PREFACE VII
Enfin, comme si le goût de plus en plus prononcé du public ne leur assurait pas déjà une source suffisante de gains légitimes, le commerce, l'industrie ont tenté parfois de centupler leurs profits, en altérant, en falsifiant les éléments, graines ou feuilles, qui servent à préparer ces boissons.
Qui ne voudrait connaître ces pièges tendus à la bourse et à la santé de chacun, pour mieux s'en défendre ?
Voilà pour l'individu.
Quant à la famille, à la société
— Eh quoi! dira-t-on, faites-vous à cette petite graine de café, à cette simple feuille de thé l'honneur de croire qu'elles portent si loin et si haut leur influence !
— Pourquoi non?
Qui pourrait nier le rôle social des établissements que l'on appelle Cafés, leur influence sur les habitudes d'ordre, d'économie, de travail ; l'inévitable résultat du contraste malsain de tout le luxe que l'on y voit avec l'intérieur relativement simple, modeste, que l'on trouve au retour ?
Qui verrait sans eff'roi le chifl're de la consom-
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mation de Talcool, des liqueurs enivrantes grossir tous les jours à la faveur du café ?
La même table, le même plateau présentent au consommateur les deux boissons. Là, 4e café n'est plus qu'un anodin prélude, qu'un prétexte menteur pour la consommation de l'eau-de-vie, de l'alcool, sous toutes ses formes. Tel qui n'oserait s'asseoir devant une table chargée de liqueurs, n'a plus de scrupule, si à côté du petit verre figure la tasse de café... Enfin, le tabac, autre accessoire obligé du café, ne manque pas d'exciter par son acre fumée une soif factice, et le besoin de libations nouvelles.
Dans un autre volume, nous faisons l'histoire, et nous disons l'influence de V alcool et du tabac : ici, il suffisait d'indiquer ces dangers trop réels.
Tout autre est le rôle social du thé.
Loin de séparer la famille, il la réunit. Voyez les repas de thé en Angleterre ou en Russie. Soir et matin, chacun des membres de la famille est présent, l'usage le veut, à ces réunions dont on ne saurait contester la bienfaisante influence morale.
Chez nous, où la famille est en général moins nombreuse, moins agglomérée, moins disci-