GARNIER
chez Monsieur de Bochtfori
Rue Caumarlln^ n* 13
Assez lidèlement je reproduis la dimensiou de la carte et l'écriture.
LecrAnccst fort, assez évasé à l'arrière, un peu rétréci sur le devant. L'os frontal parait très régulier et d'un développement assez large. La longueur du crâne est de quinze cculiinètres et demi. La largeur do Tes frontal au-dessus dos yeux est de onze centimètres et demi. La largeur du crùnc à Tarrière est de quatorze centimètres.
La curiosité et la comptUcnce artistique de iM. de Saint- Deaussant, Tinscriplion dont je vous donne un fac-similc, la tradition conservée au couvent de Nancy, sont les seules pièces justificatives que nous possédions.
L'autorité de M. de Saint-Beaussant, bon connaisseur et artiste, est la seule source de la tradition.
Au couvent de nos pcros, rue du faubourg Saint-lîonorô, le T. IL P. r'aucillon, ancien prieur de Nancy, aurait pculclre à vous fournir des renseignements plus précis sur la provenance de ce crâne, que nous serions heureux de savoir êlre celui de Mme de Sévigné.
Agréez, monsieur, mes respectueuses salutations.
P. Tripier, prieur^
Pour conipI<:ter nolrv; «z-^i^te^ accu* ica» imfve»* sions de rendre Ti<:le ia T. R. F. Fiii»:iZi:o, i^ci nous accueillil aT«ic yiii« cccrtcLS» poriiiîe. Xistre interlocuteur nous ccci£rTz:j. «hi r^<te. »t:u»beAi» les renseignements qui nocs 4Ta:c'2t ete ^cb^wmmffmi fournis por son collègue de Nuct.
« M. de Saint-Beaus;&act. secs â:t îl^cta^t xahosBe du monde, qui entra dans coin? coarvat d« NaccT, le premier qui fut fondé en France, à la ssite Je:» prédications du Pore Lacord«ûr^« De qui tecait-il Tolijel dont vous me p;irlex, je ne sauruis wl^ lo Jiiv. II nVtaiit pas, en tout cas, aliio aux lUlutiu: il ap|«ar* tenait à une vieille famille de Lcrraiiie et n'avait jamais habité la Provence. Tout ce que je puis vous dire, c*est que c'était un an.ateur d'un goût éclairé, et qui, s'il a cru nous faire vion du crâne de Mme de Sévigné, était de bonne foi. Qu'il ait été mystilié lui-même, la chose est possible, et je vous avouerai que, si nous n'avons jantai^fait rv-mise de Citte re* liquc à un naisée ou à une collection médicale, c'est que nous n'avions en main aucune pitHre qui justifiât de son absolue autlienticitc. Cependant, il semblait bien que ce fût un cr«Ane de femme ; et le grain, le poli, le ton jauni de ri\oirc tiinoignaient bit ii tic sa vétusté. D'ailleurs, la boite qui renfermait l'ubjet avait un air de vieillerie qui i>ouvait eu imposer. Sur cette boite était fixée une carte, qui paraissait être une carte à jouer retournée, et qui était fixée
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oux quatre coins avec de la cire à cacheter toute desséchée, toute eiïritée. En tout cas, il serait impossible de préciser quel a»Hé le premier propriétaire du crftno que possède le couvent do Nancy. M. do Saint-Bcaussant, qui seul eut pu vous renseigner ellicacement, est mort à OuUîns, dans une de nos maisons, et il n'a pas laissé do descendants. Dias ces conditions... »
Ainsi, il y aurait de par le monde deux crânes de Mme doSévigno:le vrai, ou plutôt une moitié du vrai; et une imitation. Bien fin qui nous dirait dans quelle moitié résida le génie de la plus illustre diis cpistolières.
Quel dramatique chapitre on pourrait écrire, si Ton voulait faire l'historique des vicissitudes qu'ont subies les débris anatomiques des personnages illustres I 11 faudrait la plume d'un Baudelaire ou d'un Edgar Poe pour décrire, dans leur horreur tragique, les destinées des cadavres de certains grands hommeâ ; car il est rare que, ballottés de siècle en siècle, ils n'aient pas eu à subir quelque sacrilège profanation.
Le grand poète de l'Italie, Dante AHghieri, a eu cette chance heureuse d'y échapper dans une certaine mesure. Il meurt à Ravenne,à TAge de soixante-cinq
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nns, après une vie des plus ogitécs ; aussitôt après sa mort, son Iiôle, Guido dclla Polenta, est lui-m/mo cliassé de la ville, avant d'avoir pu élever une tombe à celui, dit Ampère, « que les agitations de saterrenataie avaient privé d'unepatrie et que les troubles de sa terre d'exil privaient d'un tombeau ». Ce fut seulement plus d'un siècle plus tard que le podestat de Ravenne pour la République de Venise (U ériger à la dépouille mortelle du chantre de Réatrix un monument, a dont la jalousie ou les remords tardifs do Florence ne la laissèrent pas longtemps jouir ».
La ville qui, après avoir donné le jour au poète, l'avait non souloment banni de ses murs, mais encore condamné à mort, voulut, en i510, avoir ce corps, pour rendre au moins à l'illustre méconnu tes honneurs posthumes d*une sépulture. Les négociations entamées à cette fin avec le gouvernement de laSérénissime République et l'intervention favorable du Pape lui auraient donné certainement gain do cause si, désobéissant courageusement au doge et au pontife, les humbles moines de Saint-François, qui en avaient la garde, n'avaient soustrait nuitamment l'insigne relique, pour la placer dans une cachette BÙre.
La soustraction du corps irrita vivement Florence, mais elle n*empècha cependant point les pieux pèlerinages des admirateurs du Dante de continuer, sinon au tombeau que l'on savait vide, du ntoins à l'église
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OÙ Ton supposait quo les ossements étaient restes. Cette supposition n'avait rien d'erroné ; car, en 1677, au cours de certains travaux de réparations, le hasard faisait enfin découvrir, par un des religieux, la caisse eu bois de cliône portant, sur une petite plaque en cuivre^ cette simple et précieuse inscription : Dantls ossa. On replaça ces derniers dans le monument do Lamberli, que le cardinal Domenico Corsi, Florentin, légat du Pape pour la Romagne, faisait ensuite restaurer en 1692, quoique d'une façon artislcment pou heureuse*
L'essentiel était que le repos de Tillustre personnage ne fût point à nouveau troublé ; et il ne le fut pas durant deux siècles, Florence ayant définitivement renoncé à ses prétentions. Mais, à Tépoque de la domination na|»oléonionnc en Italie, les franciscains do Ravenne, ayant été contraints par la- sécularisation d'évacuer leur couvent, ces gardiens, plus jaloux encore que fidèles du dépôt confié à leurs soins, crurent devoir, dans Tappréhension d'on ne sait quels dangers, retirer secrètement une seconde fois du sépulcre, pourles cacher ailleurs dans Tcglise, les vénérables ossements. En 1805, quand on fit abattre le monument élevé par le cardinal Coni, on trouva la tombe vide*.
En 1857, de nouvelles recherches furent égale-
• PclH Tewpi, 2 lire cinluc 1896.
m^mt infructueuses. Ce n'est qu'en 1865, au moment où ritalie célébrait le jubilé séculaire do la naissance du Dante, que l'on remit au jour la coisse portant l'inscription : Danlis ossa.
Les moindres détails de cette découverte sont aujourd'hui connus. En vue delà célébration projetée de Tanniversaire du Dante, M. Homolo Conti, ingénieur en chef de la municipalité de Kavcnne, fut chargé d'exécuter divers travaux autour du Braccio forle\ liC mur de face du porche, attenant à Tangle nord-est de la chapelle Rosponi,runo des chapelles de Saint- François, n'avait été démoli que jusqu'à la hauteur del m. 50 au-dessus du sol. Dans ce pan de muraille, reste de la chapelle primitive, avait exi: lé une porte, depuis longtemps fermée par des briques cimentées de terre ; plusieurs de ces briques faisant saillie et gênant la manœuvre d'une ponq)e établie en cet endroit, on résolut la démolilipn conqtlùte do la niur«iilh*. I.o 27 mai 18()5, on Pallaiiua, et les premiers coups de pioche ayant détaché quelques briques, mirent h découvert une cavité contenant une caisse, dont le côté tomba avec quelques ossements humains, laissanl voirie fond sur lequel étaient grossièrement tracés i\ l'encre ces iu(»ls, qui furent toute une révélation :
• l.et roii'tciijneroents qui mil vent sont enipruiilôii à l'cxccllciile liiocliiire «le M E. IIhkton, Découvtrlc de» itêleê du baulc à lU» irMfiv.