‹ Le café: culture-manipulation, productionChapitre 22 sur 116 · CD · texte numérisé non relu

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Ces formules n'ont rien d'absolu ; le planteur pourra les varier à l'infini d'après la composition du sol et surtout suivant la facilité avec laquelle il peut se procurer l'une ou l'autre de ces substances. Il est évident, par exemple, que ce serait un luxe inutile de fournir de l'azote ou de la potasse à un sol qui contient déjàcesdeux éléments en suffisante proportion.

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Pour ce qui concerne l'application des matières fertilisantes, le mieux sera de mélanger dans le trou, avant le repiquage, les substances difficilement solubles. Dans la province de San Paulo, on mélange les fertilisants avec un poids égal de terre fine et on l'ait passer plusieurs fois dans un tamis. A la fin de la récolte, on profite des banneaux qui ont servi à apporter le café pour transporter à la plantation les

■ Il LE CAFÉ

fertilisantK divers et le fumier. A l'arrivée, chaque ouvrier reçoit un sac pouvant contenir environ 3o kilos qu'il s'attache par devant, et une boite en fer-

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blanc (boite de conserves) correspondant à la dosenécessaire pour un arbre. Ainsi outillé, il arpente une rangée en distribuant l'engrais aux arbres; derrière lui vient un deuxième ouvrier qui bêche à la

houe autour du tronc et enterre immédiatement l'engrais qui vient d'être distribué.

Au sujet de l'emploi des engrais minéraux, il ne sera peut-être pas inutile de mettre le lecteur en garde contre une erreur qui est universellement répandue. Si on fait effectuer l'analyse d'un sol et si cette analyse y décèle par exemple une forte proportion d'acide phosphorique, on est tenté d'en conclure que tout apport nouveau d'acide phosphorique est absolument inutile. Des expériences effectuées à Downton, en Angleterre, et rapportées par M. Grandeau, montrent qu'il est loin d'en être ainsi. En effet^ le sol du champ de Downton contenait 0,26 pour 100 d'acide phosphorique dans la couche superficielle de o'",3o d'épaisseur, soit 7,5oo kilogrammes à Thectare. Or, il a sufH d'ajouter moins d'un centième de ce poids,, soit 72 kilogrammes d'acide phosphorique à l'hectare pour provoquer un excédent considérable de récolte. « On ne peut donc considérer a priori la réserve du sol en principes fertilisants comme ayant une valeur agricole et partant, une valeur argent comparable à celle des matières que l'on y introduit par la fumure. »

Résultats obtenus. — 11 n'est pas encore possible,, dès aujourd'hui, les expériences étant trop récentes^ et trop peu nombreuses, de synthétiser les résultats des fumures pratiquées sur les plantations de café. Cependant, nous tenons à rapporter les faits signalés par M. Dafert. En 1898, la station agronomique de San Paulo, prenait possession d'une plantation de caféiers âgée de 16 ans, qui se trouvait abandonnée et dont le rapport couvrait à peine les frais de récolte mais qui, dans ces conditions, s'offrait comme un terrain d'expériences tout à fait favorable. On cora-

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mença par nettoyer soigneusement la plantation dont les 5,5 12 arbustes donnèrent pour la récolte de iSgS- 1894 5,4oo litres de cerises ou 8io^«%5oo de café en grains, soit par arbre o^**',98 de café en cerises et o^*'',i5o de café en grains.

Immédiatement après la récolte, on fumait tous les caféiers malingres après avoir pioché le sol avec soin. La plantation s'améliora à vue d'oeil en trois mois. Les boutons étaient surtout nombreux sur les arbustes fumés et les fruits.se formèrent normalement.

Les 5,5i2 caféiers rapportèrent pour la campagne 1894-1896 :

28,100 litres de cerises, soit 4,496 kilogrammes de café ou, par arbre, 5^,i de cerises, et o'^^'^jSio de café en grains.

L'exemple suivant est encore fourni par Dafert :

RÉCOLTE DE 5o CAFÉIERS, ÉLEVÉS A L'INSTITUT AGRICOLE

DE GAMPINAS (par arbre).

Sans fumier.

Avec fumier.

Planté.

Planté.

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D'autre part, le D*" James Warn poursuit depuis 10 ans à Itapira (Brésil), des expériences de culture intensive par l'emploi du fumier d'étable et la production de ses i5,ooo caféiers s'élève, paraît-il, à 2"*'", 5 par arbre.

Au Gi»atémala, un planteur a obtenu de très bons résultats avec un mélange de nitrate de soude, de sulfate de potasse et de superphosphate double.

On voit, par ces exemples, tout le parti que les

ENGRAIS lab

planteurs peuvent tirer de l'utilisation rationnelle des fumures organiques ou minérales qu'ils ont à leur disposition ou qu'il leur est possible de se procurer facilement. Nous ne pouvons que répéter en terminant ce que nous disions au début : les terres indéfiniment fertiles et inépuisables sont rares, si toutefois elles existent. Il appartient au planteur de les modifier par des amendements ou par des fumures appropriées afin d'obtenir un maximum de rendement.

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