NÉCROPOLE DE L'IMAM CHAFEI
était un talisman qui guérissait toutes les maladies et donnait la fécondité aux femmes stériles. Les gens crédules avaient une confiance aveugle dans les vertus miraculeuses de ce bijou magique» grâce auquel plus d’une femme avait fait connaître à son époux naïf les joies de la paternité, quand un beau jour le précieux talisman disparut : un juif l’avait volé.
En suivant au nord un petit sentier qui longe le pied de la montagne, on rencontre près des carrières actuellement en exploitation des fûts de colonnes brisés, des blocs de marbre et de granit, quelques pans de mur en pierre de (aille ayant appartenu à un temple que la tradition et quelques auteurs arabes font remonter au temps des Perses fondateurs de la Babylone égyptienne. Un écrivain du onzième siècle, Abd-Allah el-Bostangy, raconte « qu’un vieux temple « qui existe à l’orient de Postât, au bas du Moqattam, «avait servi de refuge à plusieurs émirs noirs, qui « entretenaient secrètement des relations avec des « officiers de Nasser-ed-Doulah leur ennemi. Ces « officiers, qui trahissaient leur maître, trahirent «aussi par crainte les émirs, qui furent égorgés par « surprise pendant qu’ils tramaient un complot contre « la vie du khalife El-Mostanser. Ce temple qu ils « avaient choisi pour leur retraite était un lieu sûr : « nul n’osait en approcher; il avait été bâti par des «païens d’Asie qui avaient conquis le pays dans les « temps anciens, et les mauvais esprits y faisaient « souvent des apparitions. »
CHEIKH EL-MACHAOURV.
Derrière la Citadelle, au fond d’une caverne creusée dans les rochers duMoqattam, repose un personnage appelé Baba-Kaïgousis (papa Sans-Souci), poêle distingué de l’ordre turc des Bectachieh, et connu plutôt par ses écrits que par sa sainteté. Les Arabes l’ont surnommé le cheikh el-Maghaonry (de la grotte).
Pour visiter le tombeau du poète on suit un escalier découvert, à quelques pas de la Poudrière; sur le perron s’ouvre une porte donnant sur un second escalier, qui conduit directement au couvent des moines amantes préposés à la garde du lieu; ces religieux mènent une vie paisible et fort retirée, sous la protection du cheikh de la grotte, pour lequel ils ont une profonde vénération. Après avoir traversé un petit jardin et un vestibule orné de deux lions peints à la fresque, on se trouve en face d’une excavation taillée dans le roc vif, au-dessus de laquelle est une inscription monumentale sculptée à grands traits. Le souterrain a environ vingt-cinq mètres de large sur une profondeur de soixante-quinze. Dans un angle à droite du sanctuaire est un simulacre de fjiblah; a gauche et au fond, des tombeaux de der-