‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 22 sur 114 · QU IL FAUT SE PENETRER DES MAXIMES DE ANOUCHIRVAN LE JUSTE · texte numérisé non relu

QU IL FAUT SE PENETRER DES MAXIMES DE ANOUCHIRVAN LE JUSTE

LE jour succédant à la nuit et réciproquement, ne te trouble donc pas l'esprit des vicissitudes de la fortune.

Qui pourrait se repentir d'une action qui lui a déjà causé des regrets?

Quiconque est admis dans l'intimité d^in souverain ne peut se croire en sécurité

Celui dont le sort est en contradiction avec ses désirs ne peut dire qu'il vit.

Comment ne pas regarder comme un ennemi celui qui emploie ses capacités à faire le mal!

Peux-tu appeler ton ami celui qui est Tennemi de les amis?

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Ne te lie pas avec un homme sans vertu,

i il ne mérite ni l'amitié ni l'inimiiié de personne.

Evite l'ignorant qui se croit savant.

Ne te fais pas justice toi-même, si tu veux qu'on te rende )ustice.

Dis toujours la Vérité, fût-elle amère.

Si tu veux que ton ennemi ignore ton secret, ne le confie pas à ton ami. .

Observe beaucoup et parle peu.

Ne fais pas cas d'un homme sans valeur.

Si tu veux être à l'abri du mal que peut te faire un puissant, rends-toi agréable a lui.

Ne reçois pas inutilement, si lu ne veux donner de même -.

Préfère mourir à solliciter tes égaux.

Il vaut mieux mourir de faim que d'être rassasié par les bienfaits d'un homme méprisable.

Dans tous les cas probables, ne compte pas sur les gens douteux et ne te ûe qu'à demi à ceux que tu crois sincères.

Regarde comme une calamité le recours à des parents au-dessous de toi, car il vaut mieux périr dans Teau que d implorer le secours d'une grenouille.

Un débauché humble qui ne recherche que les jouissances de ce monde vaut mieux qu'un lecteur assidu du Korân qui, dans son orgueil, prétend acquérir le bonheur éternel ^.

Il n'est pire soiiise que celle de juger au même point de vue qu'auparavant un homme qui, parti de bas, s'est élevé au premier rang.

La pire imprudence est la prétention de savoir ce qu'on ignore et de se rendre ainsi coupable de mensonge.

Il n'est rien de plus inepte que de làcher la proie pour Tombre \

Le plus vil des hommes est celui qui, pouvant assister celui qui l'implore, le repousse.

Excuse de préférence celui qui, innocemment, a médit de toi, à celui qui te le rapporte.

11 n'est pire affliction que celle d'avoir des oreilles sans en retirer aucun profit.

C'est aussi un grand mal que de voir sans regarder.

L'esclave qu'on peut acheter et vendre est plus libre que l'homme cupide; car le premier peut être un jour affranchi, mais le second ne le sera jamais ^.

La science fait le malheur de celui qui la possède, s'il n'est pas intelligent.

C'est perdre son temps et ses peines que d'essayer d'amender celui que l'expérience n'a pu corriger.

Il est plus facile de préserver qui que ce soil des atteintes d'un sot que de le préserver de lui-même.

Si tu veux qu'on dise du bien de toi, commence par bien parler des.auires.

Si tu veux que les peines que tu prends pour autrui ne soient pas perdues, commence par protiter de celles c(ue les autres ont prises pour toi.

Si tu veux avoir beaucoup d'amis et de relations, ne sois pas vindicatif.

Si tu veux n'éprouver aucun déboire, ne sois pas envieux.

Si tu veux éviter de prendre une peine inutile, n'essaye pas de faire avancer ce qui ne peut marcher *.

Si tu ne veux pas qu'on te traite d'insensé, ne cherche pas ce qui est introuvable.

Si tu veux être estimé, sois modeste.

Si tu ne veux pas être déçu, ne regarde pas comme achevé ce qui n'est pas commencé.

Si tu veux conserver une bonne réputation, ne déchire pas celle d'autrui.

Si tu ne veux pas qu'on te tourne en ridicule, sois bienveillant envers tes inférieurs.

Si tu veux éviter de longs repentirs, n'agis pas sous l'impulsion de la passion.

Si tu veux être compté parmi les sages, ne regarde pas dans le miroir des autres"''.

Si tu veux être inimitable, ne nuis à personne.

Respecte les autres et tu seras respecté.

Si tu veux être respecté, ne fais pas parade de ton esprit en présence de celui qui cache le sien.

Si tu veux qu*on suive tes exemple, conforme la conduite à ton langage.

Si tu veux être le premier de tes pairs, distribue largement le pain et le sel *.

Si tu veux être libre, extirpe l'ambition de ion cœur.

Si tu veux acquérir une réputation d'homme juste, prends soin de tes inférieurs dans la mesure de tes moyens.

Si tu veux éviter le blâme du commun des hommes, approuve les actions d'auirui.

Si tu veux conquérir Taffection et éviter d'être un objet d'aversion, parle de façon à être agréable aux autres et abonde dans leur sens.

Pour être réellement un homme, n'approuve pas en toi ce que tu blâmes chez les autres.

Ne dispute pas avec un sot, si tu veux éviter que son cœur ne reçoive une blessure incurable.

Veux-tu être le meilleur des hommes?

Ne refuse rien à personne.

Ne réussis pas, et tu seras toujours censuré ^.

Telles sont les maximes de Anouchirvàn le Juste ; médite-les, ô mon fils, et ne les dédaigne pas, car elles sont empreintes de l'esprit d'un philosophe et d'un homme qui a été digne de régner. Nourris-en ton esprit mainienant que tu es dans la fleur de la jeunesse; car, quand tu seras affai-

bli par Page, tu ne saurais plus en pro fiter.

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