UN MÉDECIN, MAIRE DE PARIS EN
de désordres toujours renaissants. Les ouvriers ont la plus l^rando difficulté à les faire passer.
L'approvisionnement do Paris est encore un objet d*olorincs ; on blâme généralement les primes accordées aux boulangers. Ln classe laborieuse réclame du travail. Les secours accordes aux parenis des soldats qui ont volé aux frontières pour secourir la patrie menacée, se distribuent lentement.
Los maisons de joie, les maisons de femmes publiques recèlent nos plus dangereux ennemis, à qui des maisons particulières servent également d*asile.
La force armée est accablée d*un service excessif. Plus de 120.000 hommes, exactement 120.979, sont mobilisés à Paris. Mais les citoyens qui possèdent de grandes fortunes cherchent ft se dérober ô la garde nationale.
L'esprit républicain est toutefois celui de la majorité, de la presque totalité des habilanls.
Le clergé cherche à fomenter des troubles. N'a-t-il pas crié à la tyrannie, parce que le Conseil général de la commune, craignant que les églises ouvertes pour la messe de minuit ne servissent de retraite aux malveillants, et pour prévenir les désordres que celte réunion pouvait entraîner, dans des circonstances où le procès d'un grand traître divisait les esprits, a ordonné de tenir les portos exactement fermées? Cette mesure, pourtant sage et politique, a égaré quelques esprits inquiets, qui proclamaient bien haut qu'on exerçait te « despotisme des opinions ». Les émigrés agissent de leur côté, ils font une propagande active en faveur du souverain déchu.
11 est donc nécessaire que les bons cilo3'ens se rallient,
l\'^ I.IS CAniNET SBCKl^T DE l/lllSTOinK
et alors lesconspiraleurs ne tarderoiil pas à ôtre replongés, comme au iO août, dans les ténèbres...
Cette harangue fit sur TAssemblée une impression profonde. La dcputation fut admise aux honneurs de la séance, et Timpressiou du discours de Chanihoii votée sans discussion.
Sur ces entrefaîtes survenait un incident, dont les consé(|ueucos pouvaient devenir fatales à Chaudion de Mentaux.
Le 3 janvier 1793, on donnait au ThéAtre-Français la première représentation de l'Ami des Lois. Dans cette comédie à clefs, comme on dirait aujourd'hui, les allusions étaient transparentes. L'auteur de la pièce, Laya, n'avait pas craint de prendre directement à partie lt;s puissants de Tépoque, qu'il désignait sous des pseudonymes facilement percés à jour. Robespierre, qui se nommait pour la circonstance Nomophage-y ALirat, que tout le monde reconnut sous le masque de Duricrâne^ étaient particulièrement maltraités.
h' Ami des Lois obtint un succès d'enthousiasme. On applaudit avec fureur ces vers vibrants qui stigmatisaient, en termes d'une violence outrée, les hommes de la Terreur.
UN Mi^:DECIN, RfAlRE DE PADIS EN 1798 1^|3
A la Commune, comme au club des Jacobins, ces attaques ne pouvaient rester sans écho. Laya eut rhabileté de mettre son œuvre sous les auspices de la Convention ; sa lettre fut lue à la séance du 10 janvier 1793.
On avait accordé une mention très honorable à la pièce, quand Prieur lit observer qu'il avait lu, dans un extrait de la brochure, ces mots : Arisiocraie, mais honnêle hommes deux expressions qui juraient, disait-il, et dont on devait demander raison. 11 s'en suivit une discussion des plus vives, qui se termina par le renvoi de la pièce au Comité d'instruction publique.
La Commune avait décidé, de son côté, qu'en présence des allusions manifestes qu'on rencontrait dans VA mi des LoiSy la |)iè('.o serait inlordito '. Chambou fut charge de l'éxecution de l'arrêtée
Ce jour-la, la foule envahit le Théâtre-Français. Les acteurs donnent lecture de l'arrêté de la Commune. On réplique par des huées et des sifllets *. Le général Santerre, présent dans la salle, annonce, sur un ton d'autorité, que la représentation ne se poursuivra pas. On lui répond par les cris de: A bas legé-
* Après un rapport de Real, qui devait devenir conseiller d'Etal sous l'Empire, la Commune suspendit les représentations do la pièce, « dans Inqucile des journalistes malveillants ont Tait des rapprocliements dangereux •.
■ Tu. Muret, Ilialoirc par le Ihéôlre^ I, 71.
t/|/| I.B CABINET SECRET DE L*ll1ST0inB
itérai mousseux! Nous voulons la pièce ou lamorl!
Le maire était arrivé au théâtre à deux heures, pour y annoncer le respect dû à l'arrêté du Conseil général, qui avait prononcé la suspension de la pièce de Laya. II no réussit pas h se faire écouter.
La Convention, qui était alors en permanence pour le procès du roi, fut saisie de TafTaire par une protestation énergique de Tauteur de VA mi des Lois^ tandis que le public attendait patiemment dans la salle rissue de cette démarche.
Un rapport est fait et présenté par le député Kcrsaint, et la Convention, statuant séance tenante, met à néant Tarrôt de la Commune, s'appuyant sur ce fait: « qu'il n'y a point de loi qui autorise les corps municipaux à censurer les pièces de théâtre ».
Cette décision, rapidement -portée au théâtre, est accueillie par do frénétiques acclamations; VAmi des Lois est joué « sans autre bruit que celui des bravos », et à une heure du matin, le public se retire victorieux et triomphant '.
Malgré reffervescence populaire, il n'avait pas été prononcé un seul mot injurieux contre le maire de Paris, ainsi que celui-ci le reconnaissait dans une lettre adressée au président du Conseil général. Chambon se plaignit néanmoins de fatigues et de douleurs, a résultant de la compression de quelques
< Tu. MuitL'T, oc. ciL
UN MEDECIN, MAIRE DB PAniS EN 1793 l4^
Citoyens qui Tavaieni serré de trop près». Le Conseil général lui infligea un blAme, sous prétexte que la lettre de Laya à la Convention avait provoqué une représentation séditieuse, et aussi que le maire avait soutenu trop mollement rexécution des arrêtés de la Commune et du Conseil. On décida, cependant, d'entendre les explications de Chambon.
Le maire arrive et prend place au fauteuil de la présidence. Sur l'observation qu'il ne devait pas présider dans une discussion où il était directement mis en cause, Chambon cède le fauteuil à Grouvelle. Il se défend de n'avoir fait qu'exécuter les ordres de la Convention, ne tentant pas une justification qu'il croit superflue. Le procureur de la Commune rcquieit alors l'improbalion, qui est adoptée à la presque unanimité, sauf à arrêter en commun les termes do la rédaction.
Les administrateurs de la police et le procureur de la Commune sont à leur tour blAmés, pour ne pas s'être rendus à leur poste, c'est-à-dire pour ne point s'être tenus aux côtés du maire sur le lieu du rassemblement. Mais Tordre du jour rejette le blAme, estimant satisfaisantes les explications du procureur Chaumette. Il est décidé qu'une adresse sera envoyée aux 48 sections, pour faire connaître la motion de blâme contre le maire et les motifs qui l'ont provoquée.
Le lendemain, VAmides Lois éiaii réclamé A grands
iv-lO
i/|6 LE c:.\i;im:t sbcult db l'uistoirb
cris, après un lever do rideau composé de Sémiramis et d'une petite comédie de Vigie, la Matinée d'une jolie femme. Un des acteurs, Dazincourt, vint annoncer que, d*un commun accord, Tauteur et l'administration du théAtre avaient décidé d'ojourner la représentation, pour laisser le calme se rétablir dans les esprits ; mais, sur Tinsistance du public, on dut promettre que la pièce serait représentée le lendemain.
La Commune, pour masquer rillogalité de son arrêté, avait ordonné de fermer provisoirement tous les spectacles, sous prétexte que la tranquillité pubrupie était menacée. Le Conseil exécutif provisoire cassa le décret, mais, pour ne pas se mettre en conflit avec un pouvoir rival du sien, il engageait les directeurs de théAtre à ne pas jouer les ouvrages « susceptibles de causer du trouble ». La Commune en profila pour interdire de nouveau Til/ni des Lois.
I^e lA, bien que raffiche annonçAt VAvare et le Médecin malgré lai, le public réclame la pièce do Laya. Les troupes sont massées aux alentours du béAtre ; les canons sont braqués. Santerre, qui se présente, est accueilli par des buées. Des jeunes gens, s'élançant sur la scène, parviennent à lire la piôcu, au milieu do bravos fréiiéliiiiies.
Les échos de réineute ' s'étaient répercutés jus-
• Voir aux Pièca unucxes du Cabinet iccret, 3* t^érle, édil. originale:»,
u Lolo n, p. iit iu.
UN MÉOCCIN, MAIRE DE PARIS EN 1793 l/|7
qu'à la prison du Temple*. Le sourd grondement de la rue avait ébranléjes voûtes du cachot oùLouis XVI attendait le sort qui lui était depuis longtemps réservé.
Le dimanche 20 janvier, à 2 heures, s'ouvrent les portes du Temple. Le Conseil exécutif fait son entrée dans la prison : après le ministre de la justice*, viennent le ministre des affaires étrangères, le procureur de la Commune, le commandant de la garde nationale, enfin le maire.
D'après l'arrêté de la Convention, le maire, en sa qualité de premier administrateur de la'police, devait conduire le roi au supplice. Chambon réussit à faire prendre à la Commune une délibération, aux termes de laquelle des commissaires étaient nommés pour assister aux derniers moments du roi. Ces commissaires, voulant accomplir leur mission jusqu'au bout, réclamèrent et obtinrent sans peine do suivre Louis XVI jusqu'au pied de la guillotine.
Le 21 janvier, à 8 heures et demie, Santerre, accompagné de deux prêtres municipaux, Jaccjues
* Le yalel de chambre Cléry a raconté, dans son JournaU qu'il reroil luimême h Louis XVI un exemplaire de VAmi des Lois et que le roi parut prendre un grand intérêt à la lecture de cette pièce.
* C'est en qualité de ministre de la justice que, d'une voix émue et tremblante, M. Gnrat lut à Louis XVl son arrêt de mort. Grouvelle était alors secrétaire du Conseil exêcutir; il fut depuis envoyé en ambassade au Danemark, près du roi Christian {Mémoires de Drissot^ loc. cit.).
i/|8 i.R caiiini:t suciœt i>i^ i/iiistoihb
Houx et Jacques-Claude Bernard, élaictit chargé:! de cet office^
Contrairement à ce que certains historiens ont raconté, la voiture dans laquelle Louis XVI fut conduit au supplice* n'était pas celle du maire de Paris: lo maire, moins que personne, ne pouvait disposer du mobilier de la mairie.
* Claudo Bernard éUll vicaire de la Madeleine, et Jocqucs Huiii 0|i|>ai-lunail & la coinmunuul6 des prûlrei de Sainl-Nicola;idos Clioiup«.
* Ce fut dani la voilure du luairo Clianibou que Loui:i XVI acwrcudit à la Convention pour aa preniiùie conipurulion du 12 dùcenilirc; on a l'iolondu qu'ulio uvail servi ouss»i & le conduire uu supplice; niaii il e:il aujuurd'liui démontré quo,sur le refus du Conseil de la Commune da pr6ler la voilure du maire, ce fui ctlle du miniblre Clavière qui amena Louià XVI du Temple 6 la place de la 'Révolution.
Cependonl il convient de :»i^nalcr les divergences sur ce point de détail M. lil. disoU tenir de M. Couvel, conseiller 6 la Cour des comptes, ancien sccrcluire iiilimc du Clavière, que ce dernier trajet avait eu lieu dans la voilure du miiii:»lre A celle Iradilion, d'autres ont opposé un arrélé du Conseil ciéculif, en date du SÔ janvier, portant : Art. l*' : La voiture du maire amènera Capct du Temple au (leti de Texéculion (Archives de riiOlel do ville). M de liuaucliesne et M. Grenier de Cassaguac indiqueul égolcnicnt la voilure du maire.
Dans le Journal d'un Dourgeoitt de Paris (p. 4id), M. EJ. Dire, d*or> dinalre si eiaci, aflirnie cependant que ce fut la voilure do Clavièro qui servit eu la circonstance. Co luluislru offrit do lu piêtcr, |iarco quo la Conununu s'op|ioso à co que lu voiluru du niuiru servit à cet usage. M. hiré renvoie aui Arciiivcs nulionules, A. F., 11, 3, Conseil cxèct«l(/'i)rauisuirtf.
UN MÉDECIN, MAIRC DE PARIS EN Ijcfi 1^9
Clianilmn ne put se (lérol)ercomplotomonl h ses devoirs dans celle journée hislorique*. Le 21 janvier, il faisait placarder sur les murs de Paris la proclamalion suivante, signée de son nom, et qui était bien dans le ton déclamatoire du temps :
Le maire de Paris à ses conciloyens^
Le glaive de la loi va frapper le plus grand et le plus coupable des coospiraleurs. Vous avez conservé pendaul le cours
* V. sa proclamâUon du 90 janvier 1793, que nous avons publiée oillcurs {Chronique mMicùle, 15 janvier 1899, p. 4V).
1.0 21 janvier 179.'), il oïlrcssnil lo loUro «pii suit: • Aux ciloycn8 ml. ninlrcH coinposnnl lo Con5tcli cxi^cuUr provisoire ».
• Les renseigncmenls qui viennent de m'élre donnés par le déparie^ mcnl de police m'apprennent que tout Paris est dans la plus grande tranquillité. Cependant un orflcier de police, qui m'est. venu joindre au Conseil général, m*a dit que les habitants du faubourg Saint-Antoine étaient réunis en grand nombre dans les cabarets, où ils se réjouissent de la mort du liran. \\ m'a ojouté que des soldots coscrnés dans ce canton ont pris dans un ciiantier de ce quartier des falourdcs, dont Us yeulenl Tuiro un feu de joie en ri'joui<«sonce de la puniUon de Louis. Je vais donner celte instruction au déparlement do police pour qu'il prévienne les querelles qui pourraient intervenir relativement à cet excès par des moiens de conciliaUons (sic). Je ne vous donne du reste ce dernier Tait que par l'assertion d'un particulier, mois je ne vais pas moins prendra les précautions nécessaires pour éviter les suites de cette violence.
• Le maire de Paria,
« CUAMnON. ■
{ArcU. nul., A. F. Il, 3.)
l50 LE CABINET SECRET DE l/lllSTOmB
de ce long procès le calme qui convient à des hommes libres. vous saurez le garder encore au moment de l'exécutiou du tyran. Vous prouverez par la sagesse de votre contenance ((u'un acte de justice ne ressemble pas à la vengeance; ce jour t>era tout à la fois pour les rois et pour les peuples un rxeinplc niciiiorablc de la juste punition des despotes et de la dignité que doit conserver uu peuple souverain dans Texercice de sa puissance.
Signé : Chamiion ^
Chanibon n'allait plus chercher qu'une occasion de résigner ses périlleuses fonctions. Une semaine environ après la mort du roi, le 2 février, Chamhon écrivait au Conseil de la Commune que, dans lu journée du 12 janvier (le jour de la représentation tumultueuse do VA mi des Lois) ^ il avait contracté uneinilrmité « qu'il conserverait jusqu'à la mort ».
Depuis ce moment, disait-il dans sa lettre, indépendamment des accidents <pii m'ont rendu toute espèce do fatigue intolérable, j*ai éprouvé les plus grandes difficultés à présider le Conseil général. Vous avez tous été témoins de ce fait, et vous Tavez remarqué, ma voix ne peut plus se faire entendre dans le calme même de cette assemblée. Vous concevez donc qu'il n'est plus en mon i)ouvoir de remplir une partie cssenliellc de mes fonctions; il u est pas moins important que, dans des rassemblements de citoyens agités par quel* quos passions, le maire porte la parole pour ramener ses
< 7?(*ri(e de CUtimpagne et ^\t Hrie, t XVll, p. 406.
UN MÉDECIN, MAIRE DE PARIS EN IJQ.l l5l
frères à TobservaDce do l'ordre et des lois; dans les circonstances où il csl si important de faire entendre le langage do la raison, mes efforts deviendront impuissants. Vous jugerez, d*après cet exposé, qu'un zèle malentendu me porterait en vain à répondre à la confiance de mes concitoyens, leur attente serait vainc.
La conviction entière que j ai de cette vérité ne me permet plus de garder cette place, qui serait mieux remplie par tout autre que moi.
Le Conseil général renvoya la démission au corps municipal, pour qu'il convoquât à bref délai les 48 sections^ en vue de l'élection d*un nouveau maire.
Chambon résigna ses fonctions le A février 1793; il quittait Paris le môme jour*. Do Paris, il se rendit à Blois et n'écliappa aux poursuites décrétées contre lui, que sur le bruit qu'on fit courir qu'il avait été fusillé près d'une ferme dans les environs de la capitale.
Survint le 9 thermidor, qui, ainsi qu'à bien d'autres, lui sauva la vie. 11 resta à Blois jusqu'en 1804. 11 reprit l'exercice de sa profession', mais, i)cndant
« Le 13 février, Chnmbon était remplacé par Pache.
* Il était surtout très entendu pour les maladies des enfants. Ce praticien, « éloigné des dissertations de l'école », doit être considéré comme un m précurseur de nos grands cliniciens du XIX* siècle ». Cf. un très Intéressant article de M. JosBpn G éNisvniBR, interne des hôpitaux, paru sous le lilrcdc Nicolas Chambon de Montau.\\ /V<fj;i(rc. dans le joniniil J.a Climqncinf:intUc,\b inom 1905.
1^2 I.C CAllINCT SECniIT DE L'illSTOinS
toute In durée de I^Empire ^ ne sollicita aucune Tonction orficiollo. Il occupa les loisirs de sa retraite ù écrire nombre d'ouvrages *.
I En 1808, il oabilali SI, rue du Chcrcho-Mldl (renseignement donné par le docteur Duroau, le rej^rellé bibliolhùcalre de l'Acadèaiie do mèdooiiic).
* l-'ii voiri, par ordre chronologique, la lUlo aussi complèle que posfellilu :
Truite de l'ûnthrëx ou de (a puêtulc maligne (1781), io-lt ; àtalûdUê dci femmeê en couchée et A (a i uile de couchcê (1780. t vol. In-li ; A/a- Udic4 dcM filles pour êeroir de suite aiuc maladieê des femmeê (1785) i vol. In-H ; Des maladies de ta grossesse (1785). i vol. ln-1S { Traité de lu /lèoit maligne simple et des fièvres compliquées de malignité (1787). 4 vol. tn-li { Des moyens de rendre les hôpitaux tiliJea A rinalruction (1787), ln-18 } Observatfoiiea clinicosy curationes morborum et phenomaita ipsorum in cadaveribus observata, refercntes Parisiis (1789), tn-i* ; UaUtdu'8 des cufaiili (17<JS), i vol. in-8* ; Manuel de Vétlucalion des abeilles (ITIN)). ln*8« ; Maladies des filles^ des femmes et de la grossesse» et maladie* vlironiques A la siiile des couches, seconde édition avec corrections et uddilioni d'articles qui n'ont pas paru dans la précédente (1799), vol. ln-8* ; Rtcherchcs sur le croup 1806) ; Traité de l'éducation des moutons (1810). 8 vul. ln-8*; Lettres .1 M. C. sur les calomnies répandues contre moi comme maire de l^aris, et renouvelties de ce temps (1814). br. ln-8* • Comparaison des effet» de la vaccine avec ceux de la petite vérole inoculée par la méthode des incisions (1821), ln-8*.
('.liaml>on adonné, en outre, plusieurs articles & l'Encyclopédie »ndl/io- (fi./i«>, nu Dictionnaire d'agricuUuro de Uozier, el plusieurs Mémoiiet «hiiis la roll(rrlii>n de In Soriété roynle do luédecino.
Parmi les écrits du ('liaml»on re?tlc-i Inédits, nous citerons : une Iraduc* tion du Traité d'Agriculture, do Columelle ; des Recherches pour l'histoire des fiéores, des maladies aiguè^t, des maladies chroniques; un Traité êur la yoiille ; un E»sai sur les asphyxies ; un Traité des maladies des \',ju'S urinaires, etc., manuscrits déposés A ia bibliullièque de la Faculté du tni'deoine en avril 1880. Le Trafic' de la goulle aurait, d après ce que
UN MÉDECIN, MAIRB DE PARIS EN IJQS i53
Au relaur des Bourbons, en 181 A, il sortit de son obscurité. La duchesse d'Angoulémelui conservait beaucoup de gratitude du tact et des attentions* dont il avait fait preuve à l'égard de Louis XVI. Le15avril181A, les époux Chambon déposaient entre les mains du duc de la Rochefoucauld, pour être remis à la duchesse d'Angouléme, les cheveux de la défunte reine Marie- Antoinette. Deux jours avant sa mort, la reine avait confié à une dame Roussel des cheveux qu'elle s'était coupés elle-même, lui recom-
nous avons relevé quelque part, porude 1814 4 1817 en i volumes, sous le titre de : Traité de la goutte essentielle symplomatique anormale, mois nous n'avons pos eu l'ouvrage sous les yeux.
* Cléry • reproduit, dans son Journal, la lettre suivante, écrite par Chambon au président de la Convention, lettre qui témoigne des attentions que le maire ovoît eues pour le prisonnier du Tcmpla
« Citoyen PnésiDErrr.
c J'ai l'honneur de vous faire passer, pour que vous ayez la bonté d'en faire parte la Convention nationale, les deux arrêtés pris par le Conseil, du Temple relativement aux demandes que lui avait faites Louis Capct de lui rendre ses rasoirs pour se raser lui-même et de lui faire venir le docteur Dubois-Foucaut, dentiste, pour lui ordonner les remèdes que pouvait exiger une fluxion qui lui était survenue à la joue.
« J'ai l'honneur de vous transmettre l'arrêté pris par le Conseil général sur les deux objets ci-dessus désignés.
• Le maire de Paris, • Chambon. •
Le 8 janvier 1793, le maire en7oyalt les arrêtés du Conseil du Temple rGintirsaux deux objets: restitution des Instruments et visita da dentislc, et la Commune décidait qu'on rendrait les rosolrs du roi, mais qii il ne pourrait s en servir qu'en présence de deux municipaux.
l5'l LB CABINET SECnET DE L'iIISTOinB
mandant ilc les donner à son fils ou à sa fille, si un jour ils étaient appelés à régner. En 180&, cette dame Roussel* avait partagé la précieuse relique avec Mme Chamhon, qui Tavait acquise de cette façon. Cliambon mourut à Paris en 1826, le 2 novembre.
* M. et Mme Cliombon étaient depuis longtemps en relotions avec celle Temmo, qui avait été employée au service do Marie-Anloinellc; sun emploi avait été supprimù, lorsque la ro. etla reine avaient ctécontralnls de quitter Versailles, pour venir à Paris. Elle n'en continua pas moins & servir la reine en secret, et elle correspondait avec elle, par l'intermédiaire d'un graveur allemand du nom de Haôr, attaché è la maison du comlc d'Artois. C'est elle qui prévint la reine, la veille du Jour où Louis XVI fut tenu do coliïer le bonnet rouge. Lorsque, après la mort du roi, la reine fut transférée à la Conciergerie, cette dame, liée avec un arcliitecle, ami intime du geôlier Uicliard, ohlint de lui qu'il la seconderait dans son dessein do pénétrer près de la reine. L'architecte gagna tout à fait la connance du geôlier, très amalcur de spectacles, en lui donnant des billets pour le théûtre de la Cité, et aussi en lui glissant quelque argent duus les mains.Subjugué par ces arguuients,le geôlier avait autorisé la femme lluussel û s'bobilier clie^ lui, 6 revêtir un pantalon et une vesle do tulle, un bonnet du coton etdi'S sabots, (|ui la traveslisbaicntconqd<:lc. menl en gai\'on guichetier et lui pcnnctiaicnt do pénétrer sans cvelllor les soupçons auprès de la royale caplive. Mme Roussel put de la torto procurer à la reine quelque linge, notommcnt des bas, des chemises ei des mouchoirs, dont on l'avait loissé complètement manquer. Un Jour Mme Roussi (It pasHor à Moric-Antoinclte une paire de ci»cnux que l#t reine lui avait ilniitiutlus, et pour Ica iK-rolicr aux ic-i;ai(ls, elle le» attarlia... sous la tl.ainc percée !
UN MÉDECIN, MAIRE DE PARIS EN lygS l55
La bîogrnpliic de Clinmbon ne serait pas complète, si nous n'esquissions, en quelques lignes, la physionomie de son épouse, Augustine Chambon de Montaux, qui, au surplus, mérite bien ce coup de crayon. Le principal titre de gloire d'Augustine Chambon est, reassiez-vous deviné, rinvcntion d'une chaufferette, ou, pour mieux dire, d'un «chauffepieds économique * ».
* Nous donnons ci-oprës le (e.xle d'un curieux prospectus, que nous avons découvert chez un marchand d'autographes :
Augtislincs ou nouveaux chauffe-pieds économiques.
On croit rendre un service au public en annotiçant de nouveau, à l'époque où nous somme», les chauffe-pieds économiques, aulrcmunt dits auyHS- Unes, du nom de l'inventeur. Cette découverte Ingénieuse, pour laquelle Mme Augustine Chaudon de Mentaux a obtenu un brevet d'invention, et ensuite un brevet de perrectionncment, acquiert de jour en jour de plus grands succès. Outre l'approbation qui lui a été donnée par la Société d'encouragement pour Vindustrie nalionale, par un grand nombre de médecins, et les éloges que presque tous les journaux lui ont accordés, l'expérience lui découvre encore de nouveauxavnntages. Nous les résumons en peu do mots.
■ Vaugustine, allumée dès le matin,donne toute la journée une chaleur toujours égale, sans odeur, sans Tumée, sans qu'on oit besoin de lui donner des soins, sans danger pour le feu; enfln sans aucun des inconvénients des chauiïerettes ordinoires. Par de légères modincations, non seulement elle sert tour à tour de veilleuse, de bain-marie etd'éluve, mais elle est susceptible do recevoir des orncmenU plus ou moins élégants, qui, sous la forme de tabouret ou de chancelière,lo rendent propre
l56 LE CABINET SECRET DE L*niSTOIRB
Au mois de septembre 1813, « en pensant à co meuble de femme qu*on nomme chnuiïerettes », ditelle ingénument dans un mémoire sur les auguslincs (ainsi qu*elle avait baptisé Tustensile, pour lequel elle avait eu soin de prendre un brevet), elle avait remarqué qu*il n'avait qu*un seul but d*utilité, c*était de chauiïer les pieds. Mais combien de personnes ne 8*entendcnt point à préparer convenablement une chaufferette ! La faute en est à l'instrument, plus encore qu*à Topérateur. On a bien imaginé « les livres en bois et les bottes en étain ». Mais les livres en bois peuvent moltro le feu si lu fer est trop cliaud. Quant aux boites d'étain, elles sont imparfaites. « 11 faut aussi toujours du feu pour renouveler plusieurs fois dans la journée, par Tcau bouillante, celle ([ui est refroidie dans la boite. »
L*appareil de Mme Cliambon n*exigeait, au surplus, pour son entretien que a six liards d'huile, une allumette et un briquet.
è figurer dans un apparlemenl. On est même parvenu, p-nir l'usage des gens de bureau, à en Taire do 1res commodes, qui laissent aux Jambes al aux pieds une position avanUguuse et une lilicrlô convenable.
• Le prix dos aHfjuitine», des plus communes aux plus ornées, varia : Il est ainsi 6 la portée do tout le mundu.
• l£llcs ne se vendent qu'au seul dépôt établi è l^aris, chez M. Lofèrra, ^ue du Paon-Saint-André-des-Arcs, n* 8, Hôtel de Tours, cbex qui ron trouve également rbuila convenable aux auguulines, au même prix quo dans les Tabriques. •
Nous avons Tait don de l'original do celte pièce à la Soc é hiêtoriqué du V!* ûrrondiasement de Paris.
UN MÉDECIN, MAIRE DE PAIIIS EN 1798 iS-?
Vaugusline au la forme et la grandeur d une chauffereltc ordinaire ; elle a par-dessus une grande ouverture, emplie par un vase de cuivre étamé, qui contient du snMon ». Lo calorique est fourni paruno lampe à liuilcqui, une fois allumée le malin, sert pour toute la journée. « Cette lampe s'introduit et se retire à volonté du fourneau par une porte à jour fixée à la face de devant de raugustinc... »
J'ai gardé scrupuleusement, disait-ellcencoredans son prospectus, la forme et la dimension des anciens chauffe- pieds. Jo n'ai pas voulu innover, mais seulement perfectionner, sans m écarter en rien de l'usaj^e et des habitudes des femmes ; mais aussi je n'ai de môme offert, jusqu'à présent. qu*un but d'ulililé, savoir de chauffer les pieds, aussi bien la nuit que le jour, puisque l'on peut emporter le réservoir do sable dnnsson lit. le soir en se couchant, après avoir soufflé la lampe. Il me reste à démontrer h quel point, avec un léger changement apporté dans le premier chauffe-pieds, j ai uti- Isé ce meuble.
Vous ne vous douteriez pas de tous les avantages que Ton peut retirer de cet ustensile. Faites appel à toute votre imagination et vous resterez au-dessous de la vérité.
Tout le monde, poursuit Mme Chambrn, y trouvera son intérêt personnel, le malade et la garde. Car celle-ci, daas les longues nuits d*automne et d'hiver, assise dans un fauteuil, est surprise par le sommeil, s'éveille glacée, man-
i58 LE cAiiiNirr secrkt de L*iiiSTOinB
(|iiuiil do tout pour sou malade, le leu du loyer se Irouvaiit éteint. Les pieds sur son chaulTe-picds, elle ne peut jamais élre surprise par lo froid, et les boissons et les aliments même se trouvent toujours prêts.
Vous avez compris qiio la chauirorolto s'ost transformée en un réchaud au bain-marie, qui sera précieux dans bien des circonstances.
Mais lo génie inventif de Mmo Chambon nes*arrèto pas en si beau chemin.
Quels avantages, s'écric-t-olle dans un accès de lyrisme, la femme en couches et la mère (|ui nourrit no trouveroutelles pas dans Fusage de ce cbaulTc-pieds ! La dernière peut, de plus (quand elle n'en a pas besoin pour cbauffer ses pieds), y adapter un dessus en carton ou une boito sans fond et se faire une étuve où elle tiendra cbands les linges uécessaires à son enfant.
Dans les maladies où les transpirations sont abon* dantes, on aura ainsi à volonté du linge chaud et de rechange. Et tout cela, pour six liards ; ce qui allici vous l'avouerez, la commodité à l'économie.
A l'aide d'un ingônioux mécanisme, le chauiïcpieds peut servir à donner des fumigations et des bains de vapeur.
Dans un voyage long et pénible, où l'on ne trouve pas des habitations fréquentes, un voyageur incommodé est exposé à périr, faute du plus léger secours.
UN MI^DECIN, MAltlË DE t>ARIS EN IJqS l5g
Si VOUS avez dans votre voiture le cbauHe-picdSi vous pouvez avoir de l'eau dans des bouteilles, du bouillon, des tablettes de bouillon, du vin, du sucre, et, selon les circonstances, donner ces boissons clioudes. Vous pourrez aussi réchauffer les personnes qui auront souffert du froid. I.e plaisir d'un déjeuner cbuud, dans ces cas, est une chose bien agréable.
Mais pourquoi poursuivre rénumération des bienfaits (le cette divine cliauirorotte ?
11 serait presque ridicule de rendre compte de tous les usages auxquels ce nouveau chauffe-pieds peut être propre. Le bon sens les découvre.
Et comme les meilleurs boniments doivent avoir une sanction pratique, il est temps de déclarer que les augustines sont à la portée de toutes les bourses, de la plus modeste comme de la mieux fournie.
Outre les augustines de forme ordinaire, ou en trouvera dont l'extérieur imite celle d'un joli tabouret. 11 y en a en forme do chancoliére. Les prix varient do IG francs- à ()H francs. Le tout à prix fixe et au coniplnut. Ou no fera jamais aucune diminution.
Et pour que nul n'en ignore, les augusiines ou nouveaux chauffe-pieds se vendent chez Mlle l'Étang, hôtel de Tours, rue du Paon, n® 8, maison des Bains, faubourg Saint-Germain.
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Comme monument de réclumc, celui-ci nous parait assez réussi!
La femme de Tancien maire de Paris avait Tesprit fertile en ressources. Elle fut, du reste, pour son mari une collaboratrice ' intelligente et dévouée, et on n'aurait pas grand ciïort a retrouver dans Tccuvro du docteur Chambon l'inspiration d'uno fen)me à qui il ne manqua peut-être que les circonstances pour développer ses multiples talents.
« Mme Chambon (do MonUuz a composé, en follaboraUon avec «on mari, un Manuel d'ùducalion des abeiileê et a écrit, laule, des lUflexiom §ur Icé auantaycf de U muiiarc/iie.