‹ Le Caire et ses environsChapitre 25 sur 69 · MOSQUÉE EL-AZHAR · texte numérisé non relu

MOSQUÉE EL-AZHAR

La mosquée d 'El-Azhar est dans la partie orientale de la ville, à droite de la rue Neuve qui fait suite au Mousky, à une courte distance de la porte d 'el- Ghoraïb. Elle fut bâtie par Djouhar, général du khalife fatimite El-Moez-le-din-Illah en 362 de l’hégire (973 de J.-C.), c’est-à-dire trois ans après la fondation du Caire. Game’a-el-Azhar signifie la .i mosquée des fleurs ou florissante « ; ce nom lui fut donné probablement par allusion au surnom de Zahara (fleurie) que portait Fatma fille du Prophète, (le laquelle El-Moez prétendait descendre. Cette mosquée est des plus remarquables par son étendue, sa magnificence et la richesse des fondations pieuses léguées en sa faveur. Djouhar avait fait de cet établissement un véritable monument delà munificence royale. Sous le règne d’EI-Aziz-b’Illah, fils et successeur d’El-Moez , la mosquée fut dotée d’une riche bibliothèque et érigée en collège où les musulmans des contrées les plus éloignées venaient étudier la théologie, et toutes les sciences cultivées à cette époque par les Arabes. Dès lors ce temple ne cessa de s’accroître et de s’embellir; son collège surtout acquit en peu de temps une immense réputation.

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Actuellement encore, El-Azliar est 1 université la plus célèbre de tous les États de 1 islam.

En partie détruite par le désastreux tremblement de terre de 1302 (702 de l’hégire), El-Melek-el- Nasser ebn-Qalaoun confia la reconstruction de cette mosquée à l’émir Rokhn-ed-Dîn-Beybars. Qaït-Bày- Abou-l’Nasr y fit construire vers 1483 une grande piscine et une fontaine publique; vingt ans plus taid Qansou-el-Ghoury l’embellit d’un minaret nouveau. En 1595-96 elle fut agrandie et réparée par le pacha turc Es-Seyyid-Mohammed qui gouvernait l’Égypte pendant ln règne de Mohammed ebn-Mourad (Mohammed III). Enfin de nouvelles réparations furent entreprises en 1720 par le Cheikh-el-Beled Ismaïl-Bey; par Abd-er-Rahman’-Kyahia en 1785, et par Saïd-Pacha en 1859.

Telles sont les dimensions de ce monument que, le 21 octpbre 1798, lors de la révolte du Caire pendant l’expédition française, il suffit à donner reloge à quinze mille insurgés refoulés dans les rues par le général Bon. De la mosquée primitive il ne reste plus guère que les colonnes et quelques arceaux. Chaque adjonction successive diffère des autres comme caractère architectural. La construction des époques postérieures est en pierres de taille, par assises régulières; on remarque particulièrement les arcs des portiques composés de quatre lignes droites formant trois angles. Les fenêtres sont à arc aigu à deux courbures : les arcades de l’entrée principale

sont plein cintre, soutenues par plusieurs petites colonnes qui rappellent le style des portes de nos églises du quinzième siècle.

Le bâtiment actuel forme un polygone irrégulier dont le plus long côté mesure 150 mètres. L’édifice entier est flanqué de constructions diverses indépendantes de la mosquée, et qui ne laissent d’espace que pour six entrées : Bab-el-Mouzeyinîn (porte des barbiers) à l’ouest, c’est la plus grande; Bab-Goharîelij au nord ; Bab-ech-Chorba (porte de la soupe) à l’est ; Bab-es-Saïdîeh (porte du Saïd ou Haute-Égypte); Bab-ech-Chaouâm (porte des Syriens); Bab-el-Magharbeh (porte des Africains du nord); ces trois dernières sont au sud.

L’entrée occidentale donne accès à une première cour de dimension assez restreinte, et séparée de la grande cour suivante par un portail. C’est une sorte de parvis qui sert de lieu de réunion aux marchands de tout genre, vendeurs de légumes, de fruits, de fèves cuites à l'huile; les barbiers y exercent leur métier. Contre le mur de gauche, sur lequel s’appuie un minaret de mauvais style, quelques étudiants arabes, des Moghrebins, des Berbères, se font raser la tête, et leur crâne disparaît sous une écumante couche de savon. De chaque côté de cette cour sont deux chapelles fréquentées par les musulmans qui ne veulent pas être confondus avec les étudiants. Le second portail appartient à l’époque de la complète décadence de l’art mauresque; les stalactites sont

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lourdes et surchargées; la rosace bosselée turque remplace dans les ornements les fines sculptures des demi-reliefs arabes ; un méchant badigeon azui , rouge et or se détache par plaques sur un fond jaunâtre. En franchissant le seuil du porche, on se trouve dans la vaste cour de la mosquée. Deux des côtés sont de grands murs blancs sur lesquels se dessinent seules de longues lignes d’ombre projetées par les aiguilles des cadrans solaires. A droite s ouvrent les portes des riwaks, qui forment une succession de constructions sans ensemble et sans style. Vis-à-vis, bien loin au fond de la cour, 1 œil se repose avec plaisir sur la vaste rangée des colonnes du portique. Ici et là se dressent des minarets aussi peu réussis que celui qui est près de l’entrée.

L’aspect de cette cour est étrange. Un millier d’étudiants de tout âge, de toutes couleurs, depuis le Turc au teint pâle, jusqu’à l’Arabe hâlé par le soleil et au nègre du plus beau jais, sont épars par groupes que fait ressortir encore la diversité des costumes. Les uns couchés sur les dalles, font tranquillement leur sieste; les autres apprennent par cœur en se balançant sur leurs hanches; ceux-ci cousent ou tricotent; ceux-là travaillent ensemble et rédigent les leçons qu’ils viennent d’entendre ; d autres prennent leur repas commun.

A la partie est de la cour se trouve la mosquée proprement dite. C’est une salle immense formant un parallélogramme allongé de près de trois mille

mètres carrés; 172 colonnes antiques formant neuf rangs de nef, soutiennent un plafond noirci par le temps, et davantage encore par la fumée de 1200 lampes suspendues par des chaînettes de bronze. Sur trois côtés les murs pleins sont tapissés, partout où les portes et les fenêtres le permettent, de ces caisses et bahuts qui contiennent les livres d’étude et les bardes des élèves. Au fond s’élève le membar avec son escalier en saillie, couvert d’arabesques en bois sculptés, et que domine un petit portail avec une large corniche en stalactites. Cette chaire, où l’imam prend place le vendredi, est couronnée par un dais terminé par une sphère, et que soutiennent quatre sveltes colonnettes ornementées. En face s’élève le dikka, large tribune où s’asseyent les Jiqi pour la lecture publique et solennelle du Qoran. A droite et à gauche sont pratiquées dans le mur les quatre qiblah pour la prière, suivant les quatre sectes orthodoxes de l’islam.

Les innombrables colonnes donnent quelque chose de féerique à l’aspect d’ensemble. Une légère dépression du sol, une inégalité de hauteur de la salle et une différence de style dans le raccordement des lambris, marquent une adjonction subséquente. La mosquée primitive était de moitié environ moins profonde que la construction actuelle. Les colonnes du plus beau marbre, les chapiteaux d’ordres divers, et usés vers les angles par la main du temps, paraissent appartenir à l’époque grecque des Ptolémées,

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qui a fourni tant de matériaux pour les édifices arabes. Du reste rien d’artistique dans l'architecture de lamosquée. Les mille lampes qui tombent des plafonds, les longues lignes de colonnades qui attirent la vue et l’entraînent dans le lointain en faisant paraître cette immense salle plus immense encore, l’écrasement relatif produit par l’absence de voûte, la teinte sombre qui en résulte, obscurcie davantage par lt ton de vétusté des lambris, tout cela forme un ensemble saisissant, capable de fasciner un peintre admirateur du coloris de l’école hollandaise, mais qui ne retiendrait pas longtemps les regards d’un architecte.

A gauche du sanctuaire, une petite porte conduit à la Zaouiyet-el-Omiân’ , la chapelle des aveugles. Le local est assez vaste, et ses dimensions bien proportionnées. le font paraître moins écrasé que la mosquée. Un jour douteux pénètre à travers un orifice pratiqué dans le centre du plafond; il tombe au milieu de la salle, laissant les aveugles dans une obscurité perpétuelle; peu importe : ceux qui habitent cette salle ne voient jamais la lumière du jour. Quelquefois un cheikh, aveugle aussi, dirige des exercices de calcul. Sans doute ces études n ont guère de but pratique, puisque ces infortunés ne pourront peut-être jamais faire l’application de leur modeste savoir, et pourtant ils consacrent à cette étude toute leur attention; on sent qu’ils oublient pendant ces heures de causerie, que la lumièie n a

pas été créée pour eux; leurs traits mélancoliques comme ceux de tous les aveugles, s’éclairent de joie quand ils sont arrivés à trouver le résultat demandé. Plus loin un autre cheikh, assis en face d’un second groupe d’aveugles, leur lit lentement des passages du Qoran et de la Tradition, que ceux-ci répètent et conservent religieusement dans leur mémoire; et, à la vue de la douce satisfaction, de la joie intime qui se peint sur leur figure, on se réconcilie presque avec l’aspect des misères humaines Cette salle sombre a vu bien des dévouements; il y a là une lionne oeuvre qui se poursuit dans l’ombre et le silence, d’autant plus admirable qu’elle se fait sans apparat extérieur; on ne l’étale pas devant les yeux des étrangers, et plus d’un peut-être a passé par là sans remarquer ces groupes, où des hommes de bien consacrent de longues heures au soulagement de leurs frères malheureux.

Le nombre d’étudiants de l’Université d’El-Azhar s’élève à environ 9,000, répartis dans des riwak ou salles particulières, et des harat ou quartiers correspondant aux divers pays qui envoient leur fils à la célèbre mosquée. On compte 31 riwak et 12 harat ; ce sont, pour l’Egypte : les riwak de Saïdîeh, pour la Haute-Egypte; de Baharouah, pour la Basse-Égypte ; de Charaqouah, pour la province de Charqîeh, de Fayoumeh, pour la province du Fayoum ; le harat el-Esnaouîeh, de Gisaouieh, pour Esneh et Giseh, etc. Pour les autres pays de l’islam, les riwak ech-

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Chaouàm, pour 3a Syrie; el-Baghdadîeh, pour Bagbdad ; el-Hinoud, pour les Indes; el-Yamameh, pour l’Yémen ; el-Magharbeh, pour les Marocains, les Algériens, les Tunisiens; el-Haramein’, pour les deux villes saintes de la Mekke et de Médine, etc.

Quel que soit leur nombre, ces salles seraient loin de suffire à héberger tous les étudiants d’El-Azhar. Ceux auxquels leur fortune le permet, vivent dans les okels qui avoisinent la mosquée. En été, les nwak n’étant guère habitables, vu la difficulté d’y faire circuler l’air extérieur, la vaste cour sert de dortoir universel, et ce fait n’est pas sans influence sur les nombreuses ophthalmies que l’on constate parmi les élèves.

L’islamisme est partage en un grand nombre de sectes, soixante-douze environ; les deux principales sont celles des Sommités ou orthodoxes, et des Chyites (Chîyah) ou hérétiques. Les Sounnites reconnaissent l’infaillibilité des premiers khalifes Abou- Bekr, Omar et Osman’; ils admettent toutes les explications théologiques, toutes les décisions légales de ces différents chefs. La sounnah est une vaste compilation de traditions, qui sert de complément au Qoran. Les Chyites, au contraire, prétendent que le véritable successeur du Prophète est Ali, son gendre et son fils adoptif, désigné par lui comme héritier de l’empire. Toutes les explications du Qoran données par d’autres, sont autant d’hérésies pour eux. Ils nient la prédestination absolue, et ne veulent point

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admettre l’incréation du Qoran. Les Chyites révèrent Houssein et Ali comme des saints, et même quelquesunes des divisions de celte secte, les Nassaïris et les Mitoualis, qui habitent une partie des hauteurs du Liban, sont persuadés qu’Ali a été revêtu d’un caractère divin et lui rendent une sorte de culte. Les Chyites sont principalement répandus en Perse et dans la Tartarie.

Les Sounnites sont divisés en quatre classes : les Chaféites, les MaLeJcites, les Hanajites et les Hamhalites. Le plus ancien de ces rites est celui des Hanafiles, fondé par l’imam Nou’man’ Abou-Hanîfah, mort (à Baghdad l’an 150 de l’hégire (767), c’est-à-dire cinq années après la fondation de cette ville. Ce rite est suivi par la cour de Constantinople et les Turcs. Malek ebn-Anis, mort à Médine en 179 de l’hégire (795), fonda la secte des Malekites ; il a ses partisans essentiellement dans l'Occident musulman, à Tunis, Tripoli, Alger et au Maroc. L’Egypte appartient presque tout entière au rite chaféite, qui doit son origine à l’imam Abou Abd-Allah-Mohammed-ecb- Chaféi, mort à Fostat en 204 de l’hégire (819). Enfin Ahmed ebn-Hambaî, mort trente-sept ans plus tard, a laissé les sectateurs de sa doctrine à Damas et à Baghdad; ils se sont répandus en Syrie, en Mésopotamie et dans l’Yémen. Les Hambaütes sont fort peu nombreux au Caire.

Tout en accentuant le point de vue particulier à son fondateur, chacune de ces divisions a la plus

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grande vénération pour la mémoire et les idées des premiers imams des autres sectes. Fidèles avant tout au texte du Qoran et à la s ounnah ou tradition, les chaféites rejettent le concours du raisonnement et de la philosophie. Sans nier l’autorité de la sounnah, les Hanéfites ne l’acceptent que lorsque la logique seule ne suffit pas à l’interprétation du Qoran. Les Malekites et les Hambalites, au contraire, n’adoptent le secours de la raison humaine que là où la tradition fait complètement défaut. A El-Azhar, les quatie rites orthodoxes se répartissent les professeurs et les étudiants; chacun d’eux a son cheikh principal. Les professeurs sont au nombre de 308, dont 145 sont chaféites, 92 malekites, 67 hanafites, et 4 seulement hambalites.

Pour les étudiants, El-Azhar est tout. Ils y mangent, ils y dorment sur les nattes qui couvrent le sol. Seuls le café et la pipe, ces deux compléments indispensables de la vie arabe, y sont défendus. Au pied d’une colonne, le professeur est gravement accroupi; le cercle se forme autour de lui, jeunes et vieux se mêlent. Nombreux aux pieds des cheikhs en renom, les auditeurs le sont moins auprès de quelques autres; il est rare d’en voir plus d’une quarantaine réunis. Les étudiants prennent les postures les plus diverses : la plupart sont assis à l’arabe; les autres sont couchés tout de leur long, la tète appuyée sur le coude, les yeux attachés sur les feuillets qu'ils ont étendus sur le sol, ou dirigés avec persistance sur le

maître; placés derrière le premier rang, d’autres se tiennent à genoux, appuyant pour écrire leur papier sur leur main gauche, ou restant debout pour dominer le groupe entier.

Il est impossible à un Européen de prononcer un jugement sur la valeur des études d’EI-Azhar. La science spéculatrice de l’Orient est si différente de la nôtre, les idées qui ont cours chez les savants musulmans reposent souvent sur une logique pour nous si étrange, qu’il est plus sage de s’abstenir de toute appréciation. Ce que l’on peut affirmer seulement, c’est que les études qui se font dans la grande mosquée sont infiniment trop machinales. Sans doute on travaille beaucoup; on lit, on comprend et l’on commente encore davantage les ouvrages des anciens maîtres, mais leur génie est mort. On apprend avec zèle, mais ce qu’on apprend ce sont des mots et des phrases, non des pensées. Comme à l’école primaire on a exigé de la mémoire des enfants un tour de force, en leur faisant réciter les six mille et tant de versets du Qoran, on surcharge ici celle des étudiants d’un fatras de subtilités ne reposant, la plupart du temps, sur aucune base solide. Loin de gagner en largeur d’idées, l’esprit se concentre, par ce genre d’exercice, sur des minuties qui tuent l’intelligence et ne permettent qu’aux capacités hors ligne de se développer dans une atmosphère aussi écrasante

Voyez Dor, l' Instruction publique en Éqyptc.

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El-Azhar a joui de tout temps d’une renommée universelle. On y venait et on y vient encore des Indes, de la Perse, du Soudan, et chaque pays y institue des bourses et des dotations pieuses pour subvenir aux besoins de ses envoyés. Tandis que les grandes facultés de Damas, de Baghdad, de Bassorah

s’éteignaient, emportéesparladécadence de laviemtel-

lectuelle arabe, El-Azhar gardait son prest.ge, et el e est aujourd’hui la plus importante, si ce n’est la seule importante, université musulmane. C’est le centre de l’orthodoxie, le foyer de toute l’opposition qui peut se faire à l’introduction des idées modernes. Bien des tou-

risles ont raconté que les musulmans étaient très intolérants pour les chrétiens qui visitent El-Azhar, et que les étrangers y étaient quelquefois insultés. C’est une erreur que nous devons relever. Si le voyageur se présente seul, muni d’une carte qui lui est délivrée par le ministère des Ouciqfs (Aouqaf), s’il évité de heurter de front les usages, s’il s’intéresse surtout réellement à ce qu’il voit et à ce qui l’entoure, sans montrer trop évidemment que sa visite n’a pour but que la satisfaction toute superficielle d’un besoin de curiosité, il n’aura jamais à se plaindre de 1 accueil qui lui sera fait à El-Azhar; il rencontrera, au contraire, le plus serviable empressement à répondre a ses questions et a lui donner les indications qu il désire. Mais si, en revanche, et c’est le cas de beaucoup le plus fréquent, les visiteurs se réunissent en joyeuse troupe pour pénétrer dans un lieu de prières,

LE CAIRE ET SES ENVIRONS, si déjà a l’entrée les rires éclatent lorsque tous ces pieds européens se sont enfouis dans les inévitables babouches qui donnent à la marche une lourdeur comique, si l’étonnement qu’excite bien naturellement le spectacle qui se présente aux regards se révèle par des exclamations trop peu retenues, ont-ils lieu d’être surpris d’entendre parfois résonner à leurs oreilles quelques paroles malsonnantes? Que dirait on si une troupe de Turcs ou d’Arabes se conduisaient d’une manière quelque peu inconvenante dans une de nos églises? Le musulman se sent à 1 aise dans sa mosquée, et c’est justement son sansgêne qui induit souvent à ne se modérer en rien dans 1 expression de ses sentiments.

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