‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 5 sur 114 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

AU NOM DU DIEU CLEMENT ET MrSERICORDIEUX

RACES soient rendues au Seigneur des mondes et appelons sa bénédiction sur Mohammed et sa postérité.

Ainsi s'exprime l'auteur de ce livre, l'émir Onsor el Moali, Keï Kaous, fils d'iskender, fils de Cabous, fils de Véchémguir, le serviteur du Commandeur des croyants, s'adressant à son fils Guilan chah :

Sache, ô mon fils, que, devenu vieux,

la faiblesse et la débilité ont.^tattu ma vigueur; les rides de mon ;^nt ainsi que la neige de ma chevelure fft'annoncent le déclin de mon existence, signes avant-coureurs qu'il n'est Att. pou vofr de personne d'oblitérer. Ocj* jaon fils, pressentant que bientôt mon' nom va passer au nombre de ceux qui ne sont plus, j'ai jugé bon, avant d'être atteint par la mort, de te tracer une ligne de conduite et de t'indiquer les moyens d'acquérir un haut renom et d'obtenir de la considération, de manière à ce que tu en retires quelques avantages et que, de mon côté, j'aie satisfait aux obligations que mimpose l'amour paternel; et afin qu'avant que tu sois éprouvé par la main du temps, tu médites mes paroles, tu profites de mes avis et que tu acquières ainsi un nom illustre en ce monde et glorieux dans réternité.

Prends garde que ton cœur ne demeure fermé à mes conseils ! J'ai rempli le devoir d'un père ; si tu ne t'efforces pas d'en profiter, il se trouvera des gens qui s estimeront heureux d'y prêter une oreille attentive et d'y conformer leur conduite. Quoique je n'ignore pas que le monde est ainsi fait que ja-

mais un fils ne suit les prescriptions de son père (^i à cause de la présomption natuM^fe aux jeunes gens qui les induit à se croire supérieurs à leurs ascendai^ji^' cependant Taffection que je ressefl^'prtiir toi ne m'a pas permis de garderie silence. J'ai donc résumé mes conseils en quarante-quatre chapitres dont chacun traite d'un sujet spécial. Si tu tiens compte de mes avis et si tu te conformes à ces règles de conduite, rien de mieux; sinon, il me restera du moins la satisfaction d'avoir rempli mon devoir. En effet, le professeur enseigne, si l'auditeur ne Técoute pas, il n'en peut mais; en tous cas il n'encourt aucun reproche.

Sache, ô mon fils, que le désir de transmettre au plus cher des siens ce qui lui est échu des biens de ce monde est naturel à l'homme. Or, d'une part, il m'a été accordé de recueillir une somme de conseils, et, de l'autre, tu es rêtre que je ehéris le plus. Près de quitter ce monde, je te transmets ce lot qui m'a été dévolu afin que ta conduite ne soit pas déréglée, que tu t'abstiennes d'actions viles et que tu agisses d'une nianière digne de la pureté de ton origine. Car, sache, ô mon fils, que dans

la ligne paternelle, aussi bien que dans la ligne maternelle, tu es issu d'une race noble et royale. Ton aïeul était le roi Chems el Moali Cabous, fils de Véchémguir, petit-fils de Arghache Ferhadvend; Argache Ferhadvend était souverain du Guilan sous le règne de Keï Khosro (Aboul Mo'uyyid de Balkh en fait mention dans son « Livre des Rois » 0, et c'est par lui que la souveraineté du Guilan a été transmise à tes ancêtres. L'aïeule de ma mère était fille du prince El Marzobân, fils de Bostem, fils de Cherouïne, et l'auteur du Mar^oban nâmè * : son treizième ascendant est Keï Kaous, fils de Kobad, frère de Nouchirvan le Juste. Ta mère était fille du sultan Mahmoud, fils de Nassir eddin ^ et ma grand'mère était fille de Hassan Firouzan, souverain de Dilman *,

Or donc, mon fils, songe à la grandeur de ton origine et ne te conduis pas,, comme un homme sans naissance.

Quoique je remarque en toi bien des indices favorables, je me fais cependant un devoir de me répéter. Songe que ma mort est proche et que tu seras bientôt appelé à me succéder. Dans ce monde passager, il te faut amasser des provi-

sions pour la vie future; or, celle-ci est préférable à celui-là, et nous devons récolter pendant que nous sommes en ce monde qui n'est qu'un champ qu'on ensemence et que Ton moissonne; ce qu'on y récolte de bon ou de mauvais n'est pas consommé ici-bas, mais est mis en réserve pour la demeure éternelle. En ce monde, les bons font comme les lions et les méchants agissent comme les chiens. En effet, le chien dévore sur-le-champ la proie dont il s'est emparé; le lion, au contraire, ne la mange qu'après l'avoir emportée dans son repaire. Ton terrain de chasse, ô mon fils, est ce monde de peu de durée , et la proie que tu dois atteindre est la science et les bonnes œuvres; mets-toi donc en campagne afin que le moment de jouir de ta prise étant arrivé tu puisses le faire dans réternité.

Notre devoir à nous, humbles serviteur du Très-Haut, consiste à lui obéir :

celui qui marche dans la voie de Dieu et ne cherche qu'à lui être soumis est semblable à la flamme d'une torche qui s'avive et s'élève d'autant plus qu'elle est renversée : celui qui s'éloigne de l'obéissance qu'il doit à Dieu ressemble

à Teau qui tend d'autant plus à descendre et à se précipiter que la source en est plus élevée. Fais-toi donc un devoir impérieux de te soumettre à ]a volonté divine.

J*ai divisé cet ouvrage en quarantequatre chapitres pour en faciliter la lecture et de manière à ce qu'on puisse recourir promptement au sujet recherché et qu'on en recueille ainsi quelque avantage, ce que à Dieu plaise !

Chapitre I®'. De la connaissance de Dieu. — II. De la création et de la glorification des prophètes. — III. De la reconnaissance envers le dispensateur de tous biens. — IV. De la soumission à Dieu selon la possibilité d'y satisfaire. — V. De la reconnaissance envers les parents. — VI. Les avantages de la naissance sont relevé» jHir l'instruction. — VII. De Tart du bienHdire. -— VIII. Qu'il faut se pénétrer des maxîmes de Nouchirvan le Juste.

— IX. De la jeunesse et de la vieillesse.

— De la température et de Tusage des aliments. — XI. De l'usage du vin. — XII.

De rhôte et du convive. — XIII. Delà plaisanterie, du jeu de tric-trac et du jeu des échecs. — XIV. De Tamour. — XV.

Des rapports sexuels. — XVI. Du bain.

— XvH. Du sommeil et du repos. —

XVIII. De la chasse. —XIX. Du jeu du mail. — XX. De la guerre. — XXI. De l'accumulaiion des richesses. — XXII.

De la- conservation des dépôts. — XXII l.

De l'achat des esclaves. — XXIV. De Tachât des immeubles. — XXV. De Tachât des chevaux et des bestiaux. — XXVI. Du mariage. - XXVII. De Téducation des enfants. — XXVIII. Du choix d'un ami. — XXIX. Qu'il faut se garder d'un ennemi. — XXX. Du pardon, du châtiment et de l'assistance charitable. —

XXXI. De Tétude de la doctrine, de la jurisprudence et des devoirs du juge. —

XXXII. Du négoce et du commerce en général. — XXXIII. De Tétude de la médecine. — XXXIV. De Tastrologie ^ et de la géométrie ®. — XXXV. De la poésie.

— XXXVl. De la musique. — XXXVIl.

— Du service à la cour des princes. — XXXVIII. Des devoirs du confident du Prince ''. — XXXIX. Des devoirs, du secrétaire et du secrétariat. — XL. Itei devoirs et de Toffice du \izii9X. — XLI.

Des devoirs du commandement militaire.

— XLII. Des devoirs du prince. — XLI II. De l'agriculture et des professions manuelles. — XLIV. Des devoirs de chaque état.

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