ait ensuite diverses questions à Chaumet. 11 lui a demandé de quel pays il était, quelles étaient ses occupations; il a même porté la curiosité jusqu'à lui demander des détails de sa famille.
Puis, comme eu allant, je saluais plusieurs de mes cama-
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rudes que je connaissais, il m'a dit: « Ces personnes que vous saluez sont elles de votre section? »
— Non, ce sont des membres do Tancien Conseil général, que je vois avec plaisir s'occuper du soin de maintenir Tordre. Là-dessus, il me dit qu'il y en avait un qui n'était pas resté longtemps. Il voulait nie parler de Meunier. Lorsqu'il étjuit de service ou Temple, m'a-t-il dit, il lui est souvent échappé des mouvements de trouble, en entendant tirer des coups de fusil, il parait qu'il les craignait beaucoup. Je lui ai répondu que c'était moins un effet do la crainte que de la surprise de voir que l'arrêté du Conseil qui défendait do tirer des coups de fusil dans la rue, n'était point exécuté. < 11 est mort hU*i\ mnllicurcusemont», m'a-t-il répliqué. J'ignore (|ui rinslriiit si bien; mais, comme vous voyez, il sait presque toutes les particularités arrivées aux membres du Conseil. 11 a pris ensuite la boite du maire, il lui a demandé si ce portrait qui était gravé d un côté était celui de sa femme. Mais avant que le maire pût lui répondre, la conversation a été coupée par des cris de : < Fermez les fenêtres, fermez les fenêtres ! » Sur cela il a dit: < C'est abouMuable 1 » — < C'est une mesure de sûreté que l'on a prise », lui a répondu Chaumet; « l'on a défendu d'ouvrir les fenêtres. » — < Je croyais que l'on criait vive Lafayettel Ce serait une sotli.so. )» Sans doute ijuc Louis Caprt s'oi'cupa en cet instant do la (lillcrcucc (|u'il y avait entre In garde brillante de Lafayette et celle (pii l'escortait, com|)osée en grande partie de sans-culottes.
Voilà, citoyens, tous les petits détails dans lesquels j'ai cru devoir entrer, puisqu'ils ont paru vous intéresser. IMusieurs membres oui ensuite demandé la parole pour
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ajouter des circonstaQCcs à ce rapport. Une violeDle opposition s'est maorfcsléc à ce qu'ils fussent entendus ; mais les tribunes ayant témoigné par leurs murmures un vif désir de les entendre, il a été arrêté qu'ils auraient la parole.
Pour vous faire connaître le caractère apathique de cet lionimc et son indifférence, a dit le premier, le trait suivant no sera pas inutile. Lorsque les membres du Comité des ^i lui ont apporté les 406 pièces relatives & son procès, il les n reçues comme un grand seigneur reçoit les comptes de son iniciulant; et pendant qu'on soccupait h les examiner, <!o qui a duré près de cinq heures, lui, il s'occupait de la labnlièrc de l'roiir.hct, posée sur la table. Cette tabatière, ù double face, représentait d'un côté l'aristocratie désirant la contre-révolution; et de l'autre une figure coiffée du bonnet de la liberté, avec cette légende : La démocratie aime la révolution. Là-dessus Louis se retourne, en tenant le côté oi'i l'aristocratie était représentée. « — Je n'aurais pas cru, a-t-il dit, trouver sur la tabatière du citoyen Tronchet une figure prêchant la contre-révolution. — « C'est une figure crancieni?e date, » a dit Tronchet, occupé au dépouillement.
Vous voyez par ce petit trait, citoyens, que Tabbé Lenfant lui a tellement incul(|ué que son royaume n'est plus do ce monde et que tout ce qu'il éprouve est son purgatoire, que l'a (Ta ire la plus majeure ne le frappe guère. —« U n'est pas inutile, a dit Lebois, d'observer quel est le caractère de cet homme et des personnes qui lui appartiennent. Lorsque j'ai été nommé do garde au Temple, le hasard m'a placé tantôt chc/. lui et lanlôl chez elles. J'ai rcmnniiié dans lis
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femmes beaucoup de (Inesse, et chez lui beaucoup de bcUsc; c'est un privilège pour lui de n*ôtre pas sensible... On a pris jusqu'à ce jour pour de l'esprit la mémoire prodigieuse qu*il a; mais tout son mérite, à mes yeux, ccst cetle mémoire, où les moindres objets, les plus petites particularités se classent admiralilcment. Ouant & son Ame, je crois qu'il n'en a pas beaucoup. »
L'ordre du jour a été adopté sur tous ces détails.
Le 5 janvier 1793, Ckainbon était invité & rendre compte à TAsôemblée de l'état des esprits dans la capitale, ainsi que des forces dont la municipalité pouvait disposer. Il prononça à cette occasion un discours élevé, d'une véritable éloquence, un modèle de courage civique et de bon sens.
Accompagné de douze membres de la municipalité, il monta à la tribune et fit» au milieu d'uu grand silence, les déclarations suivantes :
Eu premier lieu, dit-il, d'une voix un peu basse (plusieurs voix crient : On n'enlend rien !), une des causes les plus actives de la fermentation actuelle eai le proci^s de Louis (!apet. On n'en connaît pas l'issue, mais, quelle quelle soit, la plupart des citoyens se soumettrout à la loi qui aura prononcé sur ses crimes.
Lés billets de la m&ison de secours sont aussi une raison