‹ Le café: culture-manipulation, productionChapitre 6 sur 116 · SAN PAULO · texte numérisé non relu

SAN PAULO

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Lat. 23"3(j'58"

CRUZERO

(et. de SAN PAULo)

Ail. 5l2™

Comme on le voit par ces quelques exemples, à moins de rares exceptions, les chutes de pluie se produisent chaque mois au Brésil dans la zone de

culture du café. Ces précipitations atmosphériques sont d'ailleurs provoquées parla présence des chaînes peu élevés qui sillonnent le pays.

Climat de l'Arabie. — Nous avons peu de renseignements sur les conditions climatériques des régions de l'Arabie où croît le caféier ; cependant, on sait que les plantations du Râmed, qui fournissent le meilleur café, se trouvent au milieu d'une chaîne de montagnes, dirigée du nord au sud; elles couvrent les flancs est et ouest de ces collines. Grâce à cette circonstance, le caféier ne reçoit le soleil que six à huit heures par jour; de plus, il arrive souvent que des brouillards intenses protègent les caféiers pendant plusieurs jours consécutifs contre l'ardeur des rayons solaires. Dans les montagnes de l'Hedjaz, les caféiers se trouvent à peu près dans les mêmes conditions.

D'ailleurs, dans la période de sécheresse, les habitants de ces régions de l'Arabie apportent un soin méticuleux à l'arrosage de leurs caféiers ; ils utilisent le moindre ruisseau et, par une irrigation bien comprise, ils savent atténuer, autant que possible, les inconvénients d'une sécheresse prolongée.

En résumé, il ne paraît pas prudent d'organiser des plantations de café dans les régions où se produisent de longues périodes de sécheresse. Des pluies continuelles nuiront, d'autre part, à l'éclosion des fleurs, à la maturation des fruits et à la manipulation de la récolte. Il convient donc de choisir un climat présentant une saison dite sèche, coupée par quelques pluies de peu de durée. Fixer un nombre maximum de jours de pluie par année, comme on le fait quelquefois, serait peu logique, car l'im-

LE CLIMAT ET L'ALTITUDE Vj

portant n'est pas d'avoir cent cinquante jours de pluie par année, mais d'en avoir quelques-uns pendant la partie la plus sèche de Tannée (i).

En certaines régions de Ceylan où des plantations de caféiers ont été organisées à une altitude un peu élevée, les chutes de pluie sont^trop abondantes et trop fréquentes; de plus, chaque soir s'élève un brouillard épais qui sature l'atmosphère d'humidité. Dans ces conditions, les caféiers ont d'abord un bel aspect; mais ils ne fournissent que de très faibles récoltes. Au contraire, dans le district de Wynaad, au sud des Indes (d'après Semler), il n'est pas rare d'observer des périodes de quatre et même cinq mois sans une goutte de pluie. Pendant cette période sèche, le soleil est très chaud et les caféiers en souffrent très manifestement; ils perdent une grande partie de leurs feuilles et subissent une sorte de repos hibernal qui paraît très préjudiciable à leur vigueur, car ils se laissent facilement envahir par les parasites végétaux.

Nous avons nous-méme rencontré dans certaines régions basses du Congo des caféiers qui avaient perdu leurs feuilles à la suite d'une saison sèche trop prolongée.

D'ailleurs, il faut tenir compte aussi de la perméabilité du sol et de la capacité qu'il possède de retenir une certaine quantité d'eau. Si cette dernière condition se trouve portée à un haut degré, les caféiers, peuvent, sans trop en souffrir, supporter des périodes prolongées de sécheresse; mais il faut éviter que

(i) Semler : die tropische Agrikultur, admet que le nombre de jour* de pluie ne doit pas être inférieur à loo par année et ne doit pas dépasser i5o.

Lecomte. a

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cette perméabilité transforme le sol en un marécage ; toutes les fois que la végétation comprend des joncs c'est la caractéristique des eaux stagnantes et on peut être assuré que des caféiers ne pourront prospérer.

En ce qui concerne spécialement le caféier de Libéria, nous rappellerons que le pays d'origine de ce caféier se trouve situé entre 4** et 8® degré de latitude N. La température à Tombre est de 74 à So** Fahrenheit (23®,3 à 26^,6 centigrades), mais pendant la saison chaude, elle peut atteindre 90** F. (32**) et même dépasser 100^ F. (38**). La température la plus basse, 62** F. (16**, 6) au lever du soleil, fut observée à Monrovia au mois de janvier pendant que soufflait V Harmattan, Dans l'intérieur du pays, les différences ne sont pas aussi grandes; à 25 milles de la côte, Taltitude est déjà de 5oo pieds, et à 198 milles on constate une élévation de 2,200 pieds au-dessus du niveau de la mer. Malgré ces différences d'altitude, le café paraît le môme. La longue période de sécheresse qui règne à Libéria semble exercer sur la maturation et l'arôme du fruit une influence salutaire.

A l'état sauvage, on rencontre des arbres splendides ayant plus de 3o pieds de hauteur et un diamètre de 10 à 12 pouces.

L'altitude. — En dehors du caféier de Libéria qui prospère très bien dans les régions basses et dont la culture à une altitude un peu élevée ne donnerait pas de bons résultats, il faut reconnaître que toutes les variétés cultivées de café d'Arabie se plaisent sur les collines à des altitudes variables suivant les pays considérés et surtout suivant la latilude.

En Arabie, comme nous avons déjà eu l'occasion

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de le dire, c'est sur les flancs des collines que la culture du caféier est pratiquée, et non pas dans les plaines.

A Geylan, on ne le cultive guère qu'à des altitudes variant entre 5oo et 1,200 mètres. A la vérité, on rencontre dans la plaine de nombreux jardins de café appartenant aux indigènes ; mais ils sont soigneusement ombragés par des cocotiers ou des jacquiers. Dans le sud de l'Inde, les altitudes les plus ,favorables paraissent osciller entre 1,100 mètres et 1,600 mètres et les plantations du Nilgherry qui produisent le plus se trouvent, paraît-il, à plus de 1,800 mètres d'altitude.

A Java, le caféier d'Arabie n'est jamais cultivé à des altitudes supérieures à 1,700 mètres, mais les meilleures plantations s'étagent entre 700 et i,3oo mètres.

Dans l'île de San Thomé, qui se trouve presque exactement à l'Equateur, près de la côte occidentale d'Afrique, on cultive le café à partir de 200 ou 3oo mètres, jusqu'à 1,000 et 1,200 mètres d'altitude.

En Amérique, comme il est facile de le prévoir, les altitudes de culture s'abaissent à mesure qu'on s'éloigne de l'Equateur. A Gosta-Rica, les plantations s'étagent entre i,3oo mètres et près de 1,700 mètres ; plus au nord, dans le Guatemala, elles descendent à 700 et 1,000 mètres; enfin, dans le district de Golima (Mexique), les meilleures plantations se trouvent de 3oo à 5oo mètres d'altitude.

Au Brésil, l'aire de culture du café peut (d'après Van Delden) se subdiviser en deux zones. La première, où prédomine le climat maritime, comprend les provinces de Rio-de-Janeiro et d'Espirito Santo, avec les parties des provinces de Minas Geraes et de

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San Paulo qui appartiennent à la grande vallée du Parahyba. La culture du café ne peut s'y faire qu'à une altitude variant entre 260 et 55o mètres. Les plantations situées à moins de 200 mètres d'altitude ne donnent guère qu'un produit peu recherché connu dans le commerce sous le nom de café capitania. Au-dessus de 55o mètres, les récoltes sont tardives et irrégulières. Dans la région de la Serra Acima,qui constitue le plateau proprement dit de Parahyba, les terres se divisent en trois catégories :

jo f^if^pd abaixo (100 à 200 mètres d'altitude).

2° Terra 7nedio (200 à 55o mètres);

3° Ter?'a frio (Terrains froids, au-dessus de 55a mètres).

C'est à la première catégorie qu'appartiennent habituellement les terres à café. Cependant, en cer-r tains endroits, comme dans les vallées du Rio Negro, on peut déjà cultiver le café entre i3o et i5o mètres; les plantations situées au-dessus de 45o mètres y produisent très peu.

Il faut remarquer aussi que les planteurs distinguent avec soin les terres exposées au soleil de II heures du matin jusqu'au soir (Soalheiros), et celles qui reçoivent seulement le soleil avant 1 1 heures du matin (Norwegas).

La deuxième zone, celle de Santos, se trouve plus à l'intérieur et ne commence guère qu^à i5o kilomètres de Santos (entre 21^ et 24^ de latitude sud).

Dans cette zone, le climat continental n'est plus tempéré par l'action de la mer et l'été est notablement plus chaud que dans la région de Rio. Au-dessous de 600 mètres, les plantations n'offrent que peu de chances de succès; elles s'étendent principalement de 800 à 85o mètres d'altitude ; en certains points,

<îlles atteignent môme i,ooo mètres. Mais on est toujours limité par la nécessité de ne pas trop s'éloigner des voies de communication, car on augmenterait dans des proportions énormes les prix de transport.

Gomme on peut s'en rendre compte par les considérations dans lesquelles nous venons d'entrer, la culture du caféier d'Arabie ne donne habituellement de bons résultats qu'à une certaine altitude au-dessus du niveau de la mer et cette altitude nécessaire paraît d'autant plus élevée qu'on se rapproche davantage -de l'Equateur. On obtient ainsi le moyen de placer la plantation dans des conditions de température plus convenables au bon développement du caféier, puisque la température s'abaisse en même temps que l'altitude augmente. De plus, il est bien clair que les ■chutes de pluie sont notablement plus fréquentes et plus abondantes dans les zones montagneuses que dans les plaines, ce qui constitue encore une condition éminemment favorable à la culture qui nous intéresse.

Le caféier de Libéria, au contraire, paraît affectionner les terrains bas et il ne semble pas qu'il soit possible dans aucun cas de le cultiver à des altitudes supérieures à 5oo mètres. C'est évidemment ce caféier qui donnera les meilleurs résultats dans celles de nos colonies tropicales qui ne présentent pas de collines élevées. Quant au caféier de Rio-Nunez [Coffea .stenophyllaj Hiern) il croît à une altitude élevée dans son pays d'origine et dans les essais de culture qu'on en pourra faire, on ne devra pas perdre de vue ce fait important. Au voisinage de Sierra-Leone on le rencontre de 5oo à 2,000 pieds d'altitude sur les sols produits par la désagrégation des granités et des gneiss.

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