CHAPITRE XIV
Difûculté d'établissement des comptes de culture. — Par cela même qu'une plantation de café constitue une œuvre de longue haleine, que l'on continue d'étendre tous les ans en utilisant la main-d'œuvre disponible, le compte des frais de création et de culture d'une telle plantation devient très difficile à établir. La dépense totale au bout d'un certain nombre d'années se chiffre toujours facilement pour le planteur; mais dans cette dépense totale, si une comptabilité rigoureuse n'a pas été tenue, les frais de premier établissement s'enchevêtrent constamment avec les frais de culture et il devient difficile de faire le départ des uns et des autres. A ces dépenses, déjà si complexes, viennent s'ajouter des frais généraux dont quelques-uns, d'ordre tout à fait personnel, sont susceptibles de varier dans des U|nites très étendues d'un planteur à un autre.
Nous croyons pour notre part que ces comptes de culture ne peuvent être établis qu'en prenant pour base la comptabilité d'une plantation existante et bien tenue. Malheureusement il est presque impossible de rencontrer ces exploitations modèles où toutes les dépenses et toutes les recettes sont soigneusement inscrites et surtout il esta peu près impossible,
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aaô LE CAFÉ
quand ces documents existent, d'en obtenir communication. Les autejLirs qui ont fourni des comptes détaillés de culture ont donc dû les établir en grande partie eux-mêmes, d'après des renseignements de sources diverses et ces comptes sont toujours, par leur origine même, quelque peu artificiels. Nous en fournirons quelques-uns à nos lecteurs mais nous n'entendons pas certifier leur exactitude et nous en laisserons la responsabilité entière à leurs auteurs respectifs.
Il nous paraît logique de procéder plus simplement. Ce qu'il importe de connaître ce sont les éléments qui permettent d'établir ce compte plutôt que ce compte lui-même. Pour un pays donné on pourra fournir au planteur de café un certain nombre de données essentielles : le prix moyen d'un hectare de terre, les salaires à payer pour le défrichement de cette surface de terre, pour le creusement des trous, pour la mise en place des plants. Nous entendons par là les salaires à payer aux ouvriers sans tenir compte des frais généraux qui peuvent être très différents suivant les personnes et aussi suivant l'importance de la plantation. On devra aussi connaître pour une région donnée le rapport moyen de chaque arbre en café prêt à être livré au commerce et par conséquent le rapport par hectare; la maind'œuvre nécessaire pour l'entretien d'un hectare de café et pour la cueillette, le prix exact de cette maind'œuvre, etc. En y ajoutant les frais d'installation de machines et de hangars pour la manipulation, les frais de manipulation, de séchage, de transport, l'amortissement du capital employé, on aura tous les éléments pour calculer les dépenses et les recettes. Si le planteur a quelque expérience de la vie dans
les pays qu'il compte habiter et s'il a déjà pratiqué la culture du café, il pourra facilement faire la part des frais généraux pour compléter ses prévisions ; s'il s'agit d'un planteur venant d'Europe, sans la moindre expérience de la vie dans les pays chauds, le meilleur conseil qu'il soit possible de lui donner sera de concentrer tout d'abord ses efforts vers l'acquisition de cette expérience par un stage dans une plantation avant d'entreprendre lui-même une œuvre pour laquelle il n'a pas été spécialement préparé. C'est le meilleur moyen d'éviter les écoles coûteuses et inutiles.
Prix de la main-d'œuvre à Java. — Le tableau suivant fourni par M. Cochius, agent consulaire de France à Java nous paraît constituer dans l'ordre d'idées que nous venons d'émettre un document très intéressant :
TARIF DES TRAVAUX A LA TACHE A JAVA d'après F.-D. Cochius, agent consulaire de France (i).