‹ Le cabinet secret de l'histoireChapitre 21 sur 109 · LB CHIRURGIEN R0U88ILL0N · texte numérisé non relu

LB CHIRURGIEN R0U88ILL0N

Au cours du procès de Marie-Antoinette, un témoin déposait que, le 10 août 1792, ce étant entré au chùtcau des Tuileries dans Tappartement de Taccusée, qu'elle avait quitté peu d'iieures avant », il avait trouvé sous son lit des bouteilles, les unes pleines, les autres vides : « ce qui lui donna lieu de croire qu'elle avoitdonnéàboire,soitauxof(iciersdesSuisse8,

picrro T 11 fil guillolincr son ami llanriol. Et vons me direz après ça que c'était nn homme do sang I... • Toute la mentalité dn bonhomme est dans cette phrose.

Sur Souijcrbielle, outre les biographies courantes, consulter la Notice biographique de PailletCLn «^ 19065, de .la B. N.); celle extraitedu Biographe (19067, ro6me série) ; celle de Paycn (19068); le Biographe et Nécrologe réunis, II, 234 ; Hambl, Robespierre, III, 426428 ; lo Journal des connaissances médicales, 1846, art. Souberbielle, par Caiïe ; Journal du Loiret, 29 décembre 1847, etc.

Souberbiolle était, à sa mort, veuf, depuis plusieurs années, de Reine Lambert. Il avait eu an fils, mort célibotaire le 26 mars 1823, ftgé de vingt-quatre ans : Il était étudiant en médecine (Inventaire de Lambert Jeune, notaire, du 23 Juillet 1823 ; actif et mobilier : 5.106 francs et maison à Autun). L'héritage de Joseph Souberblelle fils revintàson père,èsasœur Rose, femme de Jean-Baptiste Merandon, à Beaune, et à son Jeune frère, Louis-Joseph, mineur, habitant Parla (Déclaration du 24 no« vcmbre 1823).

Nous 'tenons ces ensetgnero'jnts du regretté Alfred Bégis, qui les avait puisés, à noCre Intention, aux Archives de l'Enregistrement.

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Roit aux chevaliers du poignard qui remplissaient le château^».

Le témoin reprochait à Paccusée d'avoir été « Tinstigatrice des massacres qui ont eu lieu. dans divers endroits de la France, notamment à Nancy et au Cliamp-de-Mars ; comme aussi d'avoir contribué à mettre la France à deux doigts de sa perte, en faisant passer des sommes immenses à son frère (le ci-devant roi de Bohême et de Hongrie), pour soutenir la guerre contre les Turcs et lui faciliter ensuite les moyens de faire un jour la guerre à la France, c'est-à-dire à une nation généreuse qui la nourrissait ainsi que son mari et sa famille ».

Le déposant ajoutait qu^il tenait ce fait « d'une bonne citoyenne, excellente patriote, qui a servi à Versailles sous l'ancien régime, et à qui un favori de la ci-devant cour en avait fliit confidence ».

Sur l'indication, donnée par le témoin, do la demeure do cette citoyenne, le tribunal, d^iprès le réquisitoire de l'accusateur public, ordonnait qu'il serait à l'instant décerné contre elle un mandat d'amener, & l'efTet de venir donner au tribunal les renseignements qui pouvaient être à sa connaissance.

Dans le compte-rendu du procès, le témoin, dont nous venons de rapporter la déposition, est désigné sous le nom de Roussillon, « chirurgien et canonnier ». Sur le citoyen Roussillon, les historiens classi-

* Lm liéoolulion française rjournal do M. Aulard), 14 février 1884.

DEUX JUGES DE MARIE-ANTOINETTE ig5

qucs ne sont pas prodigues de détails. A vrai dire, c'est un obscur comparse du drame révolutionnaire; tnais son titre de médecin, évadé de la profession, a retenu notre attention ; il nous a semblé, à ce titre tout au moins, qu'il méritait quelques lignes de biographie.

Gomme s'il avaitprévu cette glorification posthume, il a pris soin de rédiger lui-même par avance son cuP' lîculuni i)ilœ ; nous no ferons que nous conformer a ses déclarations, sous les réserves que commandent les documents de cette nature, rédigés par les intéressés eux-mêmes. La pièce que nous allons analyser ^, et que nous tenons de Tobligeance de l'expert en autographes bien connu, M. Noël Gharavay, a figuré dans une vente de Tannée 1900 ; nous avions obtenu d'eu prendre copie, avant qu'elle fût <c dispersée au feu des enchères », suivant l'expression consacrée.

Le citoyen Roussillon avait été juge-suppléant, mais n'avait pas siégé au tribunal révolutionnaire.

Au début de la tourmente, il passait pour <x un patriote très attaché à la cause de la liberté » et pour un « naturaliste-médecin », estimé de plusieurs de ses collègues dans l'art de guérir, notamment dn Fourçroy.

11 avait ensuite servi comme officier de santé dans

* Nous l'avons reproduite in 9xUnMo dans la Chronique médicale, i*' octobre 1900. p. 583-686.

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la marine, puis comme ordciér de santé en chef dans les colonies du Sénégal et de Juda, en Afrique, avec le brevet de Correspondant du Jardin des Plantes et du Cabinet d'histoire naturelle.

11 combat pour la République au 10 août, est investi ensuite de diverses missions aux Antilles, à Tarmée des Pvrénées-Orientales; mais, sur le rapport du Conseil de santé, il est suspendu de ses fonctions « pour trop de chaleur patriotique »•

La requête de Roussillon que nous avons publiée tendait à sa réintégration dans Tarmée, en qualité de médecin ; elle est apostillée par Lanthenas, )o Girondin, et le général Barras, qui invite le ministre de la guerre à « prendre en considération la demande de cet officier de santé, qui joint 'Tinstruction au patriotisme ».

Quel fut le sort do cette pétition? nous ne nous sommes pas attardé ù la rechercher. Nous avons voulu seulement fournir quelques traits au biographe futur de cet acteur ignoré de la tragédie révolutionnaire, de ce « soldat de là liberté^ » qui, de peur qu*on no se méprit sur ses méritcS| a pris soin de les mettre luimême en lumière.

« Sa iicliUoo esl bignéa : RoussilloD, liUerUiiê miUê,

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