A BOUT
A Madame GLEMliODSKA.
Je sens des tristesses grandes Monter du fond de mon sort.
Je vois s'ouvrir de blêmes landes Où tous les genêts sont morts.
Un abattement plus vaste Qu'un ciel d'automne désolé Pèse sur moi. Adieu, vieux faste De mon espoir écervelé.
L'herbe sèche de la garrigue N'a pas de plus fine senteur Que celle qui para mon CdHir Aujourd'hui rompu de fatigue.
Le golfe heureux qui se déploie Ne rit pas à la chirté mieux Que mon ccmir naguère à la joie De l'univers prestigieux.
J'ai reçu moins d'or que de cuivre Et j'ai porté de lourdes croix.
Je suis à bout, moi qui fus ivre De vie excessive et sans lois.
2\ HKNK-AlJil.l'. I M.l.l HV
Ma k'vrc se passe (!(.'.> lèvres VA les lem|)s sont bien révolus Où le bouc l'écliiUKiil les chèvi'es.
() Sexes, jouets suj)eiilus !
Je n'ai j)lus faim d'aujore en gloire, Je n'ai j)lus soil" d'ininienses mers.
Toutes visions nie sont noires Et tous rcves me sont amers.
Des pahnes décorent nia i)orte VA la Louani^e attend au seuil.
Je n'ouvrirai pas. Que m'importe?
Je ne crois ])lus à mon orgueil.
Savez-vous bien, vous, les liobustes, Qui m'appelez débilité, Kt vous, savez-vous bien, les Justes, Qui condamnez ma lâcheté :
Quand vous serez dans votre boîte Plus raides que des chambellans.
Vous aurez la mine fort coite, Les gestes infinimcnts lents.
Votre poussière et ma poussière Seront tout à fait similaires.
La Mort paraît à l'horizon Et fait signe que j'ai raison.
LE CADAVIU-: I:T Lies H.OSLS 2.)