‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 59 sur 114 · PARTIE II · texte numérisé non relu

PARTIE II

S*il te naît une fille, confie-la à des

nourrices et à des gouvernantes modestes, pieuses, capables de bien l'élever. Lorsqu'elle en aura atteint VàgQ.d^Mui enseigner les préceptes de la prièn|fÉS jeûne et tous ceux de la loi divine, th^fs ne lui fais pas enseigner Técriture'^^. Arrivée à l'âge nubile, hâte-toi de lui trouver un époux; il vaudrait mieux qu'une fille demeurât dans le néant que de naître; aussi n'est-il pour elle d'autre alternative que le mariage ou la tombe, ainsi que l'a dit le révélateur de notre loi divine, Mohammed (que les bénédictions soient sûr lui et sa descendance!) : « L'ensevelissement d'une fille est un bienfait ^^. »

Tant que ta fille réside chez toi, traitela avec bonté, car les filles dépendent absolument de leurs parents. Si les fils deviennent orphelins, ils peuvent toujours d'une manière ou d'une autre, se tirer d'affaire, mais, en ce cas, les filles se trouvent sans ressources; aussi songe d'abord à ta fille, à assurer son sort et à la marier pour t'épargner des soucis.

Si ta fille est vierge, choisis pour elle un mari qui ne soit pas engagé dans les liens du mariage, les époux auront l'un pour l'autre une affection sans mélange ^^.

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ANECDOTE

On m'a conté que lorsque Chèhrbânouyé, tille du roi Yezdidjerd *^ fut enmenée captive de Perse en Arabie, Omar*^ ordonna de la vendre comme esclave; les enchères allaient commencer quand le prince des croyants, Ali (que le salut soit sur lui!) arriva et s'écria : « Le Prophète de Dieu a délaré que les enfants royaux ne doivent pas être mis en vente **. » Il dit, les encnères furent suspendues et Cherhbanouyé fut conduite chez Selmân le persan ^® pour y résider jusqu'à l'époque de son mariage.

Comme on pressait cette princesse de choisir un époux, elle déclara qu'elle n'épouserait aucun homme sans l'avoir vu.

Elle demanda donc qu'on la plaçât à une fenêtre et qu'on fit défiler devant elle les gentilshommes arabes afin qu'elle pût choisir celui qui, parmi eux, lui agréerait. On se rendit à son désir, Selmân se mit à ses côtés et lui nomnail les personnages qui passaient en les lui décrivant à tour de rôle. Ali (que le salut soit sur lui!) vint à passer et Selmân Payant nommé, Chehrbanouyé lui dit : « C'est le un bien noble seigneur et en effet, digne

de moi, mais, en ce monde je m^humilie devant Fatimè Zohrà *° et, à cause de cela, At ne veux pas l'épouser. » Hassan, fils *aîné d'Ali *^ parut ensuite; la princesse avoua quMl était son égal par la naissance, mais qu'elle ne saurait Tépouser parce qu'il était déjà marié à plusieurs femmes. Le prince des croyants, Hosséin, second fils d'Ali (que le salut soit sur eux!) ^^ passa ensuite; s'étant enquise de sa condition, Chèhr Banouyé déclara l'accepter pour époux, parce que, dit-elle, à une vierge, il faut un mari de la même condition, or, ni lui ni moi, n'avons encore contracté mariage, et c'est là la meilleure garantie. »

Recherche pour gendre un homme d'extérieur agréable et ne donne pas ta fille à un homme laid, car le cœur d'une vierge ne s'attacherait pas à lui et il pourrait en résulter quelque disgrâce pour rhonneur du mari. 11 te faut donc choisir pour gendre un homme beau de visage, orthodoxe, prudent et capable de diriger une famille, de manière à ce que tu saches de quelle façon ta fille sera traitée. Mais il faut aussi que ton gendre soit de condition intérieure à la tienne, tant sous le

rapport de la naissance que sous celui de l'importance, afin qu'il tire honneur de ton alliance et que tu n'aies pas à te glo<»|^ rifier de la sienne; c'est le moyen pour ta fille de vivre tranquille et respectée. Si tu découvres un gendre qui réunit ces conditions, ne lui en demande pas davantage.

Ne fais pas de ta fille Tobjet d'un marché, pour que son mari ne cesse de la bien traiter et d'avoir des égards pour elle.

Donne-lui, au contraire, tout ce que tu pourras, et livre-la ainsi à son époux ; tu seras alors débarrassé d'un grand souci.

Donne ces mêmes conseils à tes amis.

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