‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 44 sur 114 · DE LA CHASSE · texte numérisé non relu

DE LA CHASSE

LA chasse, Tëquitation et le mail sont des exercices de gentilhomme, surtout pendant la jeunesse, mais comme en toutes choses, il ne faut en user qu'avec mesure et modération et selon certaines règles- dont on s'écarterait en s'y livrant quotidiennement. Sur les sept jours dont se compose la semaine, consacres en un à la chasse, deux ou trois à boire et deux à tes affaires personnelles.

Ne te sers pas pour chasser d'un cheval de petite taille, car quelque bien proportionné que soit un cavalier, il a mauvaise grâce s'il monte un petit cheval; tandis qu'au contraire, un homnie de piètre mine

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paraît de bonne tournure sur un cheval de haute taille.

Ne te sers qu'en voyage d'un cheval ambleur, parce que cette allure donne mauvaise grâce au cavalier ^. En cortège, monte un cheval vif, au pas élastique de manière que, devant contenir son ardeur, tu ne négliges pas ta tenue. Tiens toi droit et ferme en selle pour ne pas être disgracieux. A la chasse; ne lance pas ton cheval s'il est vif ou ombrageux, car en ce cas, tu ne saurais échapper aux dangers que présente la poursuite des bétes fauves. Deux souverains de notre famille y ont perdu la vie; Tun, mon grand aïeul, le prince Véchemguir, fils de Ziâd *, et le second, le prince Cheref el Moâli, mon cousin ^. En ce cas, laisse tes gens courir la béte et contiens toi, à moins cependant que tu ne te trouves en présence du souverain, alors il t'est permis de braver le danger et de chercher à te faire un nom.

Si tu te sens du goût pour cet exercice, livre-toi à la chasse au faucon, à Pépervier, au gerfaut, à l'once et au chien courant, de sorte que tu puisses te divertir sans courir aucun danger sérieux et capturer un gibier bon à quelque chose, tandis que ni la chair ni la peau des bêtes fauves ne sont pas plus proprés à Talimentation qu'au vêtement.

Les souverains chassent au faucon de deux façons différentes : les princes du

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Khoraçan lancent eux-mêmes Poiseau ; ceux de l'Irak^ s'en abstiennent; ces deux méthodes sont également permises. Si tu règnes un jour, tu pourras donc donner en personne l'essor au faucon, mais une fois seulement pendant la chasse, car il ne sied point à un prince de le faire à plusieurs reprises. Quand l'oiseau aura quitté ton pomg, prends garde s*il a saisi le gibier ; s'il a manqué la proie, tu prendras au poing un autre faucon pendant que le fauconnier ira à la recherche du premier.

Le but de la chasse pour un souverain ne doit être que l'exercice et non pas la capture du gibier.

A la chasse au chien courant, les chiens seuls doivent s'emparer de l'animal poursuivi, les gens les suivent et galopent en avant du prince qui doit se borner à suivre la chasse.

Quand tu chasseras à l'once ^ tu le garderas de prendre cet animai en croupe parcequ'en premier lieu, il te messiérait de faire l'office d'un valet de chiens et qu'ensuite, il serait peu sage, surtout pour un prince de prendre en croupe une bête fauve.

Telles sont les règles de la bonne tenue à la chasse.

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