‹ Le café: culture-manipulation, productionChapitre 28 sur 116 · DE JAVA · texte numérisé non relu

DE JAVA

3o janvier

II janvier

1 8 janvier

Apparition des taches.

i3 février

6 février

Formation des i^^^ spores.

Taches noircies à leur centre.

25 avril

i4 mars

2 avril

Les spores cessent de se former.

i*^"* mai

ler avril

!«•* mai

Temps écoulé depuis l'ense-

mencement jusqu'à l'appa-

rition des taches.

i4 jours

i4 jours

19 jours

Durée de la production des

spores

10 semaines

8 semaines

Il semaines

(i) Voir le Rapport de Marshall Ward dans Look, Coffec, ils culture and commerce. London, 1888.

igC LE CAFÉ

Sur des feuilles jeunes, les taches apparaissent en général lo, 12, i3 ou i4 jours après le dépôt des spores à leur surface ; pour des feuilles âgées et plus dures, cette période peut atteindre 17 à 20 jours.

Au moment oii les taches noircissent à leur centre, le tissu se dessèche et la feuille ne tarde pas à tomber. On voit ainsi des arbres se dépouiller rapidement de la plus grande partie de leur feuillage ; ils dépérissent et meurent le plus souvent; dans tous les cas, ils cessent presque complètement de produire.

Les spores de l'Hemileia sont transportées d'un caféier sur Tautre par le vent et aussi par les insectes. Si elles tombent sur des feuilles âgées, elles peuvent être enlevées par les eaux de pluie avant d'avoir réussi à implanter des filaments dans les tissus; les feuilles très jeunes sont beaucoup plus facilement contaminées. Les spores sont généralement entraînées par Teau jusqu'à la pointe de la feuille; si elles se trouvent là dans une goutte d'eau, elles ne tardent pas à germer, c'est-à-dire à produire un filament très fin ; les spores placées à la face supérieure de la feuille germent comme les autres, mais en raison de l'absence de stomates, leurs filaments ne pénètrent pas dans le tissu de la feuille. Celles de la face inférieure, au contraire, produisent un filament qui pénètre par un stomate dans le parenchyme, se ramifie, s'étend d'abord dans les méats entre les cellules et finit par envahir ces dernières. Quand le mycélium s'est ainsi étendu dans toute l'épaisseur du parenchyme, la tache devient nettement visible. Bientôt, comme nous l'avons vu plus haut, les spores se forment et c'est par l'ouverture des stomates qu'elles sont portées au dehors où elles ne tardent pas à for-

iner cet amas pulvérulent de couleur orangée qui signale la présence certaine du champignon . Ces spores sont supportées par un court pédoncule, et elles présentent la forme d'un rein ou d'un haricot avec une face convexe couverte de légères aspérités (d'où le nom d'Hemileia qui signifie à demi-lisses, car les aspérités ne se trouvent que sur la moitié convexe

A Bfluche on voit une sporidit qui germe : à ilroile, un groupa d'un^doipore. {U^>l>rè» MirshBll Ward).

«les spores). Elles se détachent d'ailleurs très facilement du pédoncule au moindre coup de vent et sont dispersées par le vent. On comprendra facilement que la maladie puisse se propager avec une grande rapi- <lîté dans une plantation, quand on saura que ces spores sont excessivement petites et que Ward estime à plus de i5d,ooo celles qui formaient une seule tache. I,e même champignon peut d'ailleurs donner des spores différentes (téieutospores) capables de passer la mauvaise saison. Ces téieutospores sont entière-

igS

ment lisses et, de plus, elles se distinguent encore des autres spores par leur forme qui est celle d'une sphère aplatie aux deux pôles. L'un de ces pôles porte une petite pointe (fig. 48); l'autre face donne un tube grêle au moment de la germination de la

spore. Ce filament né de la téleutospore pourra d'ailleurs fournir des sporidies (fig. 48) qui germeront à leur tour et produiront des filaments capables de pénétrer dans les tissus de la feuille (fig. 47).

Cette maladie des feuilles produite par VHemileia a causé la ruine des plantations de Ceylan, de rinde, de Java, etc. On saisira facilement l'importance de ces ravages, si nous rappelons que Java exportait annuellement, pour la période de 1871-1880, 704,000 quintaux anglais de café ; ces exportations descendaient à 244.000 quintaux anglais pour la période 1881-1890 et à 5i, 600 pour celle qui commence en 1891 et se termine en 1896. Cette diminution énorme des exportations trouve sa cause non pas seulement dans la diminution de la surface cultivée, qui passe de 249,604 acres en 1875 à 21,000 acres en 1896, mais encore dans le rendement par acre, qui, de 5,53 quintaux anglais en 1870, descendait à 4,48 quintaux anglais en 1875, à 2,78 en 1880, à 2,25 en i885, à 1,75 en 1890, à 1,25 en 1892 et à 2,5 en 1895.

Ces chiffres expliquent l'empressement que les

FiG. 48. — Téleutospore germant pour produire des sporidies.

LES E\yE}llS ET LES MALADIES DU CAFÉlEIi iç)i)

colons anglais de Geylan ont apporté à délaisser la culture du café pour d'autres cultures et en particulier pour celle du thé.

Le caféier d'Arabie a été le premier attaqué par VUemileia et c'est lui qui offre le meilleur terrain à la maladie, surtout quand il est quelque j)eu épuisé ou que le sol n'est pas suffisamment riche. Mais, il faut bien le reconnaître, le Libéria qu'on crpyait indemne ne résiste pas non plus quand il se trouve dans de mauvaises conditions. D'après un planteur «de Java, on peut trouver des caféiers de Libéria complètement sains, à côté d'autres arbres fortement iitteints. Ces derniers sont généralement les arbres chétifs qui doivent le plus souvent leur mauvais état à un vice de plantation (racines tordues, par exemple).

Les observations du D*^ Burk sur la propagation de la maladie ont montré que l'humidité et le défaut de lumière sont des conditions favorables au développement de VHemileia; au contraire la radiation solaire tue les spores (surtout la partie la plus réfrangible du spectre). Dans les pépinières où les plants trop serrés reçoivent difficilement les rayons solaires, les caféiers sont particulièrement exposés à VHemileia ; il en est de même des caféiers qui portent de nombreux rejets à la partie inférieure de leur tronc ou qui sont trop couverts par les arbres d'ombrage.

Cependant on remarque, même dans ces conditions, que certains caféiers restent indemnes pendant ^ue les autres, plus faibles, sont attaqués. Enfin on -a observé, dans une plantation entourée par une foret épaisse, à Java, que les caféiers soustraits à l'action du soleil levant, étaient particulièrement atteints par VHemileia.

aoo LE CAFÉ

En somme, il paraît établi que les caféiers débiles^ mal venus, trop ombragés, privés d'air et de lumière, résistent beaucoup moins facilement que les autres à la maladie des feuilles et c'est sans doute à leur robustesse seulement que les caféiers de Libéria doivent d'être moins atteints par VUemileia, Si cette maladie peut entraîner en fin de compte la mort des caféiers, elle ne procède cependant que par des désorganisations localisées et la guérison d'un arbre malade est toujours possible.

Quand on reconnaît qu'un certain nombre de caféiers sont atteints dans une plantation, il est boa de les arracher et de les détruire par le feu ; cette destruction aura du moins l'avantage de donner au reste de la plantation plus d'air et de lumière.

Si quelques caféiers possèdent seulement un petit nombre de feuilles malades, on pourra arracher ces feuilles et les brûler ; on a conseillé aussi d'enlever les taches à l'aide d'un instrument spécial, qui n'est en somme qu'un emporte-pièce ; mais nous ne croyons pas que ce procédé puisse entrer dans la pratique. En même temps, il est bon d'enlever toutes les pousses qui entourent les pieds de caféiers et qui les affaiblissent.

Des cendres répandues sur le sol, une fumure appropriée, capable d'activer la végétation, donnent toujours d'excellenls résultats et il ne manque pas de planteurs pour prétendre qu'avec des soins assidus on peut lutter avantageusement contre la maladie et ne pas laisser la production s'affaiblir de plus en plus.

Moyens de combattre rHemileia. — Des moyens préventifs contre l'extension de la maladie ont été

préconisés en grand nombre ; les uns pulvérisent sur les caféiers du jus de tabac, d'autres saupoudrent le feuillage de poussière de plâtre ; on recommande encore les solutions de sulfate de fer ou de cuivre, la bouillie bordelaise, etc.

Ces aspersions se font à l'aide d'instruments spéciaux, les pulvérisateurs, qui peuvent projeter le liquide de bas en haut et atteindre par conséquent la face inférieure des feuilles. Il en existe de nombreux modèles qui peuvent être transportés sur roues ou bien à dos d'hommes ou de mulets.

Les principales formules qu'on peut recommander pour ces pulvérisations sont les suivantes :

a) Pulvérisations de sulfate de cuivre et essence de térébenthine.

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