CHAPITRE XXXU
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I mciicr, cependant.
comme luine [lrolc^sio^, il esl soumis à certaines règles Les sages oit dit qu'en principe, le commerce semble tout d'abord en contradiction avec la saine raisi)n. m^tis i]ae ses résultais sont cependant une des plus brillantes manifestations de rintelliiîcnce ; témoin ce pi overbe arabe : a Sans les ignorants ', le monde irait à mut. » — C'est à dire que celui
3iM par l'appiit du gain d'une obole, va e rOrient â l Occident, expose son corps ■" ■ ;ues et au^ daiiiicrs
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gands, les bêtes féçc^jb, le manque de sécurité, celui-là coàmbue sanV#ùute à la prospérité des peuples, il ii%t an^tpt
que le marchand. Mais pour s^e|Éi|l€r ainsi, ne faut-il pas avoir les yeux sillés?
11 est deux manières d'exercer le commerce et toutes deux chanceuses : Tune est d'acheter et de vendre sur place; l'au^-^ tre de faire des voyages en vue de iraf quer.
Le commerce sur place consiste à acheter au moment de la baisse dans Pespoir de réaliser un bénéfice à l'époque de la hausse; Topération est hazardeuse et il faut une certaine témérité pour acheter une denrée dépréciée avec l'espérance d^une plus value future.
J'ai déjà parlé des dangers que court le marchand voyageur; dans les deux cas, une certaine hardiesse est nécessaire.
Le marchand doit être fidèle, intègre et sincère; il ne doit pas nuire à autrui en vue de ses propres intérêts, ni les rechercher au détriment de ceux des autres.
Il ne fera d'affaires qu'avec des gens plus faibles que lui, ou s'il traite avec quelque personne plus puissante, il ne devra le faire qu'autant qu'elle est honnête et juste. Il évitera de s'engager avec des gens irop fins et avec ceux qui ne connaissent pas les marchandises, et il se gardera de traiter avec ses amis, à moins de renoncer à tout bénéfice, afin que ses relations d*a-
Tant que le marchand peut vivre sur ses fonds engagés, il n^entamera pas son bénéfice, et tant que le bénéfice lui suffira, il ne touchera pas à son capital, car là est la principale cause de la ruine. Sache que la marchandise la plus avantageuse est celle qu'on achète par livre et qu'on revend par once-, et la plus désavantageuse celle que, au contraire, Ton achète en détail et qu*on revend en gros.
Abstiens-toi de trafiquer en céréales afin d'en tirer quelque gain; celui qui se
mitié ne souffrent pas, caron a vu d'étroites liaisons se dénouer par Pappât de quelque gain. 11 ne traitera pas à crédit avec Tespoir d'augmenter son bénéfice ; il arrive, en effet, souvent, que le résultat est tout opposé à celui que Ton espérait.
S'il ne veut s'exposer à des pertes notables, il se gardera d'être négligent et in- V souciant comme je le dis dans ce quatrain :
« — Je lui disais — si je dois me séparer de toi,
— Mon cœur ne souffrira plus.
— A peine me fusje éloigné que j'ai perdu le sommeil et Tappétit.
— L'insouciance, en vérité, entraîne de vives douleurs. »
livre à ce commerce ne peut être que mal intentionné et est toujours mal famé Le dernier degré de vilenie est de mentir à l'acheteur comme je l'exprime en ce quatrain :
« — La flamme de l'amour a incendié mon cœur;
— Ma passion pour toi a courbé mon col sous le joug ^.
— J*ai acheté ton affection au prix de mon âme et de ma vie;
— Or, tu sais qu'à l'acheteur, il ne faut pas mentir. »
Le marchand ne doit livrer aucune partie de marchandises tant que le marché n'est pas conclu. En affaires, il n'est point de fausse honte; selon le dire des sages, la honte (mal à propos] engendre souvent de grands dommages. Le marchand ne doit aucun égard à la condition plus ou moins élevée de ses traitants; il ne doit pas, non plus, être charitable à l'excès, car ceux qui ont défini les principes du commerce déclarent que le premier devoir du marchand est de veiller à la conservation de son bien et le second seulement, d'exercer la charité; en observant le premier on conserve sa fortune, et. en se conformant au second, on acquiert la considération.
ANECDOTE
On m'a conté qu'un négociant traitait un jour une affaire pour la valeur de mille dinars; le marché allait être conclu lorsqu'au moment du paiement, une discussion s'éleva entre le courtier et lui sur une différence d'un carat d'or '*. Le courtier affirmait ne redevoir qu^un dinar, le marchand soutenait qu'il lui était dû un carat de plus. La contestation durait depuis Taurore jusqu'*à midi sans que le négociant consentit à céder, si bien que le courtier, impatienté, finit par lui remettre ce qu'il exigeait et se retira. Tous ceux qui avaient été témoins de la ténacité du marchand ne lui épargnèrent ni le blâme ni les reproches.
Le marchand rentrant chez lui fut suivi par le commis du courtier qui, lui baisant la main, lui demanda un pourboire ^; il lui donna le dinar et le carat qui avait été l'objet de la discussion. Le commis conta le fait à son patron, qui s'écria : t Eh î bâtard ! quelle apparence de générosité as-tu donc remarquée chez cet homme qui, pour un carat, n'a pas rougi de discuter depuis l'aurore jusqu'à midi et d'étourdir les gens de ses clameurs, pour
que tu lui aies demandé quoi que ce soit? — Le commis ayant exhibé les pièces d'or, le courtier demeura interdit :
« Dieu soit loué! se dit-il, ce garçon n^est pas beau ; en outre, ce n'est qu'un enlant; je ne puis cependant attribuer à nulle autre cause qu'une mauvaise pensée, un acte aussi généreux de la part d'un homme aussi avare. » — Puis, il se mit à la recherche du marchand; l'ayant rejoint, il lui dit : « iMaître, je viens d'apprendre un tait surprenant de ta part; pendant des heures entières, tu as disputé au sujet d'un carat, et, ayant encaissé le prix du marché, tu as donné à mon commis l'appoint que tu discutais avec autant d'acharnement, comment accorder cette contestation si longue et si mesquine avec cet acte si généreux? » — Ne sois pas surpris, maître, reprit l'autre, je suis marchand et c'est un des axiomes de ma profession que celui qui, en affaires, se trouve lésé d'une obole, est lésé de la moitié de son existence, mais que, par contre, il doit se montrer généreux sous peine de faire l'aveu tacite d'une origine vulgaire; or, je n'ai voulu ni être lèse ni m'exposer à passer pour être de basse extraction. »
Le marchand dont le capital est minime
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ne doit pas prendre un associé à moins que celui-ci ne soit riche, généreux et modeste, afin que, dans les moments difficiles, il puisse en être assisté. Il n'achètera pas des objets qui, pour être vendus, nécessitent une nouvelle mise de fonds, parce qu'il ne peut savoir la limite précise des frais qui seront exigibles. Il se gardera d'acheter des marchandises sujettes à détérioration, non plus que des choses avariées ou endommagées. Il n'aventurera pas son capital sur une simple chance, à moins qu'il ne soit assuré qu en cas de perte, elle ne dépassera pas la moi* tié de la valeur engagée.
Si on lui remet une lettre avec prière de la faire parvenir à une personne déterminée, il prendra d'abord connaissance de la teneur, car bien des désagréments sont causés par suite de lettres remises toutes scellées à cause de l'ignorance où celui (;^ui la reçoit est de Tétat des choses et des limites que le mal peut atteindre.
Cependant, il se fera scrupule de lire les lettres dont le chargeront les indigents ^.
A son arrivée en quelque lieu, le marchand se gardera de répandre des nouvelles sans fondement ou d'annoncer le décès d'une personne quelconque"''; il se bornera à n'apporter que d'heureuses nouvelles et des félicitations.
11 évitera de voyager isolément; ayant trouvé un compagnon, il campera à Té-
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tape avec ses ballots au milieu des gens
3ui composent la caravane. Il se gardera e se mêler aux gens armés, ce sont les premiers que les brigands attaquent, et s'il voyage à pied, il n'ira pas en compagnie des cavaliers. Il ne demandera pas son chemin au premier venu, car si celuici n'est pas honnête, il arrivera souvent qu'on l'induira en erreur; s'il est obligé de prendre un guide, il le fera passer devant lui et ne le suivra qu'à distance. Il saluera cordialement ceux qu'il rencontrera ^: il se gardera d'assumer une apparence misérable et de tromper les agents du fisc, il ne manquera pas cependant de gagner leurs bonnes grâces par de bonnes paroles.
Le marchand ne doit pas se mettre en chemin sans provisions, et, s'il voyage en été, il n'omettra pas de se munir de vêtements d'hiver quoiqu'il ait à traverser des pays peuplés et florissants. Il aura soin de contenter le chef et les muletiers de la caravane. Lorsqu'il descendra en quelque lieu, il ne se liera pas avec toutes sortes de gens et s'attachera un courtier sûr et honnête. Il recherchera la compagnie de trois sortes de personnes : les gens de sentiments élevés et bons vivants; les gens riches, influents et généreux; enfin les gens qui ont une parfaite connaissance des routes et des contrées.
Le marchand s'exercera à supporter
• également la chaleur et le froid, la faim yij^ et la soit et évitera de s'abandonner aux douceurs du repos, de manière qu'en cas de besoin, il ne soit pas sensible à la fati^ ^ue. Fais toi même ce dont tu peux t'acf quitter et ne remets à personne le soin de tes affaires, car le monde est trompeur.
Sache que le meilleur capital du marchand se compose de Tinté^rité et de la piété. En affaires, sois actif et habile, mais sois aussi honnête et sincère. Achète beaucoup et vends de même '•*. Autant que possible, ne traite pas à crédit; si cependant tu dois le faire, choisis tes clients; ne fais pas de crédit à ceux dont les moyens sont limités, ou dont les affaires périclitent, aux grands ni aux mineurs, aux magistrats, à leurs assesseurs, aux Moftis ni aux courtisans; si tu traites avec ces sortes de personnes, tu ne pourras t'en tirer et tu ne tarderas pas à t'en repentir.
Ne crois pas à l'honnêteté du premier venu et ne te tie pas à ceux que tu n'as pas éprouvés; ne crains pas de renouveler tes épreuves sur ceux que tu connais déjà.
Cependant, n'abandonne pas en faveur d'un inconnu celui qui t'a donné des preuves, parce qu'il te faudra bien du temps pour le remplacer, selon le proverbe : «1 Une bête féroce éprouvée est préférable à un homme inconnu ^^. »
Eprouve Thomnie par l'homme. Ne fais
pas aux autres ce qifi te déplairait de leur part. Eprouve rhomme par ses actions et %m non par ses paroles, car un moineau au .cpmptant vaut mieux qu'un paon à cré-
** Tant qu'en terre ferme tu trouves à réaliser un bénéfice de cinq pour cent, ne t'aventure pas en mer par Pappât d'un gain de cent cinquante pour cent; les voyages mariiimes ne rapportent qu'au prix de grandes fatigues et exposent la vie et les biens à de terribles dangers ^-. Les biens peuvent sans doute aussi périr à terre, mais du moins, la vie y est sauve; or les bien perdus peuvent se recouvrer, mais nous ne disposons que d'une seule existence. On a comparé les voyages sur mer à la cour des rois où l'on s'élève rapidement , mais où la chute n'est pas moins prompte. 11 est cependant permis si l'on en a les moyens et par curiosité, de faire quelque traversée, ainsi que l'a dit le Prophète : « Prenez une fois la mer et admirez la grandeur de Dieu ! »
En affaires, il t'est permis de chercher à réaliser un bénétice plus élevé que d'usage, mais il devra être cependant proportionné à la valeur de la marchandise.
Ne confie à nul autre le soin de tes affaires, selon le proverbe : « Il ne faut se servir de la main d'autrui que pour saisir un serpent. » — Tu tiendras un compte exact de tes profits et pertes, afin d'éviier
toute erreur sur Tétat de ta situation.
Règle exactement tes comptes avec tes commettants et tes clients. Ne t'engage jamais par écrit, afin que si tu te trouves dans le cas d^opposer une dénégation, ii te soit possible de le faire. Rends-toi sans cesse un compte exact des profits et pertes de ta maison et de ton commerce, afin d'être, à tout moment, au courant de tes affaires. ^
Ne trompe perfbnne, car celui-là commet une erreur qui en agissant frauduleusement, croit nuire à autrui ; il ne lèse que lui-même.
ANECDOTE
On raconte qu'un homme, propriétaire d'un grand troupeau, avait un berger vigilant et honnête qui, chaque jour, trayait ses brebis et lui en apportait le lait. Le maître coupait d'eau le lait par moitié et l'expédiait au marché. Le berger ne cessait de le reprendre et de l'engager à ne pas tromper les vrais croyants, d'autant plus, disait-il, qu'a la fin, le fraudeur porte la peine de son dol. Le maître ferma l'oreille aux admonitions de son berger et continua ses errements, lorsqu'un soir, celui-ci hébergea son troupeau dans un ravin et
s'*étenJit pour dormir sur un point élevé du talus On était au printemps, un orage survint dans la montagne, la pluie fondit en torrents ei, s'engouffrant dans le ravin, emporta le troupeau qui périt tout entier.
— « Et Von dit que la pluie tombant goutte à goutte,
— Finit par emporter le troupeau tout entier. »
Abstiens-toi donc, autant que possible, de toute fraude; celui qui a trompé une fois n'inspire plus aucune confiance. Sois honnête, la bonne foi est la meilleure règle de conduite. Sois coulant en affaires; suppose que tu peux gagner un pour dix, tu auras fait plus promptement un bénéfice égal en concluant deux marchés et en te contentant d^un demi ^^,
Ne promets pas légèrement, mais une fois engagé, sois fidèle à ta promesse. Ne mens pas en affaires et Dieu bénira ton travail.
Agis avec prudence dans le cas où tu dois recevoir ou délivrer une obligation et ne remets jamais un titre de ce genre avant d'avoir reçu ce qui t'est dû.
Partout où tu arriveras, empresse-toi de te créer des relations. Si tu te rends en quelque lieu où tu es inconnu, aie soin de le munir de lettres de recommandation de
la part de personnes honorables; tu pourras même, à l'occasion, te présenter toimême, c'est là matière à appréciation qu'on ne saurait déterminer à l'avance; en tous cas, il n'y a là riesi'^e^nuisible.
Ne prends pourcompa^jS^ de route ni un sot, ni un homme sn^^niœurs, selon le proverbe : — « Enquiers-toi d'abord de ton compagnon, ensuite seulement de l'état de la route. »
Ne fais pas méhlir celui qui te témoigne de la confiance. N'achète aucune chose sans l'avoir vue ou payée. S'il s'agit de vendre, informe-toi d'abord du tarif ^^ et ne contracte qu'en bonne et due forme, afin d'être à l'abri de tout litige ju/iiciaire. " . >.^\^-
Administre sagement ta maison,' .liSlué bonne économie domestique est indispensable et évite le gaspillage. Chaque année, à l'époque de l'abondance, tu achèteras, tout à la fois, toutes les p.'-ovisions nécessaires à l'alimentation de ta maison, et quant aux choses de consommation courante et dont les prix seront avantageux, tu t'en procureras une quantité double de celle qui t'est nécessaire. Tu auras soin de te tenir au courant des tarifs; s'ils sont élevés, tu revendras la moitié de ce que tu as en magasin : de la sorte, tu vivras gratuitement pendant une année sur le reste.
Tu ne fais ainsi aucun tort, tu ne saurais donc être blâmé ni taxé d'avarice; celte
façon d'ai;ir est conforme aux principes d^une saine économie domestique, et n'a rien de sordide ou dont on ait à rougir.
S^il survifiigùguelque dérangement dans Tadministrà^pide ta maison, clierche à y remédier liif'un accroissement de revenu, atin de combler le déficit. Si lu n'y peux réussir, règle tes dépenses sur tes revenus.
Si tu n'es pas destiné à exercer le commerce et si tu désires embrasser une profession libérale, sache qu'après la théologie il n'est pas de science plus noble que la médecine; le Prophète Ta déclaré : — f 41 ^st deux sciences, la théologie et la
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