‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 64 sur 114 · DISTIQUE · texte numérisé non relu

DISTIQUE

— « Lave-toi les mains ^, frère, de cet ami

— Qui, sans cesse, fréquente la maison de ton ennemi. »

Il est à craindre, en effet, qu'il te nuise pour plaire à ton ennemi.

Garde-toi aussi de celui qui a de l'inimitié contre ton ami ainsi que de l'ami qui, sans motif, se plaint de toi; ne recherche pas l'amitié d'un tel homme.

Ne t'imagine pas qu'en ce monde il est des gens infaillibles, mais applique-toi à acquérir des qualités, tes défauts en seront amoindris. Ne te lie pas avec des gens sans éducation, tu n'en retirerais aucun avantage.

Ne considère les amis de bouteille que

comme des comoagnons de plaisir * et non comme de vrais amis; ils iraiment que ton vin et se soucient peu de toi.

Distingue les bons d'avec les pervers et fais-toi des amis parmi les uns et les autres, mais attache-toi de cœur aux premiers et contente-loi avec les seconds de protestations; les relations avec toutes sortes de gens pourront un jour fétre utiles. En effet, on n'a pas seulement besoin de Tamitié des honnêtes gens, il est telles occasions oîi l'on doit aussi invoquer l'appui d'hommes pervers. Tu pourras, il est vrai, souffrir en quelque sorte dans ta considération de la iréquentation des seconds, mais en fréquentant aussi des gens de bien, tu regagneras auprès des autres ce que tu auras perdu aux yeux des premiers. Contente toi de vivre honnêtement et profite de tes relations avec les bons et les pervers.

Evite l'amitié d'un sot qui est pire que l'inimitié d'un homme intelligent. En effet, un sot ami fait plus de mal que cent ennemis n'en sauraient faire.

Lie-toi avec des hommes sages, sincères et aimables; en te voyant les fréquenter, on t'attribuera leurs qualités. En tous cas, préfère la solitude à la mauvaise compagnie, comme je l'exprime en ce quatrain :

— « O mon cœur, tu as fui et t'es retiré au désert;

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