‹ Le cabinet secret de l'histoireChapitre 41 sur 109 · UN ROMAN VÉCU A TROIS PERSONNAGES · texte numérisé non relu

UN ROMAN VÉCU A TROIS PERSONNAGES

du lit était un grand jeune homme, maigre et blond, qui me dit : € Celle dame souffre d'une forte migraine dont une saignée pculla débarrasser. »

J'examinai le pouls qui était dur et tendu. Je fls iaiaignée et partis. Je la revis le lendemain. Elle allait mieux, me reçut aimablement et me dit qu'elle se portait bien.

Environ quinze jours après, le même domestique do l'auberge vint me chercher. 11 avait un billet signé : George Sand. Ce billet était écrit en mauvais italien. Je crus y comprendre que le monsieur français que j avais vu dans sa chambre était très malade, qu'il avait un délire continuel, et qu'elle me priait de courir en bftte...

Pagello se rendit avec empressement à cet appelai se mit aussitôt en mesure do prescrire au malade une mcdication énergique *. Pendant plus de huit jours, il ne quitta guère le chevet de son nouveau client.

On connaît aujourd'hui le texte du billet ou plutôt de la lettre dans laquelle George Sand priait le docteur Pagello de venir voir Musset. Nous la reproduisons ci-après*:

1 Pagello ordonna des compresses d*eaa glacée ei celle pollon calmanie :

/\(7. ceras. ni{/r (ij.

Laud. liquid. Sydn.t guit, . . . , . . • . . XX. Aq, eoob. laur, ceras., gutL, XV.

D' Paobllo

Aulremenldit:

Eau de ceriêei noirea I once, 3 gro$.

Laudanum liquide de Sydcnham. . , . 20 gouUeê.

Eau diatillée de laurier-cerise 15 goutteê,

* La IraducUon française do colle Icltrc. dont II a élé dooDè dlmportanls

2g0 LK CABINET SECHET DE I. UISTOIUB

Mon cher Monhieur PaTello (Pagbllo),

Je vous prie de venir nous voir le plus tôt que vous pour* rez avec un médecin pour conférer ensemble sur l'état du malade français de l'Hôtel Royal. Mais je veux vous dire auparavant que je crains plus pour sa raison que pour sa vie. Depuis qu'il est malade, il a la tôto excessivement faible et raisonncsouvenlcomme un enfant. C'est cepcndantun homme d'un caractère énergique et d'une puissante imagination. C est un poète fort admiré en France. Mais l'exaltation du travalh de l'esprit, le vin, la fête, les femmes, le jeu l'ont beaucoup atigué et ont excité ses nerfs. Pour le moindre motif, il est fagilé comme pour une chose d'importance.

Une fois, il y a trois mois de cela, il a été comme fou toute une nuit, à la suite d'une grande inquiétude. 11 voyait comme des fantômes autour do lui, il criait de peur et d'horreur. A présent, il est toujours inquiet et, ce matin, H ne sait presque ni ce qu'il dit, ni ce qu'il fait. 11 pleure, se plaint d'un mal sans nom et sans cause, demande son pays et dit qu'il est près de mourir ou de devenir fou. Je ne sais si c'est là lo résultat de la fièvre ou de la surexcitation des nerfs ou d'un principe de folie. Je crois qu'une saignée pourrait le soulager.

Je vous prie de faire toutes ces observations au médecin, et

exlraiU dam la GtLzeif anecdolique de 1886 (t. I, p. m),m été publiée par M. le vicomte Spoelberch de Lovenjoul, daoi une étude des plua doe«menlées, parue dana la revue laternaUonale Cotmopoliê (mal-Jala 1896). Elle rentrait trop dans notre sujet pour que noua ne lia fassions pna figurer dans cette étude. — L'arUcle de il. deLovenJoal a été publié «a volume, en 1897, sous le Utro de : La VérilabU hiêtoirê de muM n un.

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