LE MOULIN
Moulin (le mort jamais ne chôme.
Toujours moud- il le pur froment.
Toujours fait-il farine blanche abondamment. Ah ! c'est le meilleur du royaume.
La Mort est le moulin, la meule et le meunier. Elle ne veut point d'aide, elle travaille seule. Elle est en même temps à la vanne, au grenier. La Mort est le meunier, le moulin et la meule.
Vous qui riez, ayez la mine moins hautaine. Je vous attends au jour du sanglot et du cri. Vous pleurerez, vous supplierez. Il est écrit : Tout grain sera broyé, toute semence est vaine.
51 ItliMÎ-ALUIiin Fl.lXJn'
LA MOHT
La pelouse d'un ciel très tendre S'emplit de violettes d'or, Des astres-fleurs semble descendre Un charme de suave mort.
Et ce que j'aime sur la terre De cette inlluence est baigne.
Voilà donc l'eau qui désaltère ; Va, calme-toi, cœur indij^né !
Goûte cette douceur, ô goûte Ce présent du destin courtois.
Toute ame au néant coule toute.
C'est la pluie aux pentes des toits.
() savoure, apprécie, admire !
Trois petits tours et s'en alla.
Brûle, mon ccL'ur, encens et myrrhe, Tu n'aurais pas trouvé cela.
Pour qu'ils restent à jamais vides — Objet vraiment digne de los — Le Sort fabrique des tonneaux Dont nous sommes les Danaïdes.
Vois, ô mon cœur, le ciel très tendre S'emplir de violettes d'or. Vois des étoiles-fleurs descendre Un charme afl"reux d'affreuse mort.