QUEL SONGE
Lis d'un trésor suave Quel songe exquis ou grave Hante ton beau loisir?
Que je voudrais entendre Ton âme frôle et tendre M'avouer son désir!
Te |)laît-il voir écloses (Moi, l'espoir m'en a fui) Sur la terre, les roses, Des rêves de la nuit?
Veux-tu que plus de grâce Se peigne dans tes yeux?
O ciell Un tel vœu passe Les plus audacieux.
Aux rives du Cocyte Puiserons-nous des pleurs Pour le chagrin qu'excite L'injuste mort des fleurs En ton sensible cœur?
Douce, indécise, parle, Quel est ton souhait, Dis?
Est-ce régner sur Arles, Epouse d'Amadis, Ou, Vierge, au Paradis?
O bavard, que m'importent Tes chers mots tissés d'or 1 Dis, toi, vivrai-je encor Lorsque je serai morte?
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SUPUKMK AKOMi:
A a. ESSAl'LT.
Heine, lu le bouches le nez, Trouvanl ces odeurs discourloises Qu'exhalent à plus de vingt toises (]es trépassés infortunés.
Hoi, tu juges l'olfense grave:
Ces morts, placés là devant toi, Qui ne sont pas morts par la loi, O Majesté, quelqu'un le brave.
O Reine et Roi, vous vous penchez Au-dessus des bières ouvertes, Où, dans leurs frocs d'ordures vertes, Les bons défunts dorment couchés.
Et, quitté tout penser futile.
Vous êtes par la peur saisis.
La peur sort comme un long reptile Des vieux cadavres bien moisis.
« Quoi Reine, vos 3'eux, deux trous vides, « Un os rongé votre front blanc? — « Roi votre corps leste et galant « En proie à tant de vers avides? » —
« Mais l'àme, Reine, en vérité, « Est immortelle. » — « O Roi, je jure « Que je ne saurais en douter « A sentir telle pourriture. »