UN MÉDECIN, MAIRE DE PARIS EN
sein A son fils. le fulur snint Louis, le seul roi do Franco qui n'culpos de nourrice. • Un jour, écrit Vartllas, que la reine était dans la plus grande ardeur d'un accès de flèvreqnl dura extraordinoircmcnt, une dame de qua- .lié, qui, pour lui plaire ou pour l'Imiter, nourrissait aussi son flis, voyant le petit Louis pleurer de soir, s'ingûra de lui donner la mamelle. La reine au sortir de son nrcfcsu demanda son fils et lui présenta la sienne; mais le petit Louis n'en voulut pas, soit qu'il fiU pleinement rassasié, soit que le lait brûlé le rel>utAt, après en nvulr pris autant de frais qu'il lui en fallait 11 n'était pns difncile d'en deviner la cau!$e ; et la reine la soupçonna d'obord. Elle feignit d'élrc en peine de remercier la personne & <|ul elle était redevable du bon office rendu A son fils durant son mal, et la dame, croyant foiro so cour, avoua que les Inimes du petit Louis l'avaient si sensiblement touchée, qu'elle n'avait pu s'empêcher d'y mettre remède. Mais la reine, au lieu de repartir, la regarda d'un air dédaigneux et, entrant avec force son doigt dans la bouche de l'enfant, le contraignit vomir lo lait qu'il avait pris. Celle violence donna de l'étonuemcnl à ceux qui le virent; la reine, pour le faire cesser, dit .
• Je ne puis endurer qu'une autre femme ait le droit de mo disputer la qualité de mèro. •
Kn France, jusqu'au quinzième siècle, l'usage d'allaiter son enfant existait parmi la noblesse. On lit, dans les iUc'mo très de la reine MarguerilCt femmi d'Henri IV, que la comtesse de Lalaing, d'une des plus illustres maisons de Flandre, ollailait elle-même son fils. Marguerite rocontoqne, dons un grond repas que lui donna le conile de Lalaing, lo comtesse
• parée, toute couverte de pierreries et en pourpoint do toile d'argent brodée en or, avec de gros boulonn de diamants, se fit apporter h Inblo son fils, emmailloté aussi magnifiquement qu'elle était velue, pour lui donner h létcr; ce qui ciH été tenu h iurivililé A quelque outre; mais ellu le foisoitavcc tant do grûco et do noTvelé qu'elle eu reçut autant do louanges que la compagnie de plaisir. • Witkowski, A ccouc/iemca(« à la Cour, p. 4Ô.
On peut ajouter à cette liste de princesses qui ont allaité leurs eofanls la mère de la future reine Victoria, d'Angleterre; enfin, la czarine actuelle, qui a tenu A donner elle-même le sein A sa fille, la grande-duchesse Olga (V. C/ironi/7tfe mëdicafe, IS%, p. 715)
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LE ciiinunr.iEN sounEnniRixs
lia composition du irihuiial révolutionnaire était singulièrement disparate : toutes les classes s*y trouvaient confondues ^ A côté d^anciens députés, de présidents de tribunaux criminels des départements, on y voyait siéger un luthier, un chapelier, un perruquier, un imprimeur, un peintre, un menuisier, un charpentier, en un mot tous les corps de métiers.
Celui (|ui dirigeait les débats, lo jour du procès du Marie-Antoinette, était un ami de Robespierre, le citoyen Ilerman. C'est au même titre, d'ami du dicta-
* Le Jour du procès do Morie-AntolacUo, lo tribunal était présidé par IIkhman, oncicn président du tribunal criminel du l*as-du-Calols, asalaté de quatre Juges : CorriNUAL» ancien médecin; Maihb, Juge du tribunal du 1** arrondissement de Paris; Donzé-Vertbuil, moine défroqué, ol DKUftOB. ei-député à la Légialalivo.
Les Jurés étalent : Antonbllb, ei-dépulé; ItBMAUbiN, luthier; Soubbk- •iKLLB, chirurgien.
DEUX JlTCnS DE MAOIE-ANTOINETTE IjS
teur, que figurait dans le jury le chirurgien Souberbielle, dont nous allons tenter de crayonner, en quelques traits, la curieuse silhouette.
A l'époque delà Révolution, Souberbielle avait déjà acquis une certaine notoriété. Dernier élève du frère Cômc et de son neveu Pascal Baseîlhac, il excellait dans l'opération de la taille par la lithotomie, une méthode aujourd'hui bien oubliée, mais qui jouit d*une grande vogue vers la fin du dix-huitième siècle.
Souberbielle avait reçu une solide éducation professionnelle. Sa famille necomptait pas moins de vingt médecins ou chirurgiens ' : il avait, on le voit, de qui tenir.
Sa grand^mère avait été mariée trois fois et, chaque fois, avait épousé un chirurgien ; son dernier mari étnit le frère aîné du frère Côme. Quatre de ses fils, sur cinq, exercèrent la chirurgie.
Le père de notre héros avait eu un instant la pensée de suivre la carrière médicale ; mais il dut y renoncer promptement : la vue du sang et le spectacle des souffrances d'autrui lui causaient une émotion toile, qu'il préféra un métier dont s'accommodAt mieux son tempérament délicat. Il devint instituteur ou plutôt régent des écoles de Pontacq^ un petit vil-
* Notice Bur M. le docteur Souberbielle, chtrurglen-lUholomiste, ezlralt des Archivée des hommes du jour, par MM. Tisseron et de Qulncy (Optisciile de 16 pages, signé J. F. P., initiales qui cacheraient le nom du doclcur I^ayen, le bibliographe de Montaigne).
lage des Pyrénées, où vit lojourccluidontnous esquissons labiogrnpliie.
I/enfant reçut do son père les éléments d'instruction classique. Un oncle maternel, chirurgien h Orlaix^ aux environs de Tarbes, se chargea de lui inculquer les premiers principes do Tart de guérir; fiprùs quoi, il fût mis sous la protection de Larrey, lieutenant du premier chirurgien du roi à Tarbes.
Le jeune homme débarqua à Paris, en 177/1, à l'Ago do vingt ans, plein de coniiance et riche d'ilhisions. On Pavait adressé au frère Côme, son parent, dont la réputalion était dans tout son éclat, mais «pii, par la nouvcaulé et la hardiesse de sa pratitpio, s'était attiré de nombreuses inimitiés. Le célèbre Lecat dirigeait la cabale avec Mareschal, alors tout-puissant, et Ferra nd, chirurgien de rilôtel-Dieu.
Attaché, pendant quelque temps, au service do Ferrand*, il eut à subir des tracasseries do toutes sortes de la part de ce chirurgien, qui voulait lui faire expier ralfection qu*il gardait au frère C(^me.Il ne fallut rien moins que Tinlervention de Parchevéque do Paris et du procureur général du Parlement, Joly de Fleury, pour mettre un terme à ces persécutions.
Tout eu faisant sou service à riliMel-Dieu, en qualité d'externe et plus tard d'interne, le jeune étudiant
* C'est dan:» le service de FerranJ, A rUdlcl Dieu, qu avait étô placô la pucle Gilbert, (|irunc faiisisc lè^^cndo a rcpréseulô comme mort de faim.