TALLCYRAND ET SES MÉDECINS
lurc, son infirmité de naissance (il était pied bot*) lui interdisant les trop longues courses.
* m CcUe Infirmité fut la cause de tous les malheurs qui slgnalèrcnl m rnnièio. Dou6 d'un esprit vif, ardent, Il no pouvait, avec an b^iiiiillo, Buivro la carrière dos orincH; sa nicro exigea qu'il se mit dans lea ordres, l^n vain supplia-t-il la dame de le dispenser de cette loi, qui lui était odieuse, il fallut obéir, le jeune abbé prit les degrés nécessaires ; enfln il fut ordonné prêtre, en dépit de la vocation qui Tentralnalt dans une autre voie. » {Journal du docteur Prosper Meniére^ communiqué en manuscrit par son flls, le docteur E. Menière.)
Existe-t-il une relation entre le pied bot et certaines lésions cérèbraies? D'aucuns en sont convaincus. Le docteur Luys, notamment, qui a pratiqué l'autopsie de cerveaux appartenant à des sujets atteints de pied bot, avait constaté des • atrophies de la région paracentrale et plus souvent encore des atrophies concomitantes de la frontale supérieure • ; et le savant alléniste, que noua avons consulté sur ce point, appliquant ces données au personnage que nous étudions, a émis les considérations psycbo-physloioglques suivantes, sur lesquelles nous appelons l'attention de nos lecteurs: «... C'est parce quo Talloyrand présentait des lacunes mentales, malaisément explicables, que ses biogra* phcs 1 ont traité avec tant de sévérité. Or, Talleyrand était une de ces natures mal pondérées, chez qui toute la sève vitale s*est réfugiée du cété des choses de l'intelligence, alors que le domaine de la aensibilité morale et des sentiments affectifs restait en souffrance. Pour peu qu'on scrute la manière de vivre de ces obtus du sens moral, on les découvrira prompts à l'action, Apres à la curée, mais, par contre, on a étonnera de les trouver Indifférents sur le choix des moyens, et, pour ainal dire, aneathésiés sur tout ce qui touche aux eonvenancoa sociales ou à la simple délicatesse.
N'est-ce pas ainsi que M. E. OUivier, dans sa remarquable étude parue dans la Revue des Deux-MondeSt a représenté le diplomate retors; • atèrlle d'invention, né démolisseur, brouillon flegmatique, qui n'était, livré, à lui-même, malgré ses dons brillants, apte qu'à gftter, traflquer, faire ei défaire sans cesse, surtout à ne pas faire en paraissant beaucoup faire incapable de rien créer, ai ee n'est la confusion et le désordre. . Délit U
210 LE CAniNET SECRET DE MIISTOIRB
Il dormait très peu, passant la nuit au jou, qu*il n'interrompait que pour causer ; se couchant le plus souvent à quatre heures du matin pour se réveiller au petit jour*.
Son pouls avait celte singularité d*étre fort plein et d*avoir une intermittence a chaque dixième pulsation. 11 avait môme là-dessus une théorie : il considérait ce manque de la dixième pulsation comme un temps d'arrêt, comme un repos de la nature, et il paraissait croire que ces pulsations en moins, et qui lui étaient duos, devaient se retrouver en fin do compte et s'ajouter h la somme totale de colles do toute sa vie, ce qui lui promettait de la longévité. 11 expliquait aussi par là sou peu de besoin de som-
pourvude la notion du bien et du mal, d'un cœur subalterne souererittocratid de soi manières, no sachanl qu'obéir ou trahir, uns mscepUbililé, parce qu'il ôlait sani honneur, d'une eiïroyable effronterie dans 8i*ti urnrnialiuas contraires à la vôrilé, comme rovûtu d'une enveloppe dure et polie, sur laquelle Tinjure et le môpris glissaient sans pouvoir y pénétrer. ■ M. Ollivlor rappelle à ce propos le mot de Lannes sur Taleyrand : • SI on lui donnait vingt coups de oiod, on ne s'en a|Nkrcevnill pas sur son visage. »
■ Aujourd'hui où l'on commence à débrouiller le chaos de la pathologie cérébrale, n'est-on pas autorisé à émettre l'hypoUiàse que la def, vafo». mcnlcliurrhée jus<|u'ici,(lo la psyrholo«j[ie,do Vélat d'âme de Tallajrand pourrait bien se trouver dans lu morphologie de sou cerveau? Assurément ce o'usl qu'une hypothèse; mais, d'oprès ce que nous MVbDs dee relations du pied bol avec les lésions cérébrales particulières qui soin* blent lui correspondre, cette hypothèse n'a rien d'Invralsumblible.. • {Chronique médicale, 15 janvier 1895)
• NouofùtLx fsUndi», de SAiiiTt-Uiuvt, t. Xll (1870), p. ISÛ etsuir.