‹ Le cabinet secret de l'histoireChapitre 23 sur 109 · TALLEYRAND ET SES MÉDECINS · texte numérisé non relu

TALLEYRAND ET SES MÉDECINS

lait aToir fait ses preuves. Le docteur Bourdois, avant de connaître le prince, avait fait un brillant apprentissage. Par une heureuse Taveur du sort, dès le début de sa carrière, il avait été comblé d'honneurs. En 1788, il avait obtenu la survivance de Malouët, dans la charge de premier médecin do Mme Victoire, tante de Louis XVI ; en cette qualité, il logeait au palais du liuxembourg. Monsieur, depuis Louis XVIII, voulant se rattacher, Tavait nommé intondant de sa bibliothèque, de son cabinet de physique et de sa collection d'histoire naturelle. H avait alors trente-quatre ans. '

En 1791, Monsieur était parti pour Téroigration. Depuis quelques mois,Mme8 Adélaïde et Victoire, les tantes du roi, l'avaient précédé en suivant une autre route. Malouêt les avait accompagnées.

Mesdames, qui avaient pris le chemin d'Itnlio, avaient été, en cours de route, arrêtées par la municipalité d'Arnay-le-Duc et gardées à vue, jusqu'à co que TAssemblée eût statué sur leur sort.

Plus tard, lors de la tourmente révolutionnaire, on se rappela le râle de dévouement de Bourdois de la Motte dans les circonstances que nous venons de rapporter. Dénoncé, persécuté, Bourdois ne tarda pas à être incarcéré à la Force, comme suspect de royalisme. Il eut Tadresse de se faire réclamer pour un service public et se fit envoyer aux armées. Ce fui son salut.

A la fin de 1793, il était nommé médecin en chef du

corps qui opérait sur le Var. Là, il so Unit avec un homme qui devait avoir la plus grande influence sur sa destinée : les hasards de la guerre Tavaieni rapproché de Bonaparte, alors simple chef de bataillon d*artillerie.

Les relations du médecin avec le futur empereur furent, tout d*abord, empreintes d*une grande cordialité. La politesse exquise de Dourdois, son langvnge aussi éloigné de la basse flatterie que d*une franchise trop brutale, avaient conquis cette nature abrupte, qui déguisait, sous un extérieur dominateur, des trésors do sensibilité. Après une expédition, dont toutes les étapes avaient été marquées par un triomphe, le brillant général revenait à Paris,pour y méditer le coup de force qui devait réaliser le rêve de son ambition. Bonaparte habitait alors, rue Neuve-des-Capucines, un modeste appartement. 11 convia plusieurs fois à sa table son ancien compa<i^non d'arincs, qu'il venait de • nommer médecin en cliuf do son arméu do Tintérieur. Un jour, dans l'intimité d'un repas familial, un courrier vint annoncer à Bourdois le départ de Bonaparte pour ritalic, en môme temps qu'il lui apportait sa nomination comme directeur du service de santé de l'armée. L'invitation ressemblait à un ordre ; Bourdois eut la maladresse de s'y dérober. Sa jeune femme — donna-t-il pour prétexte — était d'une complexion délicate ; en réalité, son humeur paciflque et ses goûts casaniers le retenaient seuls à Paris,

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