‹ Le Caire et ses environsChapitre 36 sur 69 · BAZARS · texte numérisé non relu

BAZARS

s’assied sur la banquette. Le marchand toujours poli, toujours empressé, mais non pas de cet empressement âpre, importun qui est le fléau des magasins parisiens, commence par vous offrir le café et le tabac préliminaires obligés de toute entrée en affaires. Ensuite il vous étale sous les yeux un choix d étoffes, ou vous met dans la main l’objet que vous désirez. Jamais il ne vante sa marchandise, c’est au client de la juger; et si vous manifestez quelque doute sur la qualité d’une pièce de soierie ou sur 1 authenticité d’une médaille ou d’une arme sarrasine, il vous retiie doucement l’article des mains, le remet en place et se renferme dans un mutisme d’où il ne sortira que si vous consentez à être d’accord avec lui. L honnête marchand fait son prix et n’admet pas qu on puisse mettre en doute sa bonne foi; il est sobre eu paroles, et ce serait manquer aux usages s’il perdait en phrases inutiles le temps précieux consacré aux douceurs du repos. Malheureusement tous ne sont pas ainsi . le plus grand nombre ont un babil qui peut aller de pair avec celui des commis européens, et laissent leur marchandise pour la moitié du prix qu ils en ont demandé ; souvent sur un foulard des Indes ou sui une pièce de brocart de Syrie, vous trouvez dans un coin, oubliée par mégarde, l’étiquette d’un fabricant de Lyon.

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