‹ Le café, le thé & le chocolatChapitre 48 sur 51 · PREMIERS STATUTS DES LIMONADIERS · texte numérisé non relu

PREMIERS STATUTS DES LIMONADIERS

[28 Janvier 1676]

I. Les maitres limonadiers marchands d’eau-devie auront Ja faculté d’achetter, faire et vendre de l’eau-de-vie en gros, en détail, et même d’en faire venir des provinces et des païs étrangers, et d’en envoyer ainsi que bon leur semblera. Avec prohibition à toutes personnes sans qualité, et qui ne sont point maitres d’une communauté qui soit en droit et en possession de vendre de l’eau-de-vie, de faire ladite profession, d’en tenir magazin ou boutique

1 Voy. ci-dessus, p. 197.

lé

ouverte, ni d’en vendre dans leurs maisons. Sans préjudice à ceux qui ont accoûtumé de vendre de lPeau-de-vie en détail par les rues, d’en exposer et vendre sur des escabelles ou tables, de continuer leur petit commerce, ainsi qu’ils ont fait par Île passé, sans pouvoir néanmoins se dire maîtres, ni Joüir des autres droits à eux accordez.

II. Leur sera aussi permis de vendre toutes sortes de vins d'Espagne, vins muscats, Vins de Saint- Laurens et de la Cioutat, de la Malvoisie et de tous les vins compris sous le nom et la qualité de vins de liqueur ; ensemble de composer et vendre toutes sortes de rossoly, populo, esprit de vin, et autres liqueurs et essences de pareille qualité.

IT. Auront, à l’exclusion de tous autres marchands et artisans, la faculté de composer et vendre toutes limonades ambrées, parfumées, et autres eaux de gelées et glaces, de fruits et de fleurs, même les eaux d’anis, et de cannelle et franchipane, de l’aigre de cèdre, du sorbec et du caffé en grain, en poudre et en boisson.

IV. Pourront aussi vendre des serises, framboises et autres fruits confits dans l’eau-de-vie, avec des noix confites et dragées en détail.

V. En vertu de leurs lettres de réception de marchands d’eau-de-vie, ils pourront vendre et débiter sans prendre aucunes lettres de regrat, les mêmes choses qu’ils vendoient auparavant jusqu’à présent en vertu desdites lettres.

VI. La communauté aura quatre jurez qui seront élûs par les suffrages de tous les maîtres, à la pluralité des voix, en présence de l’un de nos procu-

reurs au Châtelet, le! de chacune année, et sera par chaque année élû deux jurez, et les deux jurez nouvellement élüs auront soin du service et de tout ce qui concerne la confrairie.

VII. Les jurez auront soin de toutes les affaires de la communauté, avec droit de visite chez tous les maîtres, lesquels ne seront sujets à la visite d’aucuns autres gardes ou jurez d’aucune autre communauté.

VIII. Les jurez seront tenus faire leur visite chez tous les maîtres au moins deux fois l’année. Et sera payé par chacun maître dix sols aux jurez pour chacune visite, quiest à raison de vingt sols par an. Payeront aussi tous les maîtres pareille somme de vingt sols par chacun an pour leur droit de confrairie.

IX. Aucun aspirant ne pourra être recû à la maîtrise qu'il n'ait fait apprentissage pendant trois ans chez un des maîtres de la communauté. Et seront les apprentifs obligés par brevets en bonne forme, passés pardevant notaires et registrés sur le livre de la communauté en la chambre de l’un de nos procureurs aux Châtelets.

X. Tous les maîtres ne pourront avoir en même temps qu’un seul apprentif. Pourront néanmoins avoir plusieurs compagnons, pour lesquels ils seront tenus de choisir ceux qui auront fait leur temps d'apprentissage, à l'exclusion des étrangers. Et ne pourront les maîtres débaucher les compagnons engagés chez les autres maîtres, ni leur donner à travailler ou les recevoir à leur service, sans en

La date est restée en blanc.

avoir auparavant demandé la permission au maître chez lequel ledit compagnon étoit engagé.

XI. La communauté sera composée de deux cent cinquante maîtres ; etaprès que le nombre aura été une fois rempli, aucun ne pourra être recu qu’il n'ait fait apprentissage et chef-d'œuvre. Et sera la

communauté exempte de toutes les lettres de maï-

trise qui sont par Nous accordées ; desquelles lettres Nous déchargeons ladite communauté, dérogeant à cet effet à tous édits et lettres à ce contraires, et ce en considération des sommes qu’ils ont présentement financées en Nos coffres pour l'établissement dudit métier.

XII. Les aspirans, lorsqu'ils seront recus, payeront une somme de douze livres à la boëte!, pour subvenir aux affaires de la communauté, outre quarante sols à chacun des jurez pour tous droits de donner, voir faire et recevoir lesdits chef-d’œuvres, et pour assister à la prestation de serment. Avec défences à eux d’exiger aucuns festins, ni même d'en recevoir volontairement, à peine de concussion.

XIII. Les fils des maitres et ceux qui auront épousé les filles de maîtres seront recus sans faire chef-d'œuvre; même les fils de maîtres, sans avoir fait apprentissage ; feront seulement une légère expérience, et payeront demi droit aux Jurez?.

: À la caisse de la communauté.

? Sur le droit de visite des jurés, l’exemption des lettres de maîtrise créées par le roi, le chef-d'œuvre et l'expérience, voy. Comment on devenait patron.

PRICAPH ILELTHÉ ET LE CHOCOLAT: (301

Donné à Saint-Germain en Laye, le 28° janvier 1676.

IT

ExTrarT DE La maison réglée PAR ÂUDIGER !.

[Année 1692]

.. En mesme temps, sa Majesté ordonna à Monsieur Bontems? de me donner un présent en argent, mais je le remerciay, et luy dis que je voulois. demander à sa Majesté le privilège et la permission de faire et faire faire, vendre et débiter toutes sortes de liqueurs à la mode d’ftalie, tant à la Cour et suite de sa Majesté qu’en toute autre ville du royaume, avec défenses à tous autres d’en vendre ny débiter à mon préjudice. Monsieur Bontems me dit aussi-tost que cela estoit bon, et qu’il crovoit qu'il ne me seroit pas refusé.

a mois de mars ensuivant# J'en donnay mon placet au Roy estant à Vincennes, qui me renvoya à Monsieur Le Tellier pour luy demander si cela se pouvoit. Je le fus trouver, et l’ayant rencontré au bas de l’escalier, je luy présentay le placet que le Roy m'avoit rendu pour qu'il eust à y faire

1 Voy. ci-dessus, p. 193, et les Variétés gastronomiques, P: 217:

2 Premier valet de chambre du roi.

3 De l’année 1660.

réponse, ainsi que sa Majesté l’avoit ordonné. Il le vid, et me dit aussi-tost en riant que sa Majesté pouvoit m’accorder ce que je luy demandois par iceluy, qu’il ne croyoit pas que personne s’y opposast, attendu qu'il n’y avoit personne en France qui scût la composition de ces liqueurs-là et qui se meslast d’en faire négoce, et qu’il me serviroit en cela autant qu’il le pourroit. En mesme tems Je remontay avec luy chez le Roy, et si-tost que sa Majesté m’apperceut avec luy, Elle luy dit encore de voir si Elle me pouvoit donner le privilège que J'avois pris la liberté de luy demander. Monsieur Le Tellier luy ayant répondu qu'oüi, Elle luy ordonna aussi-tost de m'en faire expédier les lettres.

Peu de temps après, Monsieur le cardinal estant mort!, la Cour alla à Compiègne et ensuite à Fontaine-bleau, où la Reine accoucha de Monseigneur le Dauphin. Moy sollicitant toûours mon brevet, jy fus aussi trouver Monsieur Le Tellier qui me le délivra luy-mesme, en me priant d'apprendre quelque chose à son officier touchant les eaux et les liqueurs; ce que je luy promis. Il me dit après de porter mon brevet à Monsieur Herval, greffier du Conseil, et qu’il auroit la bonté de l’appuyer : ce qui fut fait et accordé ainsi que je le souhaitois. Je le retiray ensuite des mains de Monsieur Herval, et le portay à Monsieur le chancelier Séguier, qui me dit qu’il falloit attendre pour voir si personne ne s’y opposeroit point. Ce qui l’obligea à me faire

1 Le 9 mars 1661.

cette difficulté, est que Monsieur lecomtede Guiche, qui avoit épousé sa petite-fille, et qui n’estoit pas bien avec elle, avoit parlé pour moy et cherché les moyens de me rendre service en cette affaire. Ainsi je raportay mes lettres sans estre scellées, et les mis dans un coffre jusques à quelqu’autre moment plus favorable.

Enfin, poursuivant toüûjours ma pointe, je donnay plusieurs placets au Roy pour luy faire connoistre que Monsieur le chancelier n’avoit point voulu sceller mes lettres, et que cela m’avoit fait perdre bien du temps et dépenser tout mon argent. Et ayant un Jour trouvé moyen d’en parler plus commodément à sa Majesté, Elle me dit qu’Elle en estoit fachée, mais qu'Elle n’y pouvoit que faire, et que Je demandasse quelqu’autre chose, qu’Elle me l’accorderoit. Mais n'ayant rien trouvé de propre à luy demander pour le moment, je ne songeay plus qu’à prendre party ailleurs.

Enfin, quelques mois après, étant entré chez Madame la comtesse de Soissons en qualité de faiseur de liqueurs, j’eus l'honneur d’en faire dès le premier Jour, dont elle fit boire et manger au Roy, en une espèce de collation qu’elle donna le lendemain chez elle à sa Majesté qui les trouva fort bonnes, ainsi que Monsieur et plusieurs autres seigneurs et dames de la Cour qui se trouvèrent à ce régal. Cela estant fait, et Madame la comtesse ayant connu par là que je n’ignorois rien sur l’article, m’en témoigna sa satisfaction. Mais comme dans la suite je ne me trouvay pas assez employé, je m'en plaignis à elle, et luy fis voir une lettre que

la reine de Pologne, qui estoit pour lors la princesse Marie, m’avoit fait écrire pouraller la trouver et servir en qualité de chef d'office, confiseur et faiseur de liqueurs, moyennant huit cens francs d’appointement, avec permission de prendre des apprentifs. Madame la comtesse ayant vû par là que je scavois aussi l’office, elle me dit qu’elle feroit aussi bien ma fortune que la reine de Pologne, et qu’elle vouloit que je demeurasse avecelle. Et pour me retenir, elle s’informa à Monsieur Le Normand, controlleur de sa maison, quel employ on pourroit m'y donner de plus lucratif et de plus convenable avec les liqueurs; il luy répondit que c'estoit la distribution du pain et du vin, avec le soin de mettre le couvert et d’avoir le linge et la vaisselle d'argent entre les mains pour en avoir aussi le soin. Dès le moment cela fut résolu, et elle luy donna ordre de me mettre en possession. Ainsi, cela fut séparé de la fruiterie, et je demeuray ainsi trois ans dans cet employ, pendant lequel temps j'eus l’honneur de servir plusieurs fois le Roy et les princes, et toü- Jours avec assez de satisfaction et d’applaudissement pour croire que l’on n’en estoit point mal satisfait.

Mais ayant esté au siège de Marsal!, et de là à la visite du gouvernement de Champagne avec Monsieur le comte de Soissons, il ne put s'empêcher de dire à son retour que Je m'estois très-bien acquité de mon devoir, et qu’il estoit fort content de moy; ce qui donna tant de Jalousie à tous les autres officiers que depuis ils ne cherchèrent qu’à me rendre

l En 1663.

de mauvais services, et me faire sortir de l’hostel. Ce qui enfin leur réussit, et l’on me donna mon congé sans presque m'en expliquer aucune raison.

Je me retiray ainsi avec beaucoup de chagrin, ce qui m'ayant causé quelques affaires, je me mis dans le régiment de Rouvray de cavalerie, où je fis quelques campagnes. Ensuite de quoy, on mefit avoir une lieutenance d'infanterie dans le régiment de Lorraine, dans la compagnie de Joyau; de laquelle je me démis après la campagne de l'Isle ! en faveur d’un de mes parens, et revins à Paris où Monsieur le président de Maisons me prit pour son officier. Chez lequel et en son château de Maisons, J'eus l'honneur de donner la première collation que la Reine avec Monseigneur le Dauphin ayent faite hors des maisons royales : où Je les servis préférablement aux officiers du Roy, qui enfin me le cédèrent pour les bonnes et solides raisons que Je leur alléguay, et qui même me prièrent tous de leur aller prester la main à Versailles, entr'autres Monsieur de Lazur, chef d’office ordinaire, à cause que le Roy pendant quinze jours donnoit de grands cadeaux et de grands divertissemens à toute la Cour. J'en demanday la permission à Monsieur de Maisons, qui me l’accorda. Mais au retour, nous estant broüillez, je le quittay et entray chez Monsieur Colbert, où je demeuray l’espace de deux ans. Pendant lequel temps, Monsieur Colbert donnant à manger au Roy, à la Reine, à Monseigneur et à toute la Cour en sa maison de Sceaux, j’eus encore

1 La campagne de Lille en 1666.

l’honneur de les y servir en qualité de chef d’office. Et comme estant la première fois, J’emportay les soucouppes de cristal, verres et caraffes du Roy, de la Reine, de Monseigneur le Dauphin et de Monsieur et de Madame, que Monsieur et Madame Colbert m'accordèrent.

Quelque temps après, Madame Colbert, qui estoit fort changeante, voulut faire maison nouvelle, et sur des bagatelles j'en eus mon congé, ainsi que ses autres officiers. Mais comme en ce mesme temps-là on cherchoit un homme pour envoyer en Hollande pour estre officier de Monsieur de Saint- Aignan, à présent duc de Beauvilliers, Monsieur Colbert me proposa luy-mesme; et la chose ayant esté résoluë, je partis. Et à mon retour Je m’établis une boutique de limonadier dans la place du Palais-Royal, où pendant douze ans je fournis la maison du Roy de toutes sortes de liqueurs, ainsi que tous les grands seigneurs qui se trouvoient en avoir besoin, et je fus appellé à tous les grands repas et festins qui se firent lorsque le Roy ordonna à tous les seigneurs de la Cour de régaler Monsieur Pévesque de Strabourg. Sa Majesté ayant commencé, tous les autres suivirent. Et Monsieur de Strabourg voulant régaler à son tour Monseigneur le Dauphin et ensuite tous les autres seigneurs, J'eus encore l'honneur d’y estre appellé et d'y fournir toutes les confitures et liqueurs nécessaires ; ce qu'il continua pendant sa vie toutes les fois qu’il voulut régaler quelqu'un. Monsieur Rossignol, à un retour de Fontaine-bleau, régala le Roy et toute la Cour en sa maison de Juvisy, ou

PCF TEUTHÉE ET LE CHOCOLAT: (301

j'eus aussi l'honneur, avec le nommé Rolland, officier de Madame la princesse de Carignan, d’y faire le fruit et toutes les liqueurs, et d’y servir à boire à sa Majesté, à Monsieur et à Madame, à qui je fis porter la collation par toutes les allées où ils passoient, ce qui leur fit dire plusieurs fois que le Jardin estoit par tout rempli de collations.

Lorsque le Roy fut en Flandres à la campagne des Broüettes, Monsieur le Duc !, qui est aujourd’huy Monsieur le Prince ?, m’envoya chercher pour me mener à Chantilly, où il régala pendant huit jours Madame la princesse de Conty, Madame Colbert et plusieurs autres seigneurs et dames, dont je recûs beaucoup d’honnestetez sur tout ce que Je leur avois fait. Mesme Monsieur le Prince me pria d'apprendre à ses officiers à faire des liqueurs, ce que Je fis parce qu’ils estoient tous de mes amis.

L’hyver ensuite, ce mesme prince donnaun grand bal à Monseigneur le Dauphin, à Madame la Dauphine et à tous les autres princes et princesses, seigneurs et dames de la Cour, où je fis quantité de liqueurs, d'eaux glacées et autres eaux à boire. Après quoy Monsieur le Prince me fit faire un présent, en me disant qu'il estoit fort content de moy, et que tout ce que Jj'avois fait s’estoit trouvé admirable.

Monsieur, frère unique du Roy, lorsqu'il traita sa Majesté et toute la Cour à Saint-Cloud, me fit encore la grâce de m'envoyer chercher.

? D'Enghien.

? De Condé.

Toutes les fois qu’il y régala depuis, jy fus toùjours appellé pour y faire les liqueurs nécessaires. Lorsqu'il fut à l’armée, ce fut toûjours moy qui luy en fournis pour chaque campagne. Et tous les hyvers il me faisoit faire quantité d’hipocras blanc et rouge, et souvent des collations lorsqu'il venoit à Paris sans ses officiers.

Tout cela n’alloit point ainsi mal pour moy, et je fournirois peut-estre encore, sans un petit différend que j'eus avec Monsieur de Livry au sujet d’un associé qu’il me voulut donner et que je n’ac ceptay point. Mais enfin, ne fournissant plus, Je ne songeay qu'à faire mes affaires d’ailleurs; et comme je connoissois un secrétaire de Monsieur de Riantz, procureur du Roy au Chastelet de Paris, je luy fis voir les lettres du privilège que le Roy m'avoit donné. Il me dit qu’il falloit les montrer à Monsieur de Riantz, qu’il estoit bon amy de Monsieur le chancelier d’Aligre, et qu'il tâcheroit de les faire réussir.

Je les luy portay. II me promit qu’il en parleroit. Je donnay là-dedans et luy laissay tout entre les mains ; mais au lieu d’en parler à mon avantage, il en fit faire une maistrise, qui est celle qu'on voit aujourd’huy, et cela sans m’en donner le moindre avis.

Monsieur le chevalier de Châtillon, qui estoit pour lors garde-du-corps du Roy, demanda à sa Majesté le privilège qu’Elle m'’avoit accordé; mais Elle luy dit qu'Elle me l’avoit donné et qu’Elle ne le pouvoit pas donner à deux personnes, et que s’il croyoit le pouvoir faire réussir il falloit qu’il s’ac-

PIPCAFE LE THÉ ETVLE CHOCOLAT. 309

commodast avec moy. Sur cela, il me vint trouver avec Madame sa mère, et me dit que si je luy voulois céder mes droits, il me donneroit mil pistoles. Alors je fus trouver Monsieur de Riantz pour retirer mes papiers; mais comme il s’estoit mis en teste cette maistrise afin de recevoir son droit de chacun des maistres, il me dit qu'il ne sçavoit où cela estoit, mais qu’il le chercheroïit ou le feroit chercher.

Enfin, lorsque j'y songeoïs le moins, je sceus qu'il y avoit une maistrise par une assignatlion qui me fut donnée, portant que J'eusse à me faire recevoir maistre : ce qui m’étonna fort. Je fus aussi tost trouver M. Colbert avec mon assignation, auquel je contay l'établissement de la maistrise de limonadier, et que l’on ne l’avoit pü tirer que sur le privilège que ie Roy m'avoit donné. Je luy demanday sa protection là-dessus, et il m'envoya trouver Monsieur des Marest, qui me donna un billet pour aller trouver le partisan !, qui estoit le sieur de la Ville. J’y fus, et cet homme voyant le billet dont j'estois ainsi porteur de la part de Monsieur Colbert, écrivit à Monsieur de Riantz, procureur du Roy, qu'il eust à me recevoir et à me faire donner mes lettres, attendu que J'avois payé, ce qui pourtant n’estoit pas vrayÿ, Car Jamais Je n’en ay rien donné. Et c’est tout ce que J'ai eu pour mon privilège.

1 Le traitant.

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