BIBLIOTHÈQUE
La Bibliothèque nationale , fondée par Ali-Pacha- Moubarek, est installée au ministère de l’instruction publique, au quartier de Darb el-Gamamiz. Elle renferme environ trente -cinq mille volumes, parmi lesquels sont des manuscrits orientaux d’une valeur inappréciable. Les plus curieux sont les masahif ou exemplaires du Qoran, qui proviennent des diverses mosquées du Caire ; ces précieux manuscrits sont tout ce que l’art arabe a produit de beau comme dessin et comme écriture.
Le moushaf\e plus ancien (0m,32 sur 0m,23), écrit en caractères koufiques, ne contient que la moitié du Qoran ; il a malheureusement beaucoup souffert; une fois même il a failli être brûlé dans un incendie. Les titres des soûrah (chapitres) sont bordés d’or, et le texte est très soigné. Selon le témoignage d un cheikh qui a vu ce livre complet, il serait écrit par l’imam Djafar-es-Sadiq, fils de Mobammed-el-Bachir, fils d’Ali-Zen-el-Aabidîn , fils d’Abou-Tàleb, gendre
du Prophète. Ce Djafar était un des plus grands savants de son époque; il était particulièrement versé dans la chimie et dans l’astronomie. Un de ses élèves, Tarfoùchi, et plus tard Ebn-Khillikàn, affirment que ce savant aurait écrit plus de cinq cents exemplaires du livre sacré. Il vivait ue l’an 80 à 148 de l’hégire (699 à 765 de J. C.).
Les autres Qorans ont été écrits sous les sultans mamelouks et leurs successeurs. Le mousliaf d’Abdel-Razzaq date de Pan 599 de l’hégire Celui d’Abdel-Rahman’ ebn-Aby-l-Fath’a , enlevé à la mosquée Hassanein, mesure 0m,29 sur 0m,33; il est remarquable par la manière dont sont ornés les titres des chapitres : le nombre des vers, des mots et des lettres y est spécifié, ainsi que plusieurs sentences recueillies d’après la tradition et également rapportées en tète de chaque soilrah.
Un autre, tout écrit en lettres d’or, remonte à l’année 730 de l’hégire; il appartenait au sultan .Mohammed - el- Nasser ebn- Seyf - ed- Dîn-Qalaoun (1293 à 1341), et fut écrit par Ahmed-Youssouf-el- Tourki (0m,54 sur 0m,36).
Parmi les magnifiques masahif légués par le sultan Chaaban’ , arrière-petit-fils de Qalaoun (1363 à 1376), un a été écrit par Yakoub ebn-Kbalil, ebn- Mohammed, ebn-Abd-el-Rabman’-el-Hanafy, en 1356 (757 de l’bégire); un autre est dû à la plume d’Ali ebn-Mohammed-el-Achrafy (1372). Les arabesques et les entrelacs qui se détachent sur les fonds azur ont
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été exécutés par Ibrahim-el-Amidi. L’exemplaire le plus curieux de ce groupe est un grand moushaf (0m,71 sur 0m,50) couvert d’ornements d’une finesse remarquable et très bien conservés ; c’est un legs de la princesse Schand-Barâkah, mère du sultan Cbaaban . D’autres se distinguent par leurs dimensions et la beauté de l’écriture; les dessins sont peu variés, il est vrai, mais leur exécution est partout très soignée. Plusieurs portent en tète des chapitres l'invocation ordinaire en lettres d’or, Bisni Illah , etc.; dautics sont parsemés de signes écarlate qui surmontent certains mots du texte, pour marquer les inflexions de voix en récitant les versets.
Trois masahif proviennent du sultan Barqouq (1382-99). Le premier porte la date de 769 de l’ hégire et mesure 1",05 sur 0”“,82; il fut écrit sur l’ordre de Mohammed ebn-Mohammed, appelé Ebnel-Batoût, par Abd-el-îlahman’-el-Saghir, avec une seule plume en soixante jours, et corrigé par Mohammed ebn-Ahmed ebn-Ali, surnommé el-Koufti. Le second exemplaire est du même format; quelques pages ont été retouchées, mais il est iacile d y reconnaître la trace d’une main moderne. Le troisième, daté de l’an 801 de l’hégire (1398), est tout écrit en lettres d’or (0m,89 sur 0m,50).
Le plus grand Qoran que possède la Bibliothèque | remonte au règne du sultan Qaït-3$ày (1467-96 j, il mesure 1 m , 1 5 sur 0m,90, et fut écrit par Ganim-E^sefi- Gany-Bey.
Citons encore : un moushaf légué par le sultan E!-Mouayyad (1412-21), écrit par Mouça ebn-Ismaïlel-Kinâni-el-Hagini en 820 (1417), et remarquable par ses dimensions et la richesse de ses ornements en or et couleur sur fond d’azur;
Un petit exemplaire ayant appartenu à la princesse j Safîyeh, mère du sultan ottoman Mohammed-Schab ;
Un autre contenant une traduction persane interlinéaire en encre rouge, offert au khédive par l’Indien Hokmdar (0m,46 sur 0m,33);
Un moushaf s\ù\ji de quatre commentaires, dont deux en arabe par Bedaouî et Gelàlein, et deux en persan, avec un livre de prières, Dalaïl-el-Khaïrât’ , écrit sur fond doré, offerts par un prince de Boukara;
Un petit moushaf fort curieux et admirable comme œuvre de patience et de précision, écrit par Mohammed-Rouhh-Aîlah en 1109 de l’hégire. Il contient eu trente feuilles les trente parties du Qoran; chaque ligne du texte commence par un alef, la première lettre de l’alphabet arabe;
Un Qoran ayant appartenu à Mohammed-Bey-Ahou- Dahab, qui vivait à la fin du siècle dernier, écrit en caractères moghrebins par ordre du prince Ali, fils du sultan ottoman Mohammed ebn- Abd-Allah ebn- Ismaïl (1142 de l’hégire, 1729);
Enfin un moushaf du sultan Helga-el-Yousfi , écrit en deux sortes de caractères : les plus grands appelés soulousîj les autres nashhî (0m,52 sur 0m,41).
Outre lesînasahf la Bibliothèque possède en ma-