‹ Le café: culture-manipulation, productionChapitre 26 sur 116 · CAFÉ D'ARABIE · texte numérisé non relu

CAFÉ D'ARABIE

Café fraîchement dépulpé. .

Café en parche, lavé et humide.

Café en parche, lavé et sec. .

Café marchand, prêt à être livré an commerce

100 kilogr.

de café en cerises,

frais, donnent'

60 kilogr.

ao

100 litres

de café en cerises,

frais, donnent

48 litres.

Enfin, 100 litres de café en cerises pèsent en moyenne 85 à 90 kilogrammes. Mais il est bien entendu que ce sont là des moyennes qui n'ont rien d'absolu et qui sont susceptibles de varier dans des limites assez étendues, suivant les pays.

Les dépulpeurs sont généralement placés à proximité des bassins et dans le même bâtiment, comme l'indique la figure 29.

Ce croquis montre suffisamment la disposition relative des différents bassins pour qu'il soit inutile d'y insister. Faisons cependant remarquer que le sol de ces différents bassins présente une inclinaison de 0,5 à I pour 100, afin de permettre l'écoulement de l'eau. Le bassin de lavage est généralement un peu plus profond que ceux de fermentation (o™,25 à o™,3o en plus). Quant aux bassins E et F, ils sont destinés

à recevoir le café après lavage pour le faire égoutter sur leur fond percé de trous avant de le porter aux aires de dessiccation. Le bassin F est spécialement

GuiafûeUdorvdç'l'éaU' tv L'arrùfèe' |

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tdpeur

PiG. aQ. — Disposition qu'on peut donner aux citernes de fermentation et au

bassin de lavage.

<lestiné à recevoir le café léger qui flotte sur le bassin <le lavage et qui est de qualité inférieure.

Dans la plupart des plantations, les dépulpeurs ne fonctionnent que dans Taprès-midi, quand une suffi-

i54 LE CAFÉ

santé quantité de café est déjà arrivée. En règle générale, le café récolté doit être dépulpé le même jour, cai'il se produirait un commmencement de dessiccation qui nuirait à l'opération. Aussi est-on souvent obligé de continuer le travail du dépulpage pendant les premières heures de la nuit. En général, la matinée est occupée par les opérations du lavage.

Le café dépulpé dans une journée est ensuite jeté dans celui des deux ou trois bassins de fermentation qui se trouve libre à ce moment. On le recouvre d'eau qu'on laisse ensuite s'écouler par des vannes percées de trous. La fermentation exige 4o à Goheures, suivant le climat. On peut donc commencer le lavage dans la matinée du deuxième ou troisième jour après le dépulpage. Il en résulte que les bassinsse trouvent libres les uns après les autres. La fermentation du café de Libéria est plus longue que celle du café d'Arabie ; elle exige quatre ou cinq jours. Il faut donc un nombre correspondant de bassins de fermentation.

Lavage. — Quand la fermentation est terminée dans l'un des bassins, on ouvre la porte de communication avec le bassin de lavage et le courant produit par la différence de niveau entraîne le café. Quand le bassin de lavage contient une couche de café d'environ o", 20 de hauteur, on ferme la vanne de communication et on laisse encore venir de l'eau, de façon à couvrir le café d'une couche de o™,ioà o"\t5 d'eau. Puis, des travailleurs entrent dans le bassin armés de râteaux de bois et remuent le café. L'eau devient bientôt mucilagineuse, car la pulpe qui restait adhérente et qui a été désorganisée par la fermentation se dissout dans l'eau ; on renouvelle alors

PBÉPARATION DU CAFÉ

Feau du bassin de lavage et on recommence cette opération trois ou quatre fois, jusqu'au moment où le café ne cède presque plus rien à Teau. Le café le plus léger, que le brassage amène à la surface de l'eau, est poussé sur la plate-forme F. Le resle du café est rejeté dans le bassin E, à fond percé de trous; il

TosjmSf£^^,

FiG. 3o. — Disposition d'un appareil vertical pour le lavage du café.

s'y égoutte pour être ensuite transporté aux aires de séchage.

Dans beaucoup de nouvelles plantations, le café n'est pas agité dans le bassin de lavage à main d'hommes, mais par un mécanisme spécial. Ces bassins sont circulaires; au milieu se dresse un arbre vertical qui porte des palettes destinées à remuer le café dans l'eau (fig. 3o). Le même moteur qui met en mouvement les dépulpeurs sert aussi à actionner

Taxe de raj)j)areil de lavage par rintermédiaire d'une courroie de transmission.

D'autres appareils de lavage consistent en cylindres dans lesquels un axe horizontal, tnis en mouvement par un moteur spécial, porte de nombreuses petites palettes qui servent à agiter le cale dans le courant d'eau qui traverse le cylindre d'une façon continue (fig. 3i).

FiG. 3i. — Appareil horizontal pour le lavage du café. Une ouverture pratiquée dans lo cylindre près de son extrémité permet de voir les rayons fixés sur Taxe.

Séchage. — La dessiccation du café est sans contredit l'une des opérations les plus importantes, et le planteur doit y donner tous ses soins, car le café mal séché s'altère très rapidement au grand détriment de sa valeur marchande.

Dans les petites plantations, on se contente de le faire sécher au soleil sur des aires en terre battue ; parfois même, on étale sur le sol des nattes de coir (coco) avant d'y apporter le café, et c'est là, certainement, une précaution qui n'est pas inutile, surtout quand le sol n'est pas suffisamment argileux pour former une aire un peu dure.

Dans les nouvelles plantations, on ne se contente plus de ces aires primitives; on construit des terrasses cannelées et cimentées, entourées par des murs de

o™,3o OU o"*,35 de hauteur. L'asphalte ne peut pas être employé, car il se ramollit sous l'influence de la chaleur du soleil ; de plus, il pourrait communiquer une odeur désagréable au café. Ces terrasses ont habituellement loo à 200 mètres carrés de surface ; elles sont un peu surélevées en leur milieu et sur le pourtour se trouve une petite rigole couverte d'un treillis, pour l'écoulement des eaux de pluie.

Le café est répandu sur le sol de ces terrasses de façon à former une couche de o"*,o8 d'épaisseur (largeur de la main). Il faut donc environ 12 mètres carrés pour étaler un mètre cube de café.

La durée de la dessiccation est très variable ; parfois elle dure quelques jours seulement; tantôt elle exige plusieurs semaines.

Quand la pluie n'est pas à craindre pour la nuit, on ne rentre pas le café, mais on le rassemble en tas qu'on recouvre de nattes, de plaques de zinc ondulées, etc. Si la pluie est à craindre pendant la nuit, il vaut mieux rentrer le café ; c'est d'ailleurs ce que l'on fait, môme pendant le jour, aussitôt que le temps devient menaçant. Mais ces transports successifs exigent beaucoup de main-d'œuvre ; pour obvier en partie à cet inconvénient, dans un certain nombre de plantations, on place le café dans des caisses peu élevées analogues à des tiroirs. Quand on craint la pluie, il est très facile de porter ces tiroirs à l'abri (fig. 18, page iSy). On construit môme spécialement pour cet usage des bâtiments très étroits dont les façades principales sont tournées vers le levant et vers le couchant de façon à emmagasiner la plus grande quantité possible de chaleur. Les parois de ces bâtiments peuvent ôtre en tôle et glisser sur des rainures.

Enfin, dans ces dernières années, on a imaginé de

i58 LE CAFÉ

construire des toits roulants qu'on peut très rapidem»jài amener sur les terrasses de séchage, pour protéger le café contre la pluie sans le déplacer. Ces toits moKUes sont très avantageux ; leur emploi réduit la main-d'œuvre dans une large mesure et leur prix de revient n'est pas très élevé. Leur charpente est généralement métallique et le toit est en tôle ondulée.

Pendant la dessiccation du café, il faut éviter une température trop élevée qui ferait éclater la parche ; dans ce cas, le grain se décolore et perd une partie de sa valeur:

11 faut aussi avoir soin de remuer le café plusieurs fois par jour avec des râteaux de bois pour produire une dessiccation aussi égale que possible.

Quand la chose est possible, on dessèche complètement le café sur les terrasses ; mais, si ropéralion dure trop longtemps et si les terrasses ne sont pas suffisantes, on termine l'opération dans des hangars spéciaux où le café est répandu en couches minces sur des planchers percés de petits trous, afin de permettre une facile circulation de Tair. Des ouvertures dans le toit rendent encore cette ventilation plus parfaite.

Séchoir à air chaud. — L'instabilité des saisons (|ui caractérise certaines régions tropicales rend parfois l'opération du séchage longue et dispendieuse ; aussi a-t-on songé à lui substituer le séchage dans des appareils spéciaux.

Le café qu'il s'agit de sécher comprend du café rouge dépulpé et du café vert qui a résisté presque complètement à cette opération.

Selon la température, quand le séchage se fait au

PRÉPARATION DU CAFÉ iBg

soleil, il faut environ cinq jours pour les cerises dépulpées, huit jours pour le café en parche et vingt à trente jours pour le café vert. On peut se figurer facilement quelles difficultés présente une opération :aussi longue et aussi délicate dans des pays où la main-d'œuvre n'est pas abondante.

En réalité, par la dessiccation artificielle on peut :arriver à une siccité plus régulière, et, en même temps, il est possible de régler la couleur à volonté.

11 suffit d'opérer le triage, suivant la grosseur, pen- •dant l'opération pour éliminer d'abord les grains les plus petits qui sont secs les premiers et les empêcher par conséquent d'être secs à l'excès.

D'autre part, on peut régler facilement la couleur, <?ar on a remarqué que les sortes bleues contiennent plus d'eau que les vertes, et que celles-ci en contiennent elles-mêmes davantage que les jaunes. « Une <lessiccation lente dans une atmosphère humide pro- <luit facilement les nuances dites plombées (i). »

Comme le café perd la moitié de son eau pen- <lant les premiers jours de la dessiccation, il est toujours avantageux, pour éviter une trop grande dépense de combustible, de faire évaporer la moitié de l'eau au soleil et de ne laisser que le reste du travail à la machine.

On a reconnu, en outre, la nécessité de faire passer à travers la masse de café, aux différentes phases de la dessiccation, un courant d'air sec et chaud ; il -est indispensable de produire un mélange constant ^u café en préparation ; enfin, comme on l'a vu plus haut, un triage suivant la grosseur doit être opéré en même temps.

(i) Dafert, loc, cit.

En faisant sécher des cerises vertes, par un moyen artificiel et en les décortiquant ensuite, on a obtenu, à Santos, des cafés de meilleure qualité que les cafés lavés [café lavado).

Les machines employées sont très nombreuses ; presque toutes présentent des inconvénients, soit qu'elles endommagent le café par une chaleur trop forte et inégale, soit qu'elles laissent à désirer au point de vue de la construction mécanique. On a employé le vide ; d'autres mélangent le café avec du talc et le font dessécher dans des chaudières, etc.

FiG. 3a. — Dispositions diverses qu'on peut donner au foyer F et à la cheminée C.

Une des grandes difficultés de la dessiccation artificielle résulte de la nécessité où on se trouve d'avoir à sa disposition un personnel intelligent, car l'opération ne vaut que par le soin qu'on y apporte.

La disposition la plus simple consiste en hangars de 4 ou 5 mètres de hauteur, couverts en tôle ondulée et contenant des planchers superposés percés de trous. Un foyer, placé sur le côté du hangar, fournit la chaleur nécessaire. Les produits de la combustion sont entraînés par des conduites qui traversent plusieurs fois le hangar à o^°,3o ou o™,4o du sol avant d'aboutir à la cheminée. Tantôt celle-ci se trouve sur le côté opposé du bâtiment et en dehors: tantôt elle se trouve au centre et en forme, pour ainsi dire, la colonne centrale (fig. 82). Dans le premier cas, elle peut

être en tôle ; dans le deuxième, oh la fait en briques pour lui donner plus de solidité et lui permettre de soutenir en partie le toit du hangar. Si la cheminée centrale était en tôle, elle produirait d'ailleurs une température trop élevée dans son voisinage.

Il est assez facile de régler la température dans ces bâtiments spéciaux et les ouvriers arrivent très rapidement à conduire l'opération aussi sûrement que possible. La couche de café sur le plancher percé de trous peut avoir de o",i2 à o™, 20 d'épaisseur ; mais elle ne doit jamais atteindre ou dépasser o",25.

Des ouvriers sont chargés de remuer le café de temps en temps : par exemple, de deux heures en deux heures.

Si la température ne s'élève pas au-dessus de 55** à 60** c, aucune détérioration des grains n'est à craindre et la dessiccation est suffisante au bout de 36 heures. On peut donc facilement calculer d'après ces données la grandeur des hangars à établir pour une plantation dont on connaît le rendement annuel moyen.

On a aussi proposé de remplacer les séchoirs par des machines spéciales, et la Maison Gordon construit un appareil, le séchoir Guardiola, qui est employé dans quelques plantations. 11 consiste essentiellement en un cylindre pouvant tourner autour

Lecomte. II

FiG. 33. — Section transversale du cylindre du séchoir Guardiola.

i6a LE CAFÉ

de son axe et dont la section transversale se trouve représentée ci-contre (fig. 33). Il est divisé en quatre compartiments qui sont chargés successivement de café par des ouvertures spéciales. Dans le tube central H passe constamment un courant d'air chaud produit par un foyer muni d'une soufflerie. Avec un tel appareil et grâce aux déplacements du café pendant le mouvement du cylindre qui tourne à raison de deux tours par minute, la dessiccation peut être complète au bout de 24 heures, sans que la température se soit élevée à plus de 65°. Le modèle le plus grand a un cylindre d'un peu plus de 5 mètres de long et il peut dessécher plus de 4,5oo kilogrammes de café en 24 heures. Son prix est de io,ooo francs environ. Le plus petit modèle a un cylindre d'un mètre de longueur seulement; il peut dessécher environ 900 kilogrammes de café par jour et son prix est de 3,000 francs.

On construit aussi d'autres modèles plus simples pour des plantations de peu d'étendue; leur construction est fondée sur le même principe que le séchoir Guardiola.

Le séchage du café de Libéria ne présente rien de particulier; il peut être obtenu de la même façon et dans les mêmes conditions que celui du café d'Arabie; l'opération est seulement un peu plus longue.

Décortication. — Le café préparé par la voie humide, comme nous venons de l'indiquer, est le ca/^é en parche; pour être livré à la consommation, il doit être débarrassé de sa parche (décortication) et de sa pellicule argentée [polissage). Les deux opérations se font généralement en même temps et elles sont obtenues par les mêmes appareils. Cependant, comme

nous le verrons plus loin, il existe des machines spéciales pour la décortication d'une part et pour le polissage d'autre part. Ces appareils sont d'ailleurs les mêmes qui peuvent être utilisés pour la préparation du café par la voie sèche. Nous n'avons donc à les décrire qu'une seule fois.

L'un des appareils les plus anciennement connus consiste dans une auge circulaire au milieu de laquelle se dresse un axe vertical. Sur cet axe est

FiG. 34* — Appareil primitif à décortiquer le café.

fixé un pivot horizontal dont les extrémités portent des roues assez lourdes (fig. 34). L'appareil est disposé de façon à ne jamais permettre le contact entre ces roues et le fond de l'auge. Si ce contact existait, on écraserait, en effet, le café au lieu de le décortiquer. Les roues sont en bois dur, en bois avec revêtement métallique ou bien même en fonte. Les plus grands modèles peuvent décortiquer plus de 2,000 kilogrammes de café en parche dans une journée et leur prix d'achat s'élève à un peu plus de 4, 000 francs. Les plus petits modèles peuvent décortiquer 400 à 5oo kilogrammes de café par jour et leur prix est d'environ 2,000 francs.

i64 LE CAFÉ

On construit aussi des décortiqueiirs très simples qu'un homme peut facilement manœuvrer et qui conviennent pour des plantations de peu d'importance. IL y a de ces appareils qui ne pèsent pas plus de 5o kilogrammes et peuvent être attachés à un arbre; leur installation est donc aussi primitive que possible.

Machines du système Anderson. — Les machines du système Anderson présentent déjà une complica-

tion plus grande, car elles sont construites pour elfectiier trois opérations distinctes : la décortication, le polissage et !e vannage. L'appareil à décortiquer se compose essentiellement du cylindre écosseuret

PRÉPARATION DU CAFÉ i65

de Tenveloppe qui entoure ce dernier sans le toucher. Le cylindre écosseur est formé de deux parties fixées sur un axe commun : la pièce de tète hélicoïdale, puis le cylindre cannelé en fonte durcie. L'enveloppe est munie de joues en acier dont la distance à la surface du cylindre écosseurpeut être réglée à volonté.

Le café en parche introduit dans une trémie arrive, sous l'action d'un rouleau alimentaire, sur la pièce de tête du cylindre écosseur qui le pousse vers la sortie en opérant peu à peu la décortication.

Le café arrive ensuite, par un tuyau de ventilation, sur l'appareil à lisser situé sous le premier et faisant corps avec lui. Dans ce trajet, les coques hrisées sont entraînées au dehors par le courant d'air et les grains de café arrivent seuls sur l'appareil à polir.

Ce dernier présente la même construction que l'appareil à décortiquer; mais la translation des grains s'y fait dans une direction opposée. A la sortie de cet appareil se trouve, comme dans le décortiqueur, un tiroir régulateur qui permet de pousser l'opération jusqu'au degré voulu.

A^utres machines, — On construit d'ailleurs des machines distinctes, les unes pour la décortication, les autres pour le polissage, fondées sur le même principe.

Une machine à décorliquer, pouvant travailler de 3oo à 45o kilogrammes de café en parche par heure, coûte environ 1,700 francs. Le prix de la machine à polir le café est le même que celui de Fappareil à décortiquer; le débit est identique.

Pour les petites plantations, on pourra utiliser avantageusement de petites machines actionnées à la main et pouvant décortiquer et polir i3 à i4 kilogram-

mes de café en parche par heure. Leur prix est de 200 francs. Ces machines présentent l'avantage (Ir pouvoir être employées aussi bien pour le café de Libéria que pour le café d'Arabie.

Nous devons encore signaler un système assez simple qui opère la décortication du café en parche (Système Hignette, Paris).

La machine se compose d'un arbre vertical A actionné sur l'arbre horizontal B au moyen d'un engrenage conique C, l'arbre horizontal recevant lui-même son mouvement d'une transmission quelconque par les poulies D et D {%• 36).

Une vis E calée sur l'arbre vertical se meut dans l'axe d'un récipientF, d'une forme ovoïde, mi-partie de bois et mi-partie de fonte; à l'extrémité de cet ~=—^I^=f UZ^^^ __ arbre et sous la vis se trouve une pièce en fer G en forme d'S, faisant l'ollice de raniasseur. Un levier H

à déclanchement fait manœuvrer la soupape 1 placée au-dessous du récipient F.

Deux bâtis en fonte reliés par des entretoises en fer et des traverses en fonte supportent l'ensemble des organes de la machine, de manière à former un appareil rigide et facile à monler.

Le vase F étant rempli de café en perche, l'arbre vertical est mis en mouvement et la vis qu'il porte, •en tournant dans le café à décortiquer, produit un frottement assez fort pour enlever la parche sans briser le grain. L'opération terminée, on déclanche le levier et le récipient se vide par la soupape inférieure. Cette machine peut décortiquer, paraît-il, 1200 kilogrammes de café en parche en une heure ; son prix est d'environ i,5oo francs.

Machines diverses. — Dans la plupart des ma- <?hines à décortiquer la disposition est très simple.

F16. 87. — Schéma d'une machine à décortiquer et polir le café.

L'appareil consiste essentiellement dans un cylindre en fonte dure présentant à sa surface des rainures disposées en hélice (fîg. 87). Autour de ce cylindre, qui peut être mis en mouvement par une manivelle et par l'intermédiaire d'un système d'engrenage, se trouve une enveloppe de forme cylindrique dont toute la partie supérieure est cannelée et dont la partie inférieure porte une sorte de grillage en fer pouvant laisser passer les débris de parche, mais dont les

ouvertupes sont insuffisantes pour être traversées par les grains de café. Le café en parche est introduit à une extrémité par une trémie; il sort décortiqué à l'autre bout de l'appareil. Les débris de la coque tombent sous le décortiqueur par les trous du grillage.

Ces machines sont peu coûteuses et conviennent

FiG. 38. — Une machine à décorllquer et polir le ciré, uns leattkleur.

à de petites exploitations; on en construit, d'ailleurs, aussi de plus grandes pouvant être actionnées par un manège ou par tout autre moteur. Le prix des. plus petites machines pouvant travailler lo à ao kilogrammes de café en pgrche par heure n'atteint pas- 200 francs.

Les machines les plus complètes comportent toujours un appareil de ventilation pour entraîner les débris légers. C'est précisément cette disposition qui

PBÉPARATION DU CAFÉ 169

existe dans la machine représentée par la figure Sg; Tappareil de ventilation se compose ici d'un cylindre dans lequel se meut une roue à palettes.

Dans la machine dite Victoria, de construction américaine (fig. 4o), le café en parche est amené par une trémie T sur une roue cannelée R, autour de laquelle se trouve une enveloppe formée de joues cannelées elles-mêmes et maintenues par des ressorts. Le café décortiqué et poli sort en k et arrive

Fie. 39. — Un» machine k dâcorUquer et polir la ctté avec veuEiltteur.

directement sur un appareil à ventilation qui rejette au dehors tous les débris de coques et ne laisse passer que le café.

Ces machines conviennent surtout pour la décortication des fruits secs non dépulpés; mais on les utilise aussi pour la décortication du café en parche.

Chaque appareil peut travailler 2,000 kilogrammes de café (en cerises) par jour ot coûte environ 3,000 francs.

Il ne nous parait pas utile de décrire plus longue-

ment les diverses machines à décortiquer et à polir le café.

11 ne reste plus qu'à procéder aux opérations du vannage et du triage; mais comme ces deux dernières parties de la manipulation du café sont communes aux deux méthodes ordinairement suivies, nous

FiG. lio. — Machine américaine pour décortiquer, polir et vanner le café.

<3n exposerons seulement les principes quand nous aurons décrit la méthode ordinaire ou par voie sèche.

Méthode par voie sèche. — Cette méthode est, en somme, la plus ancienne, car elle est pratiquée depuis un temps immémorial par les Arabes. Elle con-

-siste essentiellement à faire sécher les fruits pourvus <le leur pulpe avant d'en séparer les graines. Dans un grand nombre de plantations, on rassemble d'abord le café en tas assez élevés pendant trois à quatre jours jusqu'au moment où une fermentation spontanée commence à se produire ; on prétend que cette opération préliminaire favorise l'enlèvement ultérieur de la pellicule qui entoure les grains. D'autres planteurs la trouvent inutile.

Dessiccation des fruits. — Quel que soit le moyen employé pour dessécher les fruits, il est clair que -ce résultat est plus long à atteindre que pour le café en parche. Si l'opération se fait à l'air, sous l'influence de la chaleur solaire, il est bon de limiter l'épaisseur des couches de fruits à quelques centimètres. Le café ainsi exposé au soleil noircit bientôt; puis il perd son eau; la surface des fruits se plisse -et enfin on obtient une dessiccation complète; il appartient au planteur d'apprécier par la pratique le degré de dessication auquel il faut porter le café pour en assurer la conservation. En général, la pulpe et la parche desséchées doivent se briser facilement sous la pression des doigts. On peut prendre une poignée de fruits qu'on secoue près de l'oreille; si la dessication est arrivée au degré voulu, on doit entendre les graines remuer dans leur enveloppe.

Le café d'Arabie ainsi traité donne un produit d'excellente qualité qui conserve. parfaitement ses qualités naturelles et sa couleur. Quant au café de Libéria, ses fruits ont une pulpe trop difficile à dessécher et on ne peut guère le traiter que par la méthode des Indes occidentales.

Les opérations ultérieures sont les mêmes que

pour le calé en parche; les fruits desséchés soni portés aux décortiqueurs et aux appareils de polissage comme nous l'avons dit précédemment.

Cependant, l'opération du décorticage pour fruit secs ne se présente pas tout à fait dans les mêmes conditions que le décorticage pour café en parche, el si on utilise souvent les mêmes machines en modifiant simplement leur réglage, il n'est pas moins vrai qu'on a vu quelque avantage à créer des types spéciaux de machines à décortiquer; les unes sont cylindres, les autres à plateaux. Tantôt la même mal'hine fournit en même temps le travail du décorticage et celui du polissage; tantôt on emploie ressivement deux appareils distincts.

Vannage. — Quelle que soit la méthode suivie pour séparer les graines, il est nécessaire de les

soumettre à l'opération du vannage pour .expulser les menus débris de parche ou de pellicule argentée

PRÉPARATIOy DU CAFÉ 17J

{tégument de la graine) qui peuvent y rester adhérents. Dans certaines de nos colonies, on se sert encore pour cet usage du van en osier — panier plat à bord échancré d'un côté — qui a servi pendant longtemps dans nos campagnes au vannage du blé et du seigle. Mais dans les exploitations un peu «tendues, on utilise les tarares dans lesquels la ventilation est produite par le mouvement d'une roue à palettes (fig. ^i). Tout le monde connaît le principe de ces appareils et il ne nous parait pas nécessaire d'y insister ici.

Triage. — Enfin, un triage mécanique des graines suivant leur grosseur et leur forme peut être obtenu

Fin. Sî. — Appareil pour trier le cjfé.

très facilement à l'aide de l'appareil représenté cicontre qui constitue un séparateur pour quatre catégories distinctes. Ce séparateur se compose essentiellement d'un cylindre en toile métallique dont les mailles vont en augmentant de B à E, de façon à former quatre grandeurs distinctes (fig. 4a). A l'intérieur se trouve une saiilie en spirale que montre très nettement la figure. Le café introduit par la trémie A est transporté peu à peu d'une extrémité à l'autre du cylindre par le mouvement de rotation de ce dernier. Les graines qui tombent au-dessous des quatre com-

partiments sont recueillies dans des récipients distincts et constituent quatre catégories.

Un séparateur pouvant trier 5oo kilogrammes de café par heure avec un mouvement de 20 tours à la minute coûte près de 700 francs.

On pourrait peut-être se servir aussi de trieurs Marot construits spécialement pour cet usage.

Traitement en Europe, — Les principaux marchés de café d'Europe reçoivent actuellement une grande quantité de café en parche. Des usines spéciales le décortiquent et le polissent avant de le livrer à la consommation. Cette manière de faire présente des avantages incontestables. D'abord le café conserve mieux sa couleur et tout le monde sait que c'est là une des qualités les plus appréciées de Tacheteur. En outre, le planteur n'ayant plus à s'occuper d'une partie des manipulations peut réserver la maind'œuvre dont il dispose pour l'entretien de sa plantation ou pour son extension. Enfin, le décorticage et le polissage étant effectués en grand dans les entrepôts d'Europe, la dépense, de ce chef, n'est pas plus considérable que si ces opérations étaient effectuées dans la plantation.

Il est nécessaire de veiller à la dessiccation du café en parche, s'il doit être embarqué sous cette forme, car un peu d'humidité pourrait entraîner le développement des moisissures et la dépréciation certaine de la marchandise. D'autre part, si la dessiccation était poussée trop loin, la couleur serait modifiée. Il faut donc rester dans un juste milieu.

Emballage et embarquement. — L'emballage se fait en sacs ou en barriques. Dans ce dernier cas, il

est utile de choisir pour la fabrication des barriques un bois ne dégageant aucune odeur spéciale qui pourrait se communiquer au café.

Enfin, le chargement à bord doit être l'objet des soins les plus minutieux, car le voisinage de certaines substances communique au café une odeur désagréable. Les matières grasses (et en particulier le coprah) doivent en être rigoureusement éloignées.

En outre, il est utile d'installer un système de ventilation, quand il s'agit de cargaisons un peu importantes. Grâce à cette précaution, la température ne peut pas s'élever dans le chargement de café et aucune fermentation ne s'établit.

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