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grand prince Cabous, Chcnis vl Mftali, fils, de Véchémguir et son second successeur^ qui na pas moins brillé par ses talents littéraires que par ses qualités de guerrier et d'homme d'Etat. Son style était tellement remarquable^ que le grand ministre Saheb, fils d'Ebad, vi^ir stms deux princes bouïdeSj s écria it à la lec' ture de quelquune de ses dépêches :
« Ceci est-il de la main de Cabous mi est-ce émané de la plume du paon-^? n Malheureusement ce prince était d'une rigueur qui allait jusqu'à la cruauté ; ce fut la cause de sa perte, il s'aliéna ainsi l'armée qui le déposa, et notre auteur rapporte à ce sujet une anecdote fort intéressante *.
Le petit-fils de ce grand homme^ Cabous Onsor al Moali -% ne lui a pas été inférieur; il a, sur son a'ieuL cet avantage que, tandis que de ce dernier il n'est resté que quelques distiques, nous avons du premier un livre qui nous fournit des renseignements fort intéressants sur la société musulmane et sur l'éducation que recevait un prince persan au onzième siècle de notre ère,
Cabous, dans sa jeunesse, avait, ainsi que presque tous les jeunes gens de famille noble, servi à la cour de plusieurs souverains; il nous parle de son séjour auprès du sultan Mahmoud le Gha:{névide, le plus puissant monarque de V Orient à cette
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époque, et dont il épousa la fille; il fit, avec ce prince^ la campagne de l'Inde et demeura quelque temps auprès de son fils, le sultan Massoud. Il mentionne aussi un séjour qu'il fit plus tard à la cour de l'émir Fa\loun, Abous'sovar^ souverain de Guendjè ^. Mais toutes nos recherches pour trouver trace de ce personnage sont restées infructueuses. Après avoir beau* coup vu et beaucoup voyagé, Cabous succéda en 44i'io4g, à son père Iskender, Chéref el Moali, Vannée même que la plupart des chroniqueurs fixent comme celle de la mort du sultan Mahmoud.
Cabous a laissé sous le titre de Cabous nâmè et sous forme de testament à son fils Guilan Chah, une somme de conseils adaptés aux différentes situations de Vexistence humaine et qui place V auteur au rang des moralistes persans, qui, plus tard, se sont sans doute inspirés de sa méthode. Toutes sommr.ires que soient les no^ tions qu'il donne , on ne peut qu admirer retendue et la variété des connaissances de ce prince : politique^ administration^ théologie, philosophie, rhétorique, poésie^ musique, médecine, astronomie, commerce, science militaire, dans les qua»
rante-quatre chapitres qui composent son livre il touche à presque toutes les connaissances humaines; des plus hautes conditions, il descend jusqu'aux plus humbles; ses connaissances hippiques fs'
raient honnenr à plus d'un des membres des sociétés qui, en Occident, ont pour objet l'amélioration de l'espèce chevaline.
Un des principaux attraits de son livre consiste en un grand nombre d'anecdotes citées à propos^ dans lesquelles il a été le plus souvent un des principaux ac' teurs. Une seule peut-être, dans le chapi* tre VII de Vart « de bien dire », est empreinte de la puérilité si familière aux écrivains orientaux. Sa religion est élC' vée et dépouillée de toute hypocrisie, on aurait peine aujourd'hui à rencontrer une tolérance aussi large que celle dont il témoigne. Avec le Cabous nâmè, nous pénétrons dans Vintimité de la société musulmane de cette époque reculée.
Cabous était fier de la noblesse de son origine et il la rappelle à son fils comme un stimulant pour l'engager à ne pas déchoir de ses illustres ancêtres. Il lui montre que, du côté paternel, il remonte jusqu à Arghache qui gouvernait le Gui l an sous le règne de Keï Khosron, et dans la ligne maternelle jusqu'à Cobad^ frère du grand Nouchirvan le Juste, con* temporain de Mahomet, (V. Introduction de Vauteur.)
En iSSj^ feu Re'{a Kouli Khan^ Vhomme le plus érudit de la Perse moderne et auteur de nombreux ouvrages remarquables, nous avait montré uu manuscrit du Cabous nâmè; nous avons été
dès lors frappé de l'intérêt que présentait cet ouvrage y et nous demandâmes l'auto risationd'en prendre copie. Le manuscrit était ^ en maints endroits, défectueux; cette circonstance jointe à d'autres considérations ne nous a pas permis de nous en occuper à cette époque. Cependant ^ nous ne cessions d'insister auprès de notre savant ami pour qu'il s"* efforçât de dissiper les obscurités de son manuscrit et qu'il en fît la publication; enfin, en I2j5 fiSôo); il a fait imprimer à Téhéran une édition aussi bien corrigée que le lui ont permis la confrontation des rares copies qui existent aujourd'hui. C'est sur cette édition ^ue nous avons entrepris notre traduction, à laquelle nous avons donné tous nos soins. Nous avons fait appel aux souvenirs que nous ont laissés dix-sept années de service en Perse et aux relations que nous avons conservées avec quelques lettrés de ce pays pour éclair cir certains archaïsmes qui se rencontrent dans ce livre et qui le rendent encore intéressant au point de vue philologique. Nous devons aussi à l'obligeance de notre honorable collègue et ami, M. Barré de Lancy^ premier interprète du gouvernement^ la communication d'un manuscrit de la traduction turque du Cabous nâmé faite d'après le désir du sultan Mourad II par Ahmed fils d'Elias en l'une des années entre 824 à 82y de
Vhégire. 1420 à 1428 de notre ère.
Cette traduction, tout incomplète et dé* fectueuse quelle est en certains passages^ nous a été d'un grand secours. Je mentionnerai aussi un exemplaire de la traduction en turc oriental de celle d'Ahmed Jils d'Elias, publiée à Ca:{an en i2g8' 188 2 y par Abdel Coroun de Chirvan et et que notre savant ami^ M, Pavet de CourteillCy a lien voulu mettre à notre disposition. Notre but, en consultant les deux ouvrages que nous venons de mentionner^ était d'éclaircir un point fort obscur et qui constitue une impossibilité matérielle. Tous les chroniqueurs persans fixent la date de la mort de Cabous à l'année 462; or, Cabous termine son livre en disant qu'il en a commencé la rédaction en Vannée 4']5, après y avoir travaillé depuis soixante-trois ans; le traducteur turc donne comme date l'année 463 : il est possible que, par suite d'une transcription défectueuse, le mot aghaz (commencement) ait été mis pour le mot endjam (fin) ; mais^ en tous cas, il Y a erreur de transcription et peut-être faut-il lireSjs ^" ^^3 au lieu de 4y5 ou de 463; on sait que Cabous était d'un âge avancé lors de son accession au pouvoir, en 441. Il est vrai que dans cette dernière hypothèse Cabous serait mort à peu près centenaire. En tous cas, nous devons laisser à d'autres plus favorisés