‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 3 sur 114 · AU NOM DU DIEU CLEMENT ET MISÉRICORDIEUX · texte numérisé non relu

AU NOM DU DIEU CLEMENT ET MISÉRICORDIEUX

AU début de tout écrit, on doit invoquer le nom de Dieu dont le commencement de l'univers et des créatures est Tœuvre et qui en est aussi la fin ; pour mieux dire, en un mot, tout est Lui : certains sages le nomment le Souverain infini; des hommes intelligents rappellent le Principe de toutes

les choses visibles; les hommes au cœur pur déclarent que tout est Lui et d'autres, au contraire, que Lui est tout, ainsi que s'exprime un poète dans ce quatrain :

« Tout Joseph qui croit exister par lui-même tombe dans la fosse; — tout loup qui croit n'être rien par lui-même s'approche de Dieu. — Quiconque croit que tout est un est dans l'erreur; — quiconque croit qu'un est tout est dans la vérité ^ ». ^^^^

Mais après avoir invoqué le Dieu sans égal, il est glorieux de faire Reloge de ses envoyés. Les hommes éclairés savent que, depuis le commencement des temps jusqu'à l'époque où nous sommes, parmi tous les prophètes qui ont paru en ce monde, aucun n'a été plus digne de respect, aucun prince, aucun chef n'a été engendré et n'a jeté autant d'éclat sur le monde que le prophète arabe qui a été le sceau de la prophétie*. En vérité, la foi et la religion ont été définitivement fixées par lui; à sa venue, les fleurs de la science et de la vérité sont écloses dans le parterre de l'intelligence et sont devenues l'ornement des siècles : tous les sages de l'univers, tous les savants du monde

se sont groupés autour de ses dictons sublimes et ont été unanimes pour se rallier à son livre glorieux ^.

De plus, si l'on considère avec Toeil de l'intelligence, on sait, on voit et Ton convient que parmi ses sectateurs il n'y a jamais eu et il n^y aura jamais d'homme meilleur, plusgrand, plus sage que ce noble personnage, très bon, très redouté, sublime, profond, généreux, noble, répoux de la plus noble fille; à tel.-4)oint que d'aucuns l'ont adoré conijne Dieu et que d'autres le regardant comme le guide des égarés dans la vallée de ce monde *.

Sache, ô lecteur, qu'en parlant ainsi, mon intention n'est pas simplement de répéter ce qui a déjà été dit, mais en réfléchissant tu ne verras là qu'un tribut de respect rendu à ce livre vénérable.

Dans plusieurs anciens ouvrages j'ai vu ce livre cité avec éloge par des hommes de jugement sain, et j'ai entendu le livre de Kabous loué par des remueurs d'idées, sages et intelligents. J'ai fait des recherches et j'ai découvert qu'il a

été écrit par le sage et savant prince Kéïkavous, surnommé Onsor al Moali fils d'Iskender, fils de Kabous, fils de Véchémguir, dont j'ai cité l'origine dans ma chronique ^. J'ai enfin su à quelle famille remonte sa généalogie et à quelle autre elle se termine ; il serait trop long d'en traiter ici, car ce simple résumé prendrait les proportions d'une histoire.

Cette famille était illustre parmi celles du Gourgan ^.

Sous le règne du souverain puissant, sage, juste, intelligent, pieux, marchant dans la voie de Dieu, sincère, soutien de la foi arabe, Aboul Mozaffer, Soltan Nasser ed dîn Chah, le conquérant, moi, son humble serviteur, Reza- Kouli, portant le titre de Prince des poètes et surnommé Hédayet '^, j'ai découvert ce livre et j'ai travaillé à sa publication; j'y ai trouvé des maximes élevées et de nature à pouvoir être appliquées, ainsi que le résultat d'une haute expérience, et j'ai jugé utile d'en publier un grand nombre d'exemplaires et d'en distribuer à mes amis.

résumé de la généalogie de kabous, fils d'iskender, fils de kabous, surnommé

ONSOR AL MOALI.

Kabous, dont la forme arabe est Kaous, était petit-fils de Témir Kaous fils de Véchémguir, fils de Merdavidje, fils de Ziad le Dîlémite. Cette famille est connue sous le nom des Dilémites de la branche des Ziadites.Onze princes de la branche de Ziad et de celle de Kabous ont régné dans le Gourgan, dans le Guilan et dans le Dar el Merz pendant une période de cent soixante ans «. Cette famille remonte aux Sassanides. Kabous, l'auteur de ce livre, reçut du khalife abbasside ® le titre de Onsor al Moali, ainsi que son aïeul celui de Chems al Moali, l'émir Memontcher, son fils, celui de Felekal Moali, et Nouchirvan, fils de ce dernier, celui de Cheref al Moali. Onsor al Moali a rédigé cet ouvrage sous forme de conseils à son fils Guilan Chah et est mort Tannée 462 ; = 1069 ^' ^- ^près avoir régné vingt

et un ans. Son fils, qui lui succéda, ne régna que sept ans.

Ce livre célèbre a été retrouvé sous le règne d'éternelle durée du souverain qui, successeur de Djemchid, siège sur le trône de la Perse, que Dieu éternise son règne ! et a été placé sous le nom sacré^deSa Majesté. Il existait une copie de ce livre précieux et utile, et la multiplication des exemplaires étant un moyen d'en répandre la connaissance, Hadji Mehemmed khan, grand chambellan qui, par ses qualités, est la gloire de ses pairs, en a entrepris la publication autographiée en beaux caractères qui, par les soins du seïd Agha Mir Baker, a été achevée en peu de temps. Ali Asgher a écrit la copie originale qui a servi à rimpression.

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