‹ Le cabinet secret de l'histoireChapitre 22 sur 109 · TALLBYRAND ET SES MÉDECINS · texte numérisé non relu

TALLBYRAND ET SES MÉDECINS

IVhomme qui, depuis soixante ans, « jouait les peu- ])Ies et les couronnes sur Técliiquier de Tunivêrs »; rincurnation de toutes les apostasioS|

le parjure vivant,

Talleyrand-Pérîgord, pr|nce de Bénéveot,

avait reçu de Louis XVI II Tordre formel de se faire oublier. L'incomparaWe cabotin était à bout de rôle.

S'il acceptait Texil, il se refusait à en savourer ramcrtume. II se résignait à la retraite, mais en s'entourant du luxe et du confort dont son ambition et ses appétits lui avaient, depuis longtemps, tait une nécessité. Tout comme un souverain déchu, le fastueux diplomate emmenait toute une cour h sa suite : la tourbe des faméliques et des parasites, pour aiguiser son mépris de Tespcce humaine ; le bouiïon Qpi-

icfi LE CABINET SECRET DE l/lIISTOinB

rituel, le cynique Montrond, pour faire grimacer sou sourire éteint ; le plus habile, cuisinier de l'Europe, Carême en personnCi pour stimuler son palais blasé ; la duchesse de Dino, la plus charmante et la plus séduisante des nièces; sans compter une meute de pi^iueurs, une armc^c de valets, pour lui rappeler sa royale escorte do jadis.

Chasseur, libertin et gourmand, le lot était respectable. Mais le prince aimait plus que la bonne chère et les femmes : il adorait le jeu. Dans cette somptueuse résidence de Valençay, bizarre construction mauresque égarée dans une forêt de chênes, le soir venu, les lumières éteintes, on distillait Tennui. Alors commençaient d*interminables parties de wrhist, entremêlées dp causeries où pétillait la verve narquoise de l'amphitryon, autour d'un modeste tapis vert, qui aidait à rappeler au maître du lieu le temps où il jonglait devant un parterre de rois.

Presque toujours le prince tenait le dé de la conversation. Les claqucurs à gages qui composaient Tauditoire n'avaient que droit au silence.

Un homme avait, seul peut-être, conservé son franc • parler. Ce partenajre, qu'il redoutait à la table de jou, ce personnage, dont il sollicitait et suivait parfois les avis, n'était autre que son médecin, le docteur Uourdois de la flotte.

Pour gagner la confiance de cette mobile et capricieuse personnalité, pour la conserver surtout, il fal-

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