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SEMIS

En Arabie, la plupart des plantations se font au moyen de jeunes plants que les indigènes se procurent dans les montagnes ou dans les anciennes plantations, et qui proviennent de grains tombés au pied des caféiers et qui ont germé sur place, ou de grains transportés parles oiseaux et d'autres animaux.

Nous avons vu nous-mème au Congo français des plantations alimentées de cette façon par des plants de deux ou trois ans que les indigènes se procuraient dans les forêts et qu'ils vendaient sur le pied de 60 francs le mille environ.

Mais, on le comprend facilement, une telle façon de procéder présente de sérieux inconvénients, car il n'est jamais possible d'obtenir une plantation régulière avec des plants qui sont nécessairement d'âge très variable.

Aussi les plantations sont-elles habituellement alimentées par des semis ; c'est, sans contredit, la meilleure manière de procéder. Les semis en place ne peuvent guère donner de bons résultats en raison

des soins qu'exigent les jeunes plants de caféiers et qui seraient, dans ce cas, trop dispendieux; on pratique à peu près toujours les semis en pots ou en pépinières.

Semis en pots. — En Arabie, les semis se font parfois dans des vases que Ton remplit d'un mélange à parties égales d'argile et de sable ; cette opération peut avoir lieu en novembre ou au printemps, mais la germination est un peu plus longue dans le premier cas. Les Arabes ont l'habitude de couper les deux extrémités de la baie et de l'enfoncer par son sommet à deux travers de doigt dans la terre. Jusqu'à ce que la germination soit parfaitement opérée et que les premières feuilles se soient développées, on a soin d'arroser une fois par jour, mais de manière à entretenir l'humidité de la terre sans trop la laver. Ces caféiers sont élevés dans le vase où la graine a germé jusqu'à l'âge d'un an; mais il n'est plus nécessaire, au bout d'un certain temps, de leur fournir autant d'eau qu'au début de la germination.

Au Brésil, dans la zone de Rio, comme dans celle de Santos, on suit encore très souvent l'ancienne coutume qui est d'utiliser les jeunes plants qui poussent naturellement soit dans la plantation, soit dans la forêt où les graines sont transportées par les singes ou les oiseaux. On transplante ces jeunes caféiers quand leur tige a acquis le diamètre d'un crayon ordinaire et on a soin, à ce moment, de sectionner la tige à o™,2o environ au-dessus du collet. Le repiquage se faisait autrefois dans des trous peu profonds, pratiqués à la houe, sans aucun soin, généralement au début de la saison des pluies pour éviter les arrosages.

CHOIX DES SE}fENCES — SEMIS C9

Mais les planteurs du Brésil ont fini par reconnaître Futilité des semis en pots ou en pépinières.

Les semis en pots jouissent d'une certaine faveur, car la transplantation se fait ensuite plus facilement. Mais la dépense supplémentaire occasionnée par l'achat des vases est assez grande, quand on se propose d'établir une plantation très étendue (i). Les pépinières nous paraissent plus avantageuses pourvu qu'elles soient créées dans de bonnes conditions.

Cependant, comme ces plantations en pots sont usitées en beaucoup d'endroits, nous devons en dire quelques mots.

Au Brésil, on emploie communément des pots en terre poreuse et on les choisit de deux grandeurs; les graines sont d'abord semées dans les petits, puis, plus tard, les plants sont rempotés dans ceux de la plus grande taille. On remplit les pots d'un mélange d'argile, de sable et d'humus.

Les pots en bambou sont particulièrement avantageux en raison de leur bon marché. Dans les pays où se trouve abondamment ce précieux végétal, on coupe la tige en tronçons par des sections transversales pratiquées à o",02 ou o™,o3 au-dessous de chaque nœud. On obtient ainsi des vases cylindriques ouverts à une extrémité et fermés à Tautre. On perce le fond pour laisser écouler l'eau ; quelques petites pierres plates recouvrent ce trou pour empêcher la terre d'être entraînée, et on remplit le pot avec de la terre jusqu'à o™,o3 environ du bord. Ces pots en bambou sont très pratiques car, étant très profonds, ils permettent à la racine de se développer libremenl ; de

(i) Environ 55 francs le mille au Brésil.

plus, les parois n'étant pas poreuses, la terre se maintient plus fraîche que dans les vases en terre, ce qui constitue un avantage très appréciable. Enfin, ils ne sont pas fragiles et sont fort peu coûteux.

Dans quelques pays, on se sert de vases fabriqués avec de Targile et de la bouse de vache. Ces vases peuvent être mis en place avec le plant qu'ils contiennent. La partie inférieure, une fois dans la terre, se ramollit bientôt et se laisse traverser sans difficulté par la racine.

Semis en pépinières. — Si le planteur préfère le semis en pépinières, il fera bien de rechercher pour la création de cette pépinière un terrain peu éloigné de Feau, car les jeunes pousses devront être maintenues dans un état d'humidité suffisante, et pour cela être arrosées tous les jours. Ce serait d'ailleurs une grave erreur que de rechercher un terrain naturellement humide, afin de s'épargner le travail d'un arrosage journalier.

Ensuite, le sol doit être travaillé jusqu'à environ o",5o ou o'",6o de profondeur, car si les racines des jeunes pousses venaient à rencontrer des pierres ou d'autres racines, elles subiraient une torsion plus ou moins prononcée qui constituerait pour l'avenir une entrave sérieuse à la croissance et à la prospérité de la plante.

Un sol à la fois argileux et sableux, mélangé d'humus, convient parfaitement à rétablissement de la pépinière.

Nous ne croyons pas qu'il soit utile, ni même qu'il soit prudent, de fumer le sol d'une pépinière; les plantes, il est vrai, présenteront une croissance plus rapide au début; mais, plus tard, au moment de la

transplantation, ne trouvant plus dans le sol nouveau où on doit les transporter les substances nutritives qu'elles recevaient en abondance dans la pépinière^ elles souffriraient davantage.

Cependant, Dafert recommande de fumer les platesbandes et de repiquer plusieurs fois en espaçant de plus en plus les plants jusqu'au moment où on peut les mettre en place. Au bout d'un an ou un an et demi, on peut installer ces plants dans des paniers en lianes de o",25 sur o'^jSS, qu'on met en terre en temps opportun. Par ce procédé, le déchet est tout au plus de i pour 100, tandis que par les anciennes méthodes on perdait souvent plus de la moitié des plants.

Les plates-bandes doivent présenter i mètre à i'",20 de largeur environ et être séparées par des sentiers de o™,3o à o",35 pour permettre l'arrosage et l'entretien de la propreté.

Il est bon de donner aux plates-bandes la direction est-ouest, car au moment où on devra les couvrir d'un toit, elles seront moins exposées au soleil du matin et du soir. En effet, si elles avaient la direction nord-sud, par exemple, malgré la présence d'un toit, les plates-bandes recevraient le soleil le matin et le soir.

Il n'est pas inutile d'ameublir le sol des sentiers comme celui des planches, de façon à permettre une plus libre circulation de l'eau en cas de pluies abondantes.

Perpendiculairement aux sentiers, on trace dans la planche des lignes parallèles espacées de o™,i5 à o™,2q les unes des autres, et sur ces lignes on marque des trous ào™,o8 ou o™,io. On y place les graines à o™,oi ou o™,02 de profondeur, et on les recouvre de terre

finement broyée. Les graines doivent être placées à la main dans ces trous; le dos du grain, c'est-à-dire la partie arrondie, tourné vers le haut.

Pour éloigner les insectes, et aussi dans le but d'enrichir le sol en matériaux nutritifs on mélange de cendre de bois la terre fine qui sert à recouvrir les graines; ou bien on se contente de saupoudrer la surface du sol avec cette cendre de bois. On recouvre ensuite le tout d'une couche de o",o5 environ de feuilles mortes ou de paille hachée pour empêcher la surface du sol de se dessécher trop vite sous l'influence du soleil.

Avant l'apparition des jeunes plantules à la surface du sol, ce qui a lieu au bout de six semaines environ, on enlève l'abri de feuilles sèches ou de paille et on le remplace par un toit. Pour cela, on plante de distance en distance, au milieu de la planche, des pieux de bambou ou de tout autre bois; ces pieux supportent des traverses sur lesquelles se placent de longues baguettes. On recouvre le tout de feuilles de palmier ou de canne à sucre. Cette disposition permet d'effectuer facilement les travaux- d'arrosage et de sarclage.

On doit soigneusement enlever les mauvaises herbes dans la pépinière aussitôt qu'elles apparaissent, car, si on les laissait, on risquerait fort d'arracher en même temps les jeunes caféiers quand on voudrait effectuer un sarclage.

Dans certaines plantations d'Amérique, on fait les semis à o™,o5 ou o",o6 dans les planches, et, au bout de 6 à 9 mois, on transplante les jeunes caféiers dans une nouvelle pépinière de façon à les espacer de o™,4o à o"*,45. Ils restent i8 à 20 mois dans cette deuxième pépinière avant d'être transplantés. Mais

outre que cette pratique ne peut être suivie que dans les pays où la main-d'œuvre est particulièrement peu coûteuse, il est évident que ces transplantations successives peuvent enrayer le développement des caféiers et endommager leurs racines.

Quant aux semis en place, ils sont peu pratiqués; mais avec des soins et dans certaines conditions particulières, ils donnent d'excellents résultats, puisqu'ils suppriment la transplantation qui est toujours préjudiciable aux caféiers. On a soin, dans ce cas, de creuser et d'ameublir le sol profondément en chaque point où devra se faire un semis et on y sème 2 ou 3 graines. Si les trois graines fournissent des plantules, on arrachera plus tard celles qui ne sont pas de belle venue et on ne laissera en chaque point que les plus beaux plants. Les plants arrachés serviront d'ailleurs aux remplacements dans les points où les graines n'ont pas germé.

Dans certains pays, on pratique les semis de pépinière quelque temps avant la saison des pluies, ce qui dispense d'arroser; mais quand les semis ne sont pas faits dans ces conditions, il est bon d'arroser les planches au moins tous les deux jours, soit le matin après le lever du soleil, soit le soir après le coucher du soleil.

Il sera toujours utile d'entourer la pépinière d'une haie ou d'une clôture assez élevée pour empêcher les déprédations causées par le passage des animaux.

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