‹ Le café, le chocolat, le théChapitre 9 sur 15 · Union médicale, 30 mars · texte numérisé non relu

Union médicale, 30 mars

teurs le cultivent aujourd'hui dans les serres, ou même dans les orangeries. Car il n'exige pas une haute température; il suffit de le préserver des froids de l'hiver. Il donne des fleiirs, mais rarement des fruits.

Tous les essais tentés sembleraient prouver que les propriétés de cette plante se perdent si on l'expatrie.

Cependant les Hollandais ont obtenu quelques succès à Java, et on le cultive encore dans les environs de Rio de Janeiro, où il a été introduit par les Portugais.

Tous les thés de ces provenances sont inférieurs à ceux de la Chine.

Le thé réussit au Tonquin et en Cochinchine, où il ne se trouve pas dépaysé* - .

Dans la province d'Assam, qui fait partie des possesions anglaises de l'Indoustan, il est cultivé depuis fort longtemps, ce qui a pu faire croire qu'il y est indigène; mais ce fait s'explique suffisamment par le voisinage de la Chine et les relations des deux pays. Du reste, le gouvernement anglais,. qui a trouvé cette culture établie, n'a pas manqué de l'encourager et de lui donner plus d'extension. Les thés de cette provenance constituent une variété commerciale secondaire, supérieure cependant aux autres thés exotiques.

Variétés commerciales.

Y a-t-il plusieurs espèces botaniques de thé. ou simplement plusieurs variétés d'une espèce unique dues à Tinfluence de diverses causes ?

Linné, et d'autres botanistes qui ont adopté ses classifications, ont distingué deux espèces de thé, d'après le nombre des pétales de la fleur.

Mais la plupart des botanistes, ne regardant pas ce caractère comme essentiel, n'admettent qu'une seule espèce, et considèrent le thea bohea (thé bou) et le thea viridis (thé vert) de Linné comme de simples variétés produites, dans le cours des siècles, par une culture perfectionnée.

Il est facile de comprendre que cette plante ayant été cultivée de temps immémorial par un peuple éminemment agricole, il a dû se passer ce que nous voyons se produire pour nos arbres fruitiers. Nos horticulteurs n'opèrent-ils pas tous les jours de véritables métamorphoses, et, par des procédés fondés sur l'observation de la nature, ne parviennent-ils pas à créer de nouvelles espèces de fruits , auxquelles ils revendiquent l'honneur d'attacher leur nom?

Il est donc plus que vraisemblable que la culture a modifié les feuilles de thé, et créé les variétés connues sous différents noms dans le commerce. D'ailleurs les influences du sol et du climat ne sont pas restées étrangères à ces modifications, et suffiraient peut-être à les expliquer,

Les variétés très-diverses de thé que l'on trouve dans le commerce peuvent se ramener à deux grandes classes : les thés noirs, et les thés verts^ qui ne correspondent pas à des espèces végétales différentes, comme nous venons de le dire, mais à des choix de feuilles récoltées, à une époque plus ou moins avancée, sur un même arbrisseau, et auxquelles on fait subir des opérations qui en modifient l'aspect et les propriétés.

Dans la première récolte, en avril, on choisit et Ton cueille, une à une, les feuilles les plus tendres, pour faire le thé vert. Les autres récoltes, faites avec moins de précaution, fournissent les feuilles qui donnent le thé noir ^

Thés noirs.

Voici., avec la traduction de leurs noms chinois et leurs caractères distinctifs , la nomenclature des principales variétés usitées dans le commerce :

[" Souchong (siào-tchông , petite espèce), d'un brun noirâtre, fait avec les feuilles de l'arbuste qui a produit le péko et le congo, mais de la seconde récolte, plus larges, et lâchement roulées. Il a une saveur et un arôme peu prononcés.

'2° Congo (kong-fou, travail), d'un noir grisâtre ; feuilles minces, courtes; arôme assez agréable. Il

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