‹ Le Caire et ses environsChapitre 45 sur 69 · BABYLONE · texte numérisé non relu

BABYLONE

L’ancienne citadelle, dont la fondation est attribuée aux soldats de Cambyse (v. p. 96), est actuellement désignée sous le nom de Qasr-ech-Chamâ , château de la Cire, ou plus ordinairement appelée Deir-el- Nassarah , le couvent des Chrétiens. Elle est entourée de hautes murailles, excepté au nord-est, et fermée de portes dont la principale est du côté nord. L’enceinte paraît être celle de la forteresse telle qu’elle existait à l’origine, mais les murs sont de construction romaine; ils sont bâtis en briques, et portent en certains endroits la trace des réparations successives qui y furent faites à diverses époques sous la domination arabe. Au sud-ouest, une porte dorique, aujourd’hui murée, est surmontée d’un fronton portant une inscription illisible et une aigle impériale. Une des deux tours qui flanquent cette porte, celle de l’ouest, contient une chambre où sont des tableaux à fond d’or, et de curieuses sculptures sur bois de la fin du troisième siècle; dans cette même chambre on remarque un petit meuble d’ébène tout incrusté d’ivoire, placé sur une dalle en serpentine sur laquelle est gravée une inscription grecque relative à la colonne de Dioclétien à Alexandrie.

LE VIEIX-CAIRE.

L’intérieur de Qasr-ech-Chamà est formé de petites ruelles et habité par une population copte et grecque des plus misérables, les coptes surtout. Sa principale église, celle du moins qui est en plus grande vénération et d’une antiquité incontestable et incontestée, est dédiée à la Vierge (settc Mariant); elle est bâtie sur une crypte qui servit, dit-on, de refuge à la sainte Famille; mais contre qui? La tradition néglige de le dire, et l’Évangile ne parle d’aucune persécution suscitée en Égypte contre le futur Sauveur des hommes. Un vieux prêtre copte à barbe grise, à qui nous faisions cette remarque, nous fit observer judicieusement que, par mesure de précaution, le divin Enfant avait été cacbé dans cet endroit, de crainte que le gouverneur de l’Égypte ne le dénonçât à Hérode. La chapelle souterraine est divisée en trois compartiments très étroits; on y montre des fonts baptismaux et des niches où reposait l’Enfant Jésus. L’église est petite, sombre et fort, mal tenue. Elle possède des sculptures en bois dignes de quelque intérêt, et des livres liturgiques en copte, avec la glose arabe en regard, vu que le copte n’est plus depuis longtemps qu’une langue morte pour les Coptes eux-mêmes.

Le couvent grec de Saint-Georges est situé au deuxième étage et possède de magnifiques tableaux byzantins. Au milieu de l’église est une colonne qui supporte une lampe toujours allumée; vers le milieu de la hauteur est fixée une chaîne de fer qui, assuret-on, a la vertu de guérir les filles folles; celte chaîne

LE CAIRE ET SES EIVV1R0XS.

sert à les y attacher en attendant que le miracle s’opère. L’église de Saint-Georges jouit parmi les Grecs d’Egypte d’une haute renommée de sainteté; le vestibule est toujours encombré de malades qui attendent une guérison miraculeuse, et comme la position est salubre, ils y viennent du Caire comme dans une maison de santé. La situation est des plus riantes et l’on a, des fenêtres, de belles perspectives sur le Nil.

D’autres couvents existent encore dans l’enceinte de la vieille forteresse; ils se ressemblent à peu près tous, et tous possèdent des châsses, des sculptures intéressantes et de remarquables panneaux incrustés de nacre et d’ivoire.

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