ODIGINES MÉDICALES DU MARECHAL DE MAC-MAHON
Par son mariage, le docteur Mac-Mahon était entré dans la plus riche famille du pays et des alentours. On va voir par quelles manœuvres il réussit à drainer à son profit la plus grosse fortune mobilière et immobilière de la Bourgogne. Les faits que nous mettons au jour sont indéniables ; ils ont donné lieu à un des procès les plus retentissants de Tavantdernier siècle, procès qui n'a pas occupé moins de quatorze audiences^, et dont la solution nous intéresse surtout, parce que le principale mis en cause » est un médecin^ et que Tincapacité légale du médecin, en matière successorale, a donné lieu, en Pespèce, à un débat des plus complets ^
* Le mémoire où nous avons puisé nos renseignements porta ce titre qui a son pniTiim d*QrcliaIsmc : • Mémoire pour domo noino Corlciot, veuve de messire Hugues de Maizières, clievaiier seigneur de Vaivres et Vanleaux, et dame Anne Cortelet, veuve de Messire Charles Ricliard, conseiller au Parlement de Bourgogne, nièces et héritières de fen messire Claude de Morey, marquis de Vianges, franc seigneur de Chaunay, Pcrigny-Ia-Bondue, Cuzy, Viévy, Ledessend, Thoreilles, Morey, Auxeraines, etc.
• Contre le sieur J. -Baptiste Mac- Mahon, Irlandais, docteur en médecine de l'Université de Reims, et médecin agrégé au collège des médecins de la ville d'Aulun, se disant chevalier, comte et marquis d'EguIlly, marquis de Mac-Mahon, seigneur du marquisat de Vianges, baron de Vou« vcnay, seigneur de Sully, Sivry, Blangey, Chanvirey, Reuhon, Chape, Snncerayen partie, Barnay, Igornay, Mansigny, Champecullon, Petlt- Molois, Repas-dcs-Bas, Canadia, DudefTend, Thoreilles, Morey, Auxeraines, Lacave, Latour d'Uchey, Poney en Bourgogne, et encore seigneur des terres do LQzy.Lavaux, Montigny, Champoux en Nivernais, et encore prétendant en vertu du testament du feu sieur marquis de Vianses. les
Les termes de l'accusation sont des plus formels : ils sont ainsi précisés dans le mémoire publié par les demanderesses, les dames de Maizières et Richard, nièces et héritières naturelles des frères de Morey; nous n*en reproduisons que le passage le plus saillant :
Un marquisat considérable, sept paroisses» plus de vingtcinq terres et seigneuries, 3.000 arpents do bois, un supcrLa château, un mobilier immense, en un mot la plus grande fortune de la province de Bourgogne, sont devenus la proie d*un de ces hommes isolés dans leur propre nation, inconnus dons uno aulro, expulriés par Undigcncc, portunl nvco eux les ressources de leur obscurité première, le sentiment de leurs besoins pressants et l'ardent désir do les . vaincre. Deux vieillards nonagénaires, d'autant plus attachés à la vie qu1ls avaient moins à en jouir, ont courbé leur lùte sous le joug d'un étranger avide, qui leur paraissait seul tenir le fii de leurs jours entre ses mains; ils l*out vu»
terres et seigneuries de Cliarnay, LabondQe, S«lnt-Agnan, Perigojr-la* Ville, Perigny-Latour, la terre du Monlgéliard, le domoine du MonUicly* et outres terres, cens, maisons, vignes ei hérllages de la successioo da marquis de VUngCH et l'universalité de la dite succession.
< Dl contre dôme CliorloUe Le Bclin, épouse dudlt sieur Mac-MaboR, et veuve en premières noces de feu messire Jcau-BapUste Latara da Morey, gouverneur des ville et diAteau de Vézclal. •
Ce mémoire ne compte pas moins de cent dix-neuf pages in-4% Sa publleaUon futsuivlede celle de deux précis et mémoires pour les sieuret dama Mac-Mahon, comprenant l'un vingt-six et l'autre soixanta-sapt |iages. GrAco à ces documents, nous avons eu sous les yeux tous les élémeoU d'une couso uttacUante à bloo des Utros.