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CHAPITRE II

Le genre Coffea appartient à la famille des Rubiacées qui comprend un certain nombre d'autres plantes utiles comme la garance {Rufna)^ ITpecacuanha [Cephœlis Ipecacuanha A. Rich.), le Gambier [Uncaria Gambier Roxbg.), les Quinquinas {Cinchona), etc. Les propriétés et les usages de ces diverses plantes diffèrent d'ailleurs complètement.

Caractères de la famille. — La famille des Rubiacées qui emprunte son nom au genre Rubia ou Garance est Tune des plus vastes du règne végétal puisqu'on peut estimer à plus de 4,5oo le nombre des espèces actuellement connues appartenant à cette famille. Tandis qu'elle n'est représentée chez nous que par des plantes herbacées, la famille des Rubiacées comprend, entre les tropiques, de nombreux arbres ou arbustes et dans certains pays, comme le Congo, la végétation forestière est surtout constituée par des Rubiacées. Les feuilles sont opposées, simples et entières ; elles sont accompagnées de stipules caulinaires dont on voit une paire de chaque côté de la tige ou qui se soudent plus ou moins complètement l'une à l'autre. Les fleurs sont régulières et complètes; le calice a un limbe court, tronqué ou

lo LE CAFE

pourvu de 4-G dents; la corolle, insérée sur le tube calicinal, est gamopétale à 4-6 divisions; les étamines sont aUernes avec ces divisions et s'attachent à la gorge de la corolle. L'ovaire infère offre deux ou plusieurs loges contenant chacune i^ 2 ou plusieurs ovules. Le sommet de l'ovaire est surmonté d'un style simple avec un stigmate à autant de divisions que l'ovaire contient déloges. Les graines possèdent presque toujours un albumen corné.

Les principaux genres de la famille des Rubiacées peuvent être groupés en trois grandes tribus de la manière suivante :

1. GiNCHONÉES. — Carpelles multiovulés. Stipules membraneuses : Naiiclea, Cinchona, Gardénia^ etc.

2. CoFFÉES. — Carpelles uniovulés. Stipules membraneuses : Ixora, Coffea, Morinda, Cephaelis, etc.

3. RuBiÉES. — Carpelles uniovulés. Stipules foliacées : Rubia, Galiiim, Aspenila, etc.

Caractères du genre. — Le genre Coffea qui nous intéresse seul ici possède donc avec les Ixora, Cephaelis, etc., le caractère commun d'avoir les carpelles uniovulés et les stipules membraneuses.

Les caractères généraux du genre sont les suivants :

Coffea Linn.

Calice persistant à tube court, subcylindrique, oblong ou turbiné; limbe court, tronqué, denté ou lobé, couvert de glandes à sa face interne ou seulement sur les dents.

Corolle hypocratériforme ou infundibuliforme, à tube court ou allongé, à gorge glabre ou poilue ; limbe à 4-5 lobes oblus, étalés.

Etamines 4-5 insérées sur la gorge de la corolle, à

CARACTERES BOTANIQUES ii

filets courts ou nuis. Anthères attachées par leur face dorsale et près de la base, linéaires, obtuses ou aiguës, incluses ou exsertes, souvent recourbées ou lordues après l'anthèse.

Disque gonflé.

Ovaire à deux loges ; style filiforme ou renflé, glabre, à deux branches linéaires ou subulées ; ovules solitaires dans les loges, fixés au milieu (rarement au sommet) de la cloison, amphitropes.

Baie globuleuse ou oblongue, sèche ou charnue, à deux noyaux ; noyaux coriaces ou parcheminés ; avec les deux faces contiguës planes ; les faces dorsales convexes.

Graines bombées à ombilic ventral, à tégument membraneux ; albumen corné ; embryon dorsal, cotylédons foliacés, radicule allongée cylindrique.

Feuilles opposées, rarement verticillées par trois, membraneuses ou subcoriaces, sessiles oupétiolées. Stipules larges, acuminées, persistantes.

Fleurs en glomérules à l'aisselle des feuilles, sessiles ou brièvement pédicellées, blanches, souvent odorantes; pédicelles pourvus de bractéoles ; dans certains cas ces bractéoles sont disposées en cupule.

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lia Miq.

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salicifOi racemo

macrocarpa A Rie mauritiana Lam.

hrachyphylla Radik Zunguehariœ Lour.

hypoglauca Welw.

Staudtii Frœhner.

machrochlamys K.

canephora Pierre.

liber ica Iliern.

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CARACTÈRES BOTANIQUES i3

Distribution géographique des espèces. — Il n'y a pas moins de dix-huit espèces répandues dans les diverses contrées de l'Afrique Occidentale (d'après Frœhner) :

Sierra-Leone : C. stenophylla G. Don et C. liberica Hiern ;

Libéria : C. liherica Hiern ;

Calabar : C. liberica Hiern.

Togo : C. divaricata K. Sch. ;

Cameroun : C. brevipes Hiern ; C. ^pathicalyx K. Sch. ; C. scandens K. Sch. ; C. macrochlamys K. Sch. ; C. subcordata Hiern ; C. Staudtii Frœhner ; C, Gilgiana Frœhner ; C. melanocarpa Welw. ;

Lagos : C. divaricata K. Sch. ;

Congo et Gabon : C. subcordata Velw ; C. Afzelii Hiern ; C. pulchella K. Sch. ; C. canephora Pierre ; C congensis Frœhner; C.jasminoïdesYelv^.;

Angola : C. jasminoïdes Welw. ; el C. melanocarpa Welw.

A la côte orientale nous trouvons d'abord le Coffea arabica L. originaire des provinces d'Abyssinie; plus au sud, du côté de Mozambique, on rencontre : C Zanguebariœ Lour. ; C. racemosa Lour. ; C. Ibo Frœhner. Trois espèces se trouvent confinées dans les îles voisines : C. brachyphylla Radlk. àNossi-Bé; C. mau7*itiana Lam. et C. macrocarpa A. Rich. ; dans les îles Maurice et Bourbon. Il ne semble pas que le B. Humblotiana H. Bn. des Comores soit véritablement une espèce de Coffea. (Dernièrement, M. Bertrand, du Muséum d'histoire naturelle, a montré que les graines de ce prétendu café ne contiennent pas de caféine.)

Les espèces indigènes d'Asie sont, sans exception, des plantes de régions montagneuses : C. Bengalen-

l^ " LE CAFÉ

sis Roxbg. de THimalaya (85o mètres), du Bengale, de Java etSumatra; C .WightianaW . et Arn.eiW, Travancorensis W. et Arn. se trouvent à Travancore et à Ceylan jusqu'à i.ioo mètres d'altitude; C , salicifolia Miq. croît à Java à 1.200 mètres. Dans les montagnes du Bengale (de 700 à i.5oo mètres) se trouvent les. espèces du sous-genre Laclinostoma (C. Khasiana et C Jinkinsie Hook) ; à côté de ces dernières espèces il faut placer C. densiflora Bl. de Java et C. uniflora K. Sch. de la Nouvelle-Guinée.

DESCRIPTION DES ESPÈCES Sect. I. Hirsutœ.

1. C. BEN GALENSis, Roxbg. = C. Horsfieldiana Miq. (Roxhg. hort. bengal, i5; Roth. nov. spec. i48;Z). C, Prod. IV, 499; Wall. Cat. 6244*, Wight et Arnoit, Prodr. 435; Brand, For. flor. 277: Kurz, For. flor. 11, 28; Bot. Magaz. t. 4977; Miq, Flor. Ind. bat. III, 309; Hooker Flor. brit. Ind. III, i54; Annal. Mus. lugd. bat. IV, 268; Ann. du Jard. de Buitenzorg, 1884, p. 57).

Buisson avec rameaux horizontaux. Feuilles larges, elliptiques, courtes ; pétiole court (environ i centimètre) ; limbe de 3-7 sur 7-12 centimètres avec 5-6 paires de nervures. D'après Burk cette plante fleurit presque sans interruption pendant toute Tannée. Corolle de 12 à 3o millimètres de long; le tube représente les deux tiers ; le style a environ un tiers ou un quart de la longueur du tube de la corolle. Fruit de i®™,2 de longueur.

Himalaya (altitude 85o mètres) ; Bengale, Assam, Selhet, Siam ; Java, Samarang. Cette espèce était cultivée avant l'introduction du C. arabica et fournissait un café à petits grains de valeur médiocre; elle n'est plus cultivée actuellement.

2. C. TRAVANCORENsis W. et Arn. == C. trijlora Moon (W. et Arn., Prodr., 435 ; Wall. Cat. 6245 ; Thw. Enum. i54; Hooker FI. brit. Ind. i54; Moon. Cat., i5). Feuilles 2,2 à 4,2 X 4.o

CARACTÈRES BOTANIQUES i5

à 8,0 centimètres avec un pétiole de 2 millimètres ; 5-6 nervures secondaires.

Travancore ÇWight^\ Geylan (1,100 mètres Thioaites^. Xar.

fragans Wall. Selhet, ïenasserim, Mergul.

3. G. WiGHTiANA W. et Arn. (nom indigène: Kaddumallikeî) ; (^Wighi et Arnott. Prodr., 436; Wight, le. A. iôqS; Wall. Gat., 6246; Thiv., Enum. i54; Hook. FI. brit. Ind. i54). Feuilles petites, ovales, presque glabres. Les fleurs apparaissent avant les feuilles. Galice à 5 dents courtes. Gorolle de i'"",2 de long. Fruit de 0,8 centimètres de diamètre. Buisson des endroits secs.

Travancore. Geylan (jusque 85o mètres).

4. G. DivARicATA, K. Sch. (Euglcr's Bot. Jabrb., 1897, p. 461; Nolizbl. d. Kgl. bot. Mus., 1897, 7). Arbrisseau de o™io à i™5o de haut, des endroits secs, sableux et exposés au soleil. Gorolle de 5*""5, de long, dont 4"™. 5 pour le tube, les 7 lobes ont environ i centimètre de long. Les anthères ont 5 millimètres de long; style de 3 centimètres. Les feuilles apparaissent après les fleurs.

Lagos, Togo.

5. G. jasminoïdes, Welw. ÇHiern. Transact. Linn. Soc. Lond. Ser. II, I, 175 ; Oliver, FI. trop. Afr. III, i85); buisson de o'",5o à i"',5o. Les feuilles apparaissent après les fleurs. Gelles-ci sont blanches et ont environ 3 centimètres de long. Fruit ellipsoïdal et de couleur blanche.

Niger (Barler), Old Galabar (ThoiAsoii), Angola (\Velwitsch), Gongo, près de la Loémé {Lecomté),

6. G. RUPESTRis, Iliern (Transact, Linn, Soc. Lond. II, I, p. 174 i Oliver, FI. trop. Afr,); petit arbrisseau à feuilles petites pourvues de 4 p- de nervures secondaires. Les fleurs apparaissent avant les feuilles; la corolle avant son épanouissement a environ 2*"", 5 de long et i'"",5 après; elle présente 5 lobes.

Abbeokuta (Guinée) sur des rochers (Barler).

7. G. MELANOCARPA (Transact. Linn. Soc. Lond., II, I, i83; Oliver, Flor. trop. Africa, III, i83); petit arbre ou arbrisseau de i à 2 mètres de haut. Feuilles pourvues d'un

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pétiole court (3 à 8 millimètres), à limbe elliptique, terminé par une pointe fme; ces feuilles ont 2-5 sur ^-la centimètres et présentent 5-5 nervures secondaires de chaque coté. Stipules petites et obtuses. Le calice a 5 dents courtes ; la corolle mesure en\iron a'^.ô de long et possède 5 lobes de I centimètre de long. Fruit globuleux, noir, de o"",8 à o*",9. Angola ; Sobati Ban go et Station de Bembo au voisinage de la rivière Delamboa. kameroun.

8. C. SALiciFouA, Miq. ; nom indigène: Tjaka; (Annal. Mus. lugd. bot. IV, 258; .ViVy. FI. Ind. bat. 11, 3o8). Arbrisseau couvert d'un feuillage très serré; feuilles de 3-3 centimètres, sur 9,0 à 1 4 [centimètres, atténuées à la base et pourvues d*un pétiole court; le limbe porte 7 à 10 paires de nervures secondaires. Les fleurs sont groupées par trois ou plus. La corolle comprend un tube court et cinq lobes allongés. Les anthères et le stvle sortent du tube de la corolle.

Ja>a: plateau de Pengalengan (1200 mètres d'altitude.

9. C. SLBCORDATA, Hîem (Transact. Linn. Soc. Lond. 11, I, 174; Oliver, Flor. trop. Afric, 111, i85). Arbrisseau des forets; F'euilles à pétiole court (o*"',3) et à acumen court et arrondi; ces feuilles mesurent i,5-3,5 sur 3-6 i '3 centimètres: elles ont généralement 4 paires de nervures secondaires qui sont couvertes de poils comme le pétiole. Les fleurs sont isolées ou par groupes de deux ; les bractées cachent le bouton et mesurent environ o*'"',4 de long. Le calice est très court et présente jusque 9 dents très courtes. La corolle mesure 3*™, 3 de long, dont i centimètre sur le tube ; les lobes au nombre de (4 à 7 pour lliern) ont environ i*"\3 de long et sont lancéolés. Les anthères longues de 1/3 centimètre sont exsertes de même que les stigmates. Le fruit est rouge.

Guinée: Old Calabar (IF. C. Thoinsori); Gabon : foret de Sibangue (^Butiner) ; (lameroun: à Yaundi (800 mètres d'altitude).

Sect. IL AcuminaUe.

ro. C. Afzelii, Hiern (Transact. Linn. Soc. Lond., II, I, 174; Oliver FI. trop. Afric, III, i84)- Arbuste à branches cylindriques, étalées, rougeâtres. Feuilles elliptiques ou ovales,

atténuées à la base et pourvues d*un acumen court et obtus, de consistance papyracée, pourvues de 4 à 5 paires de nervures secondaires; elles mesurent 3 à 7,5 centimètres de long sur 1,5 à 3 centimètres de large. Le pétiole a environ o®'",4 de long. Les stipules ont une base large et se terminent en pointe. Les fleurs géminées sont construites d'après le type 5. Les bractées sont au nombre de 2 membraneuses et 3 foliacées. Le calice possède 5 dents ; les cinq lobes de la corolle sont ovales. Les anthères et le style sont cachés dans le tube de la corolle. Recueilli par Afzelius à Sierra-Leone.

U.C. BREviPEs, Hiern (Transact. Linn. Soc. Lond., II, I, 172; Oliver^ Flor. trop. Afr. III, i83); Preuss ; Mitt. a. d. deutsch. Schutzgebieten) . Arbrisseau de i à 4 mètres de hauteur qui vit à Tombre des bouquets de bois. Il est couvert d'un feuillage serré. Les feuilles atténuées très nettement aux deux extrémités mesurent 2,3-4 centimètres sur 6-1 1 centimètres et possèdent un pétiole d*un demi centimètre. Sur les 2 faces du limbe on aperçoit nettement 4-6 paires de nervures secondaires. Les fleurs sont solitaires, subsessiles et apparaissent en même temps que les feuilles ; les bractéoles disposées par paires dépassent le calice. Le calice est à peine lobé ; la corolle mesure 2 centimètres de longueur dont o,4 à o®",5 pour le tube; les lobes de la corolle sont larges. Les étamines (filet o*'"\i; anthères o'"",4) et les stigmates (o®™,3) sont exserts. Le fruit rappelle beaucoup le fruit du C. arabica aussi bien par sa forme que par ses dimensions.

Cameroun, altitude de 3oo à i5oo mètres (Mann, Preuss).

Yar. longifolia, Frœhner. Feuilles de 2,9-6,0 centimètres sur 6-1 3 centimètres avec 7^9 paires de nervures secondaires; anthères de o''™,65 ; style profondément divisé.

Cameroun ; à 5oo mètres d'altitude au village de Lolo près du fleuve Lokundjc.

12. C. scANDENS, K. Sch. (Euglcr's bot. Jahrb. XXIII, 463, 1897); arbuste grimpant des forêts, à feuilles ovales de 2-5x3- 10 centimètres pourvues de 4-5 paires de nervures secondaires. Le pétiole mesure environ 3 millimètres de long et la pointe du limbe à peu près 5 millimètres. La face supérieure de la feuille est d'un vert foncé ; la face inférieure est plus claire et moins brillante. Les stipules sont triangulaires et

Lecomte. a

i8 LE CAFÉ

pointues. Les fleurs géminées ont un calice à peine ondulé sur les bords ; la corolle d'un blanc jaunâtre présente un tube d'un quart de centimètre de long avec 6 lobes de o''™,5 de long. Les anthères (o^'",4 à o^'^.S de long), font saillie en dehors du tube de la corolle de même que les stigmates. Le fruit n'a pas été rencontré.

Cameroun : trouvé par Zenker à Yaunde (800 mètres d'altitude).

i3. G. PULCHELLA .K. Sch. (Engler's bot. Jahrb. XXIII, 463) ; est un arbuste grimpant de i4 à 20 mètres de hauteur, à feuilles longuement atténuées aux deux extrémités, mesurant i,5-3,o centimètres sur 3,o-8,o centimètres. Les fleurs géminées possèdent un calice pourvu de 7 lobes arrondis ; le calice est complètement recouvert par les bractées. La corolle est petite ; le tube n'a guère que 3 millimètres de long et les lobes 4 millimètres. Les anthères et le style font saillie au dehors du tube de la corolle. Le fruit n'a pas été rencontré.

Gabon : plantation de Sibangue (H. Soyaux).

i4. C. ARABICA L. — C. viilgaris Moench, C, Mocha Hort., C. laurifolia Salise, Jasminum arabiciim Juss. (Sp. Plantar. 245, Prosper Alpin de plantis Mgypti, Padoue i64o, etc.) ; arbuste ou petit arbre pouvant atteindre 8-9 mètres de hauteur et ressemblant assez quand il est couvert de ses fruits à un cerisier. L'écorce, rude à la surface, présente habituellement une coloration grisâtre; les branches longues, flexibles, étalées, portent des feuilles en toute saison ; le caféier d'Arabie est donc une plante à feuilles persistantes. Les feuilles sont presque toujours elliptiques ou ovales ou encore atténuées aux deux extrémités ; leur largeur varie de i^™5 à 5^"^ et leur longueur de S^^'S à 20*^'". Le pétiole mesuré en moyenne i*^™ et la pointe terminale i*^"5. Le limbe présente 9-12 nervures secondaires de chaque côté de la nervure médiane et ces nervures sont nettement con-

CARACTÈRES BOTANIQUES ig

vexes ; elles se voient d'ailleurs très bien à la face supérieure de la feuille qui est d'un vort brillant. Les fleurs sont toujours réunies au nombre de 3 à

Fia. I — Vue brancbe de caféier d'Arabls (Co/ea arabica L.), i>ec des fleurs (./î gr. n.l.).

7 à l'aisselle d'une feuille et chaque groupe de trois est entouré de quatre bractées dont deux triangulaires et deux de forme allongée. Ces bractées ne

ao LE CAFÉ

dépassent habituellement pas le calice. La floraison est de courte durée mais elle se reproduit plusieurs fois dans le cours d'une année. Les fleurs ressemblent quelque peu à celles du jasmin d'Espagne et répandent une odeur pénétrante. Quand on visite une plantation où les caféiers sont en fleurs cette odeur est assez prononcée pour ne pas être toujours agréable. Il n'en est pas de même des fleurs développées sur les caféiers sauvages de la forêt vierge ; le

FiG. 2. — Fleur du caféier d'Arabie. — /l, 11. entière; fî, 11. coupée dans sa

longueur. (2 fois gr. nat.)

voyageur reconnaît facilement l'odeur subtile et agréable du caféier au milieu de toutes les autres et. s'aperçoit ainsi qu'il se trouve à proximité d'un plant de ce végétal.

La fleur, portée par un pédoncule très court, possède un calice pourvu de cinq divisions très petites ou même à peine marquées. La corolle, à cinq divisions, présente un tube qui mesure un demi-centimètre de long ; les lobes sont lancéolés et arrondis à l'extrémité ; ils ont environ o*^'"7 de long. Les étamines exsertes possèdent un filet très court (o^'^iS) et des anthères de o^^ô à o*^""7. Les deux stigmates qui ont jusque 6 à 7 millimètres de long font saillie

CARACTÈRES BOTANIQUES ii

aussi en dehors du tube de la corolle ; le style a environ l'^S de long. Mais quelquefois le style est

beaucoup moins long et se trouve caché dans le lube de la corolle.

A côté des fleurs normales, Burk a trouvé sur les caféiers de Java un grand nombre de fleurs plus petites ne produisant pas de fruits ; ces fleurs ont un pédicelle extrêmement court et sont groupées engrand nombre à l'aisselle des feuilles ; les lobes de la corolle sont verts, A Menado on rencontre des fleurs anormales possédant une corolle à dix lobes et dix anthères dont le pollen ne mûrit pas; enfin un style portant jusqu'à vingt stigmates en deux verticilles;

l'ovaire contient un plus grand nombre d'ovules. Cette forme monstrueuse ne se rencontre que sur des terres très ricbes.

A la suite de la pollinisation, la corolle, les étamines et le style disparaissent ; mais l'ovaire entouré par le calice persiste et donnera le fruit. Or, cet ovaire, formé de deux loges séparées par une cloison verticale et contenant chacune un ovule fournira un fruit contenant deux graines. Ce fruit est habituellement ovoïde et, à son sommet, on peut voii' facilement, sous la forme d'une petite couronne, ce qui reste des bords du calice. Le fruit du café d'Arabie est généralement appelé cerise. A maturité, il est rouge jau-

CARACTÈRES BOTANIQUES aS

nàtre, plus rarement jaune (var. amarella) ou blanc (var. leucocarpa).

La paroi du fruit comprend trois parties : Tune extérieure formée d'un parenchyme assez serré et provenant du tissu du calice; une deuxième constituée par un parenchyme très lâche et peu résistant ; enfin une troisième formée d'une couche de cellules à paroi très épaisse et constituant une enveloppe dure, résistante, assez analogue au noyau qui entoure la graine dans l'amandier mais cependant beaucoup plus mince.

Cette dernière couche vient former au milieu du fruit une cloison double séparant les deux loges.

Dans chaque loge se trouve une graine convexe du côté externe, plane et marquée d'un sillon longitudinal du côté interne. Cette graine possède un tégument très mince qui manque le plus souvent sur les graines livrées au commerce ; à l'intérieur se trouve l'amande composée d'un albumen corné entourant un embryon droit à cotylédons foliacés. Parfois il arrive qu'une des graines avorte ; alors celle qui reste empiète quelque peu sur l'autre loge et, au lieu de rester plane d'un côté, devient plus ou moins convexe ; mais cette face est toujours marquée d'un sillon.

\]Ti grain de café se compose uniquement de l'albumen contenant l'embryon. Souvent cette amande est recouverte de sa pellicule fine et argentée (silverskin des Anglais), qui n'est autre chose que le tégument ; dans ce dernier cas, la graine est complète.

Si cette graine est recouverte de l'enveloppe parcheminée ou parche, constituée par la partie interne du fruit, on dit que la graine est en parche. Habituellement la graine ne remplit pas toute la parche,

car elle s'est contractée davantage que cette dernière par la dessiccation.

Enfin, le fruit tout entier contenant la graine ou les deux graines entourées de la parche et de la pulpe forme ce qu'on appelle la cerise. Cette pulpe qui enveloppe la parche présente habituellement peu d'épaisseur ; elle est charnue, un peu sucrée et s'enlève assez facilement ; si on laissait les cerises en tas cette pulpe entrerait en fermentation et les modifications chimiques entraînées par cette circonstance auraient sur les qualités de la graine une influence fâcheuse ; il convient donc d'éviter cette fermentation.

La cerise, d'abord verte, devient bientôt rougeâtre et, à la maturité, elle tire sur le noir.

Nous verrons plus loin comment les graines sont extraites de la pulpe et de la parche qui les entourent.

Le caféier d'Arabie, cultivé dans diverses parties du monde, a fourni un certain nombre de variétés qui sont encore actuellement assez mal étudiées. Parmi les plus caractéristiques nous citerons :

Var. amarella à fruits jaunes, à graines extrêmement riches en caféine, trouvée à Botocatu (Brésil) en 187 1. Non cultivée. Feuille de /|-5-6 centimètres sur i2,5-i8 centimètres.

Var. maragogipe remarquable par la grandeur et l'épaisseur de ses feuilles, de même que par la taille des fruits. Cetle variété, rencontrée en 1870 par Crisogono José-Fernandez, s'est répandue au Brésil et dans les colonies anglaises où on apprécie le goût agréable des graines. On a même tenté le croisement de cette forme et du Moka (Kew Bull. 1894, p. i37).

Dans les îles de la Sonde on connaît :

CARACTÈRES BOTANIQUES aS

Var. angustiffilia Miq., avec des feuilles en spatule (icm^.3cm gyp 5*=" 5-1 2^'") ; ces feuilles sont très brillantes et la nervation est à peine visible. Menado (Gelèbes).

Var. straminea Miq. C. simdana Miq., pourvue de feuilles elliptiques allongées portant 7 ou 8 paires de nervures secondaires ; ces feuilles ont une coloration vert jaunâtre. Variété trouvée à Sumatra par de Vriese, et dans la province de Préanger par Tejsmann (55o-i. 100" d'altitude).

Les variétés d'Afrique sont les suivantes :

Var. S^iiA/manmVWarbg., trouvée par Stùhlmann en grande quantité à Buboka pendant l'expédition d'Emin-Pacha ; ce caféier se trouvait à moitié sauvage dans les plantations de bananiers. Les feuilles ^5cm.^cin v^ j3cin.2o<^"») out généralement 9-1 1 et plus rarement i3 paires de nervures secondaires ; les bractées sont presque linéaires et dépassent le calice. Le fruit est normal.

Var. intermedia Frœhner, variété à petites feuilles {i*^™5-3*^" X 5*°-io^"*) ; 5-6 paires de nervures secondaires. Fleurs ordinairement par groupes de deux à quatre. Trouvée à Ligaijo (Afrique), par Fischer.

Var. leucocarpa Hiern. Feuilles de 2-3,5 x 7-i5^™, avec 6-7 paires de nervures secondaires. Fruits blancs (Sierra-Leone). C'est peut-être une espèce distincte et non une variété.

Frœhner considère comme des variétés deux espèces créées par Bâillon et provenant de la Grande- Comore :

Var. Humblotiana, Arbre élevé ; feuilles pourvues d'un pétiole de un centimètre de long ; les fleurs ont un pédicelle de un centimètre environ. Le fruit est noir à maturité.

M. Bertrand qui a analysé les graines de ce caféier ny a pas trouvé trace de caféine,

Var. rachiformis. Arbrisseau de 4-5 mètres de hauteur, à petites fleurs ; d'après Fauteur de la description (Bâillon) le fruit ne contiendrait qu'une seule graine.

Nous citerons encore, au nombre des formes cultivées : le café soufrière de la Dominique particulièrement rustique et doué d'une résistance remarquable aux attaques des insectes ; le caféier Leroy qui fournit le Bourbon pointu et qui a été trouvé à la « Ravine-aux-Chèvres » (Réunion) par un nommé Leroy ; quelques auteurs en font une espèce particulière (C. laurina). On cultive aussi à la Réunion un caféier dit Caféier du pays^ à graine ovale (dans le commerce on dit café rond), tandis que le café Leroy est à graine allongée (café pointu du commerce) ; Le Café du pays a un arôme plus recherché que le café Leroy,

Le « Café nacional » qui est le plus répandu dansles plantations du Brésil n'est autre chose, en somme^ qu'une variété spéciale du caféier d'Arabie. Il est plus robuste et plus résistant que toutes les autres variétés, mais moins productif que le Caféier de Bourbon planté en bonne terre. Il y a au Brésil : trois quarts des plantations en café nacional^ un cinquième en café Bourbon, le reste en Botocatu (Amarella) et en Maragogipe (i).

Le café d'Abyssinie paraît être aussi une variété du Coffea arabica L., avec des branches plus redressées. Nous avons rencontré quelques-uns de ces^ caféiers dans une plantation de la Guadeloupe. lien

(i) Dafert. Amsterdam, i898.

existe d'ailleurs un spécimen présentant les mêmes caractères dans les serres de l'Ecole de Pharmacie de Paris sous le nom de C. abyssinica.

i5. C. coNGENsis. Frœhner (Notizbl. d. Kgl. bot. Mus. 1897, p. 23o). Arbrisseau ou petit arbre à feuilles pourvues d*un pétiole de i centimètre ; La dimension des feuilles est de 4-6 X 12-16 centimètres et la pointe mesure environ i centimètre. Il existe 6-7 paires de nervures secondaires. Fleurs par groupes de 4-8 ; bractées dépassant la calice ; calice à peine denté sur les bords. Corolle divisée sur les deux tiers de sa longueur, le tube a environ 4 millimètres de longueur. Le fruit est semblable à celui du C. arabica.

Congo: Stanleyfalls, Coquilhatville, Lualaba; fleurit en jaune. D'après Laurent cette espèce se développe dans les sols formés de sable siliceux humide. Les graines ont, paraît-il, peu d'arôme (Laurent).

i5. C.Stenophylla G. Don, C. arabica Benth {Book, Nig. fl. p. 4i3; Gen. Syst. III, p. 58i, i834; Oliver, fl. trop. Afr. III, p. 182; Kew. Bull. 1898, p. 167; Kew Bull. 1896, p. 119).

La colonie anglaise de Sierra-Leone possède un caféier indigène connu depuis longtemps déjà et que ses qualités exceptionnelles paraissent devoir mettre bientôt au premier rang. Désigné par les Anglais sous le nom de Bighland Coffee, et par les Allemands sous celui Ae Hochland Kaffee, ce caféier appartient à l'espèce Coffea stenophyllaG. Don. C'est un arbrisseau toujours vert ou un petit arbre pouvant atteindre au maximum vingt pieds de haut. Les feuilles jeunes présentent une couleur rougeâtre. Bien développées elles ont quatre à six pouces de long sur un à un et demi de large ; elles sont d'un vert luisant à la face supérieure, mais plus pâle à la face inférieure. Les nervures secondaires au nombre de 6 à 10 paires pour chaque feuille présentent, près de leur inser-

lion sur la nervure principale, une petite glande à ouverture tournée vers la face supérieure de la feuille.

Les fleurs, solitaires ou groupées seulement au nombre de deux ou trois, de couleur blanche, sont assez grandes, car elles mesurent souvent un pouce et même un pouce et demi de diamètre quand la corolle est bien ouverte. Celle-ci présente 6 à 7 lobes. Le fruit globuleux contient habituellement deux graines hémisphériques pourvues d'un sillon central assez étroit.

Ce caféier se rencontre dans son pays d'origine^ à des altitudes variant entre 160 et 700 mètres ; il vient très bien dans des terrains dont le sous-sol est constitué par les matériaux de décomposition du granité et du gneiss (i).

En 1894, le Jardin Royal de Kew reçut de Sierra- Leone un certain nombre de plants de ce nouveau caféier. Ces plants produisirent des fleurs en septembre 1895 et des graines purent être adressées par l'Administration du Jardin de Kew dans la plupart des colonies anglaises, pour voir si le caféier de Sierra-Leone pouvait s'y acclimater. A Ceylan, les résultats n'ont pas été satisfaisants ; au contraire, ce caféier paraît devoir prospérer à la Dominique, à la

(i).« Dans les forêts ppaisses, le tronc du caféier est dépourvu de branches jusqu'à la partie supérieure, oiî les rameaux forment une cime médiocrement fournie. Le fruit renferme deux graines, à membrane jaunâtre, unie, parcheminée. Grains très petits, d'un poids moyen de 5 centigrammes, de coloration brun clair avec teinte verdâtre ; quelques-uns presque sphériques ou ovoïdes, la plupart plus ou moins convexes sur leur face dorsale, très aplatis et même un peu concaves sur leur face ventrale dont le sillon très net est rarement médian. Ce café possède un arôme des plus agréables, une saveur exquise ; on lui reproche cependant un certain goût sauvage » (D"" Corre, Esquisse de la faune et de la flore de Rio-Nunez. Arch. de médecine navale, 1876.)

CARACTÈRES BOTANIQUES 3i

Jamaïque et à la Trinidad. J'ai eu Toccasion de voir au Jardin Botanique de Port-d'Espagne (Trinidad) de magnifiques exemplaires de ce caféier chargés de fruits et indemnes de toute maladie. La figure cicontre représente un de ces caféiers. Mais les essais n'ont pas actuellement une assez longue durée pour qu'il soit possible d'en tirer des conclusions fermes. Il est regrettable que ce caféier ne soit pas encore à l'essai dans les colonies françaises, car, si on en croit les commerçants établis à Sierra-Leone, du café récolté dans le pays et apporté en France aurait atteint les prix de vente des meilleurs Mokas,

î6. G. SPATHICALYX, K. Sch. (Engler's bot. Jahrb, XXIII, 1897, P- 464)- Arbuste de 2 à 3 mètres à feuilles brillantes à la face supérieure, pourvues d'un pétiole court, avec un acumen long et fin de 2,5 centimètres de longueur ; leurs dimensions varient entre 2,3-5 et 8-1 4 centimètres et elles possèdent 5-7 paires de nervures secondaires. Les fleurs géminées à Taisselle des feuilles sont grandes et pourvues de 3 bractées. Le calice présente un tube de 6 millimètres avec cinq petites dents d'un demi-millimètre. La corolle mesure 2°"", 6 de longueur; les 6 lobes disposés en entonnoir sont assez larges et ont^ environ i5 millimètres de long. Les anthères ont plus de 7 millimètres de long et sont entièrement exsertes.

Cameroun, en forêt, sur un sol de latérite.

17. G. Staudtii, Frœhner. (Notizbl.d. Kgl. bot. Mus. 1897, p. 23o). Arbuste à grandes feuilles (6-7 centimètres sur 20- 25) pourvues de 9 ou 10 paires de nervures secondaires. Les fleurs, géminées, sont entourées par des bractées atteignant 6 millimètres et dépassant le calice. Le tube de la corolle mesure 3 millimètres de long et les lobes 1 3 millimètres. Les anthères font saillie au dehors du tube de la corolle de même que les stigmates. Le fruit ressemble à celui du Coffea liberica mais l'endocarpe est plus mince et se rapproche de celui du C arabica. Les graines sont de la taille de celles du caféier de Libéria. On trouve souvent des fruits à une seule graine.

Trouvé par Staudt sur le Jean- Albert au Cameroun.

i8. G. HYPOGLAucA, Welw. (ïransact. Linn. Soc. London, II, I. 173); Oliver, Flor. trop. Afr. III, i84). Arbrisseau de 3 à 5 mètres ou petit arbre de 5 à 7 mètres à branches étalées, à feuilles elliptiques, acuminées, à base plus ou moins cunéiforme, un peu coriaces, luisantes à la face supérieure, blanchâtres en dessous; nervures grêles au nombre de 5-6 de chaque côté ; stipules à base large, dépassant le pétiole. Les feuilles mesurent 3-ii centimètres de large sur 7,5 à 28 centimètres de long.

Angola : Gatete, Pungo Andongo (Welw.), dans les forêts.

19. G. GiLGiANA, Frœhner, nov. sp. Arbrisseau de o™,7 à 3 mètres de hauteur portent des fleurs d'un blanc de neige à odeur très fine. Les feuilles sont de consistance papyracée et mesurent 8-7 sur i3-i5 centimètres. Elles présentent de chaque côté de la nervure principale 5 ou 6 nervures secondaires. Les fleurs isolées à l'aisselle des feuilles sont très grandes (8-12 centimètres) et le tube de la corolle mesure jusque 7 centimètres de long avec 5 lobes de 4 à 5 centimètres sur 5 à 10 millimètres. Les anthères sont cachées dans le tube de la corolle. Le style est court (1/2 centimètre) et les 2 stigmates (2 centimètres) sont complètement cachés dans le tube de la corolle. Le fruit n'a pas été étudié.

Gameroun: sur le Jean- Albert (4oo mètres d'altitude), (Staudt).

Sect. III. Grandifoliœ.

20. G. MACRocHLAMYs, K. Sch. (Euglcr's bot. Jahrb. XXIII, 1897, p. 463). Arbuste de 3-8 mètres de hauteur à branches peu nombreuses portant des feuilles de 9 à 16 centimètres de largeur sur 20 à 22 centimètres de longueur. Les stipules ont 6 millimètres de long. Les fleurs sont solitaires ou géminées. Le pédicelle court, ainsi que la base des fleurs, se trouvent cachés par 3 bractées. La corolle atteint 2^™, 7 de long; les lobes au nombre de 7 ont jusque 18 millimètres de long. Le fruit est ovoïde; desséché il est noir.

Gameroun : village de Lolo à 5oo mètres d'altitude et à Yaunde (800 mètres).

21. G. cANEPiioRA, Pierre (Notizbl. d. konigl, bot. Mus. 1897, p. 23o); petit arbre ou arbuste à branches faibles por-

cnféifF Aa KciuIIdu (Con

tant de grandes feuilles (jusque 33 centimètres de long) atténuées aux deux extrémités pourvues d'un pétiole très court et présentant i3 paires de nervures secondaires. Les fleurs, par groupes de 4 à 6, sont entourées par des bractées. Le calice présente 4 divisions peu marquées. La corolle, aussi grande (jue celle du Coffea libérien, porte 4 ou 5 lobes ; le tube mesure environ 9 millimètres de longueur et les lobes i5 millimètres. Les anthères font saillie au dehors du tube de la corolle de même que le style.

Gabon : Pays des Eshirras.

Cette espèce est très commune sur les bords du Sankuru et du Lomani (État indépendant) et elle est cultivée dans les plantations de l'État à Lusambo. Les Arabes l'ont aussi plantée dans leurs stations du Manyema. M. Laurent la considère comme une espèce d'avenir pour le Congo.

22. G. LiBERiCA. Hiern. C Arabica Benth. (Hort; Bull. fl. XXIV ; Trans. Linn. Soc. Lond. II, I, p. 171; Olive?' Fl. trop. Afr. III, p. 181 ; Deutsche Colonial Zeitung, 1892, p. 92.)

Le caféier de Libéria diffère assez notablement du caféier d'Arabie. Au lieu d'être un arbuste, c'est un véritable arbre pouvant atteindre dix mètres de hauteur. Sa forme, comme celle du caféier d'Arabie, est pyramidale, son tronc est droit, sa racine principale très développée et de couleur brune. Du tronc se détachent, de distance en distance, des rameaux disposés par paires, de telle sorte qu'une paire croise perpendiculairement la paire située immédiatement au-dessous. Ces rameaux qui sont opposés entre eux sont flexibles, presque cylindriques, noueux et couverts, comme le tronc, d'une écorce plus rude et plus brune que celle du caféier d'Arabie. Les feuilles sont coriaces, profondément ridées, acuminées, un peu sinueuses surlesbords, très brillantes, ovales, mesurant de o*"i6 à o™35 de long sur o'"6 à o'"i5 de large. Elles sont supportées par un court pétiole très fort. Les

nervures latérales sont au nombre de 8 à 12 paires avec des glandes à Faisselle de leur insertion sur la nervure principale. Stipules larges, un peu plus courtes que le pétiole.

Les fleurs sont grandes et les lobes de la corolle sont au nombre de 6 ou 8 au lieu de 5 comme chez le caféier d'Arabie. Le fruit est une baie ovoïde, atteignant parfois un pouce de longueur. Généralement les graines sont au nombre de deux dans le fruit.

Un avantage appréciable que possède le caféier de Libéria, c'est que le fruit est attaché solidement aux ])ranches et ne tombe pas, une fois mûr, aussi facilement que celui d'Arabie; il exige donc moins de main-d'œuvre pour la récolte.

Le caféier de Libéria est plus précoce que celui d'Arabie. A vingt mois, il atteint de 3 à 5 pieds de hauteur; il fleurit et donne du fruit à vingt-huit moié.

Des graines semées à Ceyian dans le Jardin Botanique de Peradenya, en mars 1874, ont produit des plants qui ont fleuri dix-huit mois après. En mars 1876, nouvelle floraison, et en décembre de la même année, récolle abondante (d'après Dabry de Thiersant.)

On distingue quatre variétés de Libéria d'après la forme et la grandeur du style :

1° Style long et presque conique; base aussi large que le calice ;

2** Style aussi long que le précédent; mais étroit;

3** Style large et cylindrique ;

4"* Stvle court et mince.

Libéria (ïh. Vogel, Daniello) : Sierra-Leone (Afzelius). Angola : Golungo-Alto ; Gazengo (Welw.) Gabon CButtnen.

33. G. Ibo, Frœhner (Notizbl. d. Kônigl. bot. Mus. 1897); arbrisseau portant fleurs et fruits sur les mômes rameaux.

i {C, W«Tir., Ilifrn). D'après

CARACTÈRES BOTANIQUES 3o

Calice à 7-8 dents dépassant les bractées; corolle de 2''™, 4; le tube a environ 9 millimètres de long. 'Anthères et stigmates dépassant le tube de la corolle. Graines petites. Mozambique.

24' G. RACEMOSA, LouF. (FloF. Goch., 1790, p. i45 ; Oliver, Flor. trop. Afr. III, p. i85)= C Mozambicana, D. G, (Prodr. IV, p. 5oo) = C. ramosa, R. et Schult. (Syst. veg. I, p. 198), Arbrisseau de 4 pieds de hauteur, très rameux, à feuilles ovales-lancéolées, à pétiole court. Mozambique.

25. C. MAURiTiANA. [borbonico) Lam. (Encycl. meth. Paris, 1783, p. 55o; Illust. II, p. 288; D, C, Prodr., IV, 499 ; Baker, flor. Maur. and. Seych. Londres 1877, p. 162 ; de Cordenioy, FI. de Tîle de la Réunion, p. 5o6). = C.ârraAzc«WilId.(Spec. plant. 1797, I,p. 974). = C. sylvestris Willd. G. R. et Schult.; Syst. végét. 1819, p. 201, N. 28.)

Arbuste de 2-3 mètres de hauteur. Feuilles ovales, oblongues, atténuées aux deux extrémités, à nervures réticulées ; c'est à peine si on peut distinguer les nervures secondaires.

Les feuilles mesurent 3^"4-6*'™ sur 9 à 11*^™.

« Les fleurs, à parfum suave, ne naissent pas à Taisselle des feuilles, en cimes contractées, comme chez le C. arabica^ mais sont solitaires et très brièvement pédicellées. La baie est oblongue, arrondie à l'extrémité, étroite à la base ; la graine possède aussi cette forme. » (de Cordemoy, loc. cit.)

Se rencontre assez abondamment dans les forêts de la Réunion de 200 à 1.200 mètres d'altitude.

« Les graines servent aux mêmes usages que celles du C. arabica, auxquelles on les mêle quelquefois ; mais les effets physiologiques en sont plus prononcés. » (de Cordemoy, loc. cit.)

. 36. G. MACROCARPA, A. Rich. (Mem. Soc. hist. nat. Paris, Lecomte. 3.

/io LE CAFÉ

1884, p. i68)rr^C. grandifolia, Boj. (Hort. Maur., 173).

La description' donnée par Frôhner ne correspond pas à l'échanlillon du Muséum recueilli par Boivin.

Réunion et Maurice.

37. C. BRACHYPUYLLA, Radllî. (Brcmen Abhandl., 1883, VIII, p. 390).

Madagascar ; Nossi-Bé.

28. C. Zanguebari^, Lour. ^= Amazona africana, Sprengel {Lour. Flor. Coch., 1790, p. i45; Hiern, Transact. Linn. Soc. Lond., 1880, II, I, p. 173; Oliver, Flor. trop. Afr. III, p^ 183). Petit arbrisseau dressé de 1^,70 de hauteur, à feuilles glabres, ovales, mesurant de 3,5 à 6 centimètres sur 5 à 11 centimètres avec un acumen arrondi, de 4 millimètres; 6-8 paires de nervures secondaires. Les stipules larges à la base se terminent en pointe. Le fruit rouge noirâtre, ovoïde, mesure environ 7^9 millimètres de long.

Zanzibar, Mozambique.

Enfin dans le sous-genre Lachnostoma. Frœhner range les espèces suivantes :

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