Tome I, p
eo
22 novembre 1714 : « Je ne peux supporter le café, le chocolat et le thé, et je ne puis comprendre qu'on en fasse ses délices; un bon plat de choucroute et des saucissons fumés sont, selon moi, un régal digne d’un roi, et auquel rien nest préférable : une soupe aux choux et au lard fait bien mieux mon affaire que toutes les délicatesses dont on raffolle ic1'.» Le 26 février 1716 : « Je déjeûne rarerement, et si je le fais, je ne prends qu'une tartine au beurre. Je ne puis souffrir toutes les drogues étrangères; je ne prends ni chocolat, n1 thé, ni café; tout cela m'est contraire. Je suis en tout de la souche allemande; je ne trouve, en fait de manger et de boire, rien de bon que ce qui est de la vieille souche *. »
Les Parisiens, qui se souciaient peu des vieilles souches allemandes, en étaient arrivés à se prendre de passion pour le café*. Les littérateurs surtout en faisaient leur breuvage favori, et les poètes célèbraient à l’envi, en
! Tome I, p. 153.
? Tome I, p. 219.
* Le commissaire Delamarre écrivait en 1719 : « Le nombre des boutiques de caffé à Paris a tellement augmenté et cette boisson est devenue si ordinaire, que les lieux où l’on prépare et vend toutes les autres liqueurs s'appellent
caffez. » Traité de la police, t. III, p. 797.
verslatins ou français, l'heureuse influence qu'il exerçait sur le cerveau.
En 1711, l'on soccupa beaucoup d’une chanson composée à la louange du café et que le Mercure qalant avait publiée dans son numéro de février ‘. Elle a pour titre : CHANSON SUR LE CAFFÉ. Sur l'air du Noël des bourgeois de Chastres” et de Monthléry .Cette pièce est trop médiocre pour qu'on doive la reproduire en entier. Je donnerai donc seulement les quatre derniers couplets :
Philis sans ce breuvage
Auroit à son réveil
Quelque vapeur sauvage
Et le teint moins verineil.
S'il oste le sommeil
À quelque femme éthique,
En récompense il a, la la, Pour la grasse dondon, don don,
Vertu soporifique.
À l'esprit imbécile Caffé sert de second; L’autheur le plus stérile Par luy devient fécond.
Par la vertu qu’il a,
; Page 195.
? D’Arpajon
Redoublant de mémoire, Un pédant citera, la la,
Sans rime et sans raison, don don, Et la fable et l’histoire.
Par le caffé J’évite L’ennuyeux compliment.
Vient-il une visite, J'en offre promptement.
Un sot en le humant Brille par son silence :
Un mot par cy par là, la la, Qu'il dit d’un certain ton, don don, Luy tient lieu d’éloquence.
Sur cette liqueur noire,
La cafetière en main,
Je pourrois à sa gloire
Chanter jusqu’à demain.
Peut-estre au mois prochain,
Selon la réüssite,
Des couplets que voilà, la la, Et sur le mesme ton, don don,
Je donneray la suite.
La suite promise parut presque aussitôt, et fut publiée en quatre pages in-quarto, imprimées sur deux colonnes !. Attribuée au P. Gui-
® L’approbation du lieutenant général de police fut accordée le 15 février 1711, et la permission d'imprimer, « avec défenses de colporter et de chanter dans les rues, * est datée du 2 mars.
bert, de l’Oratoire, elle est destinée au même air que la précédente et a pour titre : Chanson sur l'usage du caffé, sur ses propriétez et sur la manière de le bien préparer. Elle débute donc
par ?