CIRCONCISION
La circoncision a lieu entre six et neuf ans, et coïncide avec le moment où l’enfant sort du harem. L’époque à laquelle cette cérémonie doit avoir lieu n’est pas exactement précisée; il faut néanmoins que l’enfant n’ait pas atteint l’âge de la puberté, parce qu’alors il est astreint à la prière, et qu’il ne serait pas regardé comme étant en état de pureté recommandée par la religion s’il n’était pas circoncis.
L’usage veut qu’avant l’opération, le petit garçon (: moutaher ) soit promené dans les rues qui avoisinent la demeure des parents, au son d’une musique bruyante. Très souvent, par raison d’économie, plusieurs familles font la cérémonie en commun, ou bien l’on attend qu’un mariage ait lieu dans le quartier, et les deux processions se font en même temps. Autrefois l’enfant était promené sur un cheval tout chamarré de clinquant; aujourd’hui on le place dans une voiture découverte, -et, pour conjurer le mauvais œil, on l’affuble d’un riche costume recouvert d’ornements éclatants qui doivent attirer les regards
el les détourner de l’enfant; par surcroît de précaution, on lui fait tenir sur la bouche, avec la main droite, un mouchoir blanc brodé qui lui cache presque tout le visage, et une femme répand autour de lui le melhh moubarek (sel béni).
Le domestique du barbier qui doit procéder h l’opération, ouvre la marche, portant sur sa tète en guise d’enseigne, le heml, espèce de caisse demicylindrique ornée de plaques de cuivre et surmontée de huit ou dix petits clochetons de même métal; cette caisse contient ou est censée contenir les instruments du barbier. Quelquefois on fait une visite à la mosquée la plus proche où de jeunes écoliers, conduits par un aan/^moniteur), psalmodient des prières pour attirer sur le moût aller la protection de Dieu et l’intercession du Prophète. Ensuite on ramène l’enfant dans sa famille, où un dîner est préparé. C’est ordinairement à l’issue du repas que le barbier, qui joue pour la circonstance le rôle de personnage important, se fait amener l’enfant dans un appartement éloigné, et pratique sur lui l’opération, au milieu du bruit assourdissant des cymbales qui étouffent les cris du patient. Les convives félicitent alors le nouveau circoncis, lui font quelques cadeaux, et passent une partie de la nuit à boire et à fumer, sans se préoccuper davantage de l’incident.
La circoncision est considérée comme marquant la séparation entre deux phases de la vie : elle clôt l’enfance; après avoir été circoncis, le jeune musul-
MOEURS, COUTUMES
man est presque considéré comme un homme. S’il est riche, il sort du harem où il a reçu une première éducation, et ses études prennent une tournure plus grave; s’il est pauvre, il commence à aider scs parents dans l’exercice de leur profession.