‹ Le cabinet secret de l'histoireChapitre 7 sur 109 · LE MÉDECIN DE MADAME DE POMPA DOUR · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN DE MADAME DE POMPA DOUR

Louis XV a logé Quesnay dans une dcpciidance de rappariemcni do sa maîtresse, à deux pas de son boudoir. Le médecin est bien à Tétroit dans son entresol, mais il s*cn console en philosophe, trop heureux d'avoir sous les yeux un champ d'observations sans limites.

Et puis il a un dada, Taimable docteur, qui sufiirait à dissiper son ennui, si tant est qu*il eût le temps de s'ennuyer. Vous le voyez errer dans le palais de Versailles, le visage rasé de frais, Tair souriant, Toeil malicieux, le nez au vent. Vous vous le représentez obséquieux et poli, remplissant en conscience son métier de médecin de cour. Détrompez-vous : le docteur Quesnay réfléchît*, sous un masque de galantin oisif, aux plus sévères problèmes d'économie sociale. Pendant qu'on délibère chez Mme de Pompadour do

Mino do Pompodoiir ; & la fin de 1747, Il élail lotijonrs ollaché on duc do Villcroy comme chirurgien ; en mors 1749, Il devint médecin h lo Cour ; le 24 jonvior 1750, Mme de Pompadour esl la marroine d'un de ses pelltsenfanls, ce qui fait supposer des relalions établies avec le grand-pcre. (Inauguration du monument de François Qucanay et Vie de Quesnay» porF. LoniN, p. 130-1 lO). Après la mort de la marquise de Pompadour, Qucsnny habita h Versailles, au Grand-Commun (aujourd'hui l'hôpital militaire), dont II était le médecin ; quand il venait & Paris, il descendait chez son gendre au palais du Luxembourg (J. Lorin, op cit.^ p. 168).

< Louis XV l'avait surnommé le Penseur, Quand 11 l'avait anobli, Il avait demandé & choisir lui-même l'écusson de ses armes. C'est ainsi qu'il les composa de trois fleurs de pensées sur un champ d'argent, h la fasce d'azur, avec cette devise : Proptcr cogitationem mentis, ■ espèce de rrbus, sl l'on veut, dit d'AIcmbcrl, comme plusieurs autres écussons, mnis rébus honorable, parce qu'il était vrai. »

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la paix ou Ae la gnerrei du choix des généraux, du maintien ou du renvoi des minisireS| notre docteur, aussi indiiïércni à tous les mouvements de la cour, que s'il eût été à cent lieues de distaiico, griiïonne en paix ses axiomes d'économie rustique'. Il vit à la cour, ignorant de la langue du pays, ne cherchant pas à rapprendre et peu lié avec ses habitants*.

Les seules personnes avec qui il aime s'entretenir sont les gens de lettres' ou les philosophes qui viennent le visiter.

* Marmontil, Mémolrtê,

* Mercure de France, novembre 177R.

* La Condamine vint un Jour le prier d'Intervenir auprès de Mme de Pompadour, pour obtenir la niUe en liberté de la Dcaunieile, qui avait ofTcnsé la favorite et était emprisonné é la Bastille ; la DoaumcUe quitta la Dostillc ou mois de septembre suivant {La UeatimeUe etSûint-Cyr, par 11. Ach. Taphanel, p. SDI).

Cn 1702, Voltaire écrivait é un de ses amis que Mme Calas ferait bien do voir Quesnay : • Je suis fort de votre avis, que Mme Calas allie trouver Quesnay, mais je ne sais si elle doit se trouver sur le pasnago du Itol, A moins qu'il ait quol<iu*uu qui la fasso remarquer à Sa Majesté u!i qu'il lui en ait parlé. • Le 16 août. Voltaire revient A la charge : - Jo suppose que Mme Calas a fait rendre A Mme la marquise de Pompadour la lettre que le professeur Tronchin avait écrite, Il y a un peu plus d'un mois, en fovcur de Mme Calas ; je crois qu'il y eu a une aussi é M. yue»nay. Ces lettres sont Importantes. SI Mme Calas ne les avait pas encore fait rendre, Il faudrait qu'elle no dilTérét plus, elle n'aurait qu'A écrire A M. (juesnay, a Versailles, et mettre la leUre pour Mme de Pompadour dans la paquet de M. ^uesnay.

■ Ceux qui dirigent Mme Calas A Paris lui dicteraient une lettre courte et atlcudrissante pour M. V>uvsuay : cette démuiclie ferait très bon eiruL* Correspoidance de Voltaire.

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