‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 15 sur 114 · DES DEVOIRS ENVERS LES PARENTS · texte numérisé non relu

DES DEVOIRS ENVERS LES PARENTS

SACHE, ô mon fils, que, voulant peupler la terre, Dieu s'est servi, dans ce but, de rintermédiaire de la famille ^ et a fait, de l'attraction sexuelle chez les parents, la cause de l'existence des enfants.

Ainsi, de même qu'au nom de la raison, les enfants sont tenus à respecter et à vénérer les auteurs de leur existence, ils .sont encore obligés de leur rendre tous les égards possibles. Ne dis pas que tu ne dois aucune gratitude à tes parents parce que, en te procréant, ils n'ont fait qu'obéir à un mouvement des sens sans se soucier du résultat, car si, en effet, un appétit sensuel en a été une cause participante, il a été doublé d*une tendresse telle qu'ils

pu, pour toi, s'exposer même à périr, moindre motif qui doit t'inspirer le

ont Le

respect de tes parents est celui ci, qu'ils sont les intermédiaires entre Je Créateur et toi, et si tu vénères le Créateur, tu ne peux faire moins que d'honorer ceux qu'il a choisis pour ses intermédiaires. Un hls qui est guidé par la raison ne doit donc pas se montrer ingrat envers son père et sa mère ; Dieu l'a commandé par ce verset : — t Obéissez à Dieu, soyez soumis au prophète et à ceux d'entre vous qui ont le pouvoir de vous commander '. » — Ce verset a été l'objet de diverses interprétations; d'après un certain commentaire, on doit entendre par ceux qui sont appelés à vous « commander » le père et la mère. En effet, le véritable sens du mot arabe Emr est le droit, l'œuvre ou l'ordre ; par conséquent, Oulalémr, c'est-à-dire ceux qui sont doués du commandement ne peuvent être que ceux ^ui possèdent à la fois le droit et le pouvoir d'ordonner; or ton père et ta mère ont le pouvoir de t'élever et l'ordre de t'enseigner la vertu.

Garde-toi, ô mon fils, de te jouer du chagrin que tu pourrais causer à tes parents, car le Créateur repousse sévèrement le moindre sujet de peine qui leur est occasionné, ainsi qu'il le déclare dans le saint Livre : — « Ne leur dis pas Fi ! ne « les tourne pas en ridicule et parle-leur « avec respect ^. »

Oh raconte qu^un jour son altesse Ali, commandeur des croyants (que le salut soit sur luil) ♦, interrogé sur le respect dû aux parents, répondit quele Très-Haut avait confirmé ce point de doctrine en privant le Prophète, dès avant sa mission, de son père et de sa mère, parce que, eussent-ils vécu, il eût été dans l'obligation de les considérer comme supérieurs à lui-même, de s'humilier et de s'abaisser finalement devant eux; par conséquent, l'autorité de sa parole eût été affaiblie, car il a dit : — a Je suis le seigneur des « hommes et le plus honorable. >

Si tu ne respectes pas tes parents par esprit religieux, vénère les par raison, car ils sont la source de ton bien et le principe de ton être. En manquant au respect que tu leur dois, tu te déclares indigne de toute faveur et celui qui est ingrat envers les auteurs de son origine est incapable de bien élever ses propres descendants. Faire du bien à un ingrat, c'est commettre une sottise, évite donc Terreur et conduis- toi à l'égard de tes parents comme tu désires que tes enfants agissent un jour envers toi, car ceux qui naîtront de toi te réclameront ce que tu auras exigé de ceux qui t'ont engendré.

Les enfants peuvent être comparés aux fruits dont les parents sont la souche;

f)lus celle ci est entourée de soins et plus es fruits sont beaux et bons ; plus tu té-

moigneras de respect et de vénération à tes parents, plus leur satisfaction sera grande et plus leurs prières pour toi seront agréées;' plus aussi tu te rendras agréable à Dieu.

Garde-toi de désirer, par un vil sentiment de cupidité, la mort de tes parents ; souviens-toi que tu jouiras toujours de ce qui t'a été dévolu ; le lot de chacun a été décrété et il ne reçoit que celui qui lui a été désigné de toute éternité. Ne prends pas un soin inutile de la provision quotidienne, tu ne l'accroîtras pas, ainsi qu^on Ta dit : — « C'est en vertu d'une chance heureuse et non par le trouble et la peine que la fortune arrive. »

Si tu veux être content de la part qui t'est échue, ne le compare pas à celui dont le sort te semble préférable au tien, mais bien à celui que tu juges moins favorisé; tu t'estimeras ainsi heureux et satisfait de ce que le Très Haut t'aura accordé. Si tu tombes dans la pauvreté, elforce-toi de devenir riche en sagesse et en vertu ; les richesses intellectuelles et morales sont au-dessus des richesses matérielles ; à l'aide des premières, on peut acquérir les autres qui n'offrent pas un avantage réciproque; d'ailleurs, l'ignorant dissipe rapidement sa fortune et les voleurs ne peuvent pas plus ravir les trésors de l'esprit que l'eau et le feu ne peuvent les anéantir.

Si tu es doué d*întelligence, acquiers des talents, car Tintelligence sans culture est un corps sans vêtement, un être sans forme et on Va dit : l'éducation est la figure extérieure de l'intelligence.

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