CONQUÊTE MUSULMANE
En l’année 640 de J.-C. (18 de l’hégire), Amr’ , général du khalife Omar, commença la conquête de l’Egypte en s’emparant de Memphis sans coup férir,
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Peu après, il força Alexandrie après un siège de quatorze mois. Emerveillé à la vue des richesses qui se trouvaient dans celte place importante, Amr’ écrivit au khalife : « J’ai conquis la ville de l’Occident, et « je ne pourrais énumérer tout ce que renferme son « enceinte. Elle contient quatre mille bains et douze « mille vendeurs de légumes verts, quatre mille Juifs » payant le tribut, quatre mille musiciens et bala- « dins, etc. » Omar défendit le pillage, et cette sage mesure attira beaucoup de partisans sous les drapeaux des conquérants. Les chrétiens qui voulurent demeurer fidèles à leur religion purent, en payant le tribut annuel, conserver le droit d’exercer librement leur culte. L’Egypte sous ses nouveaux maîtres, sembla rentrer dans une ère nouvelle de prospérité, et devint une des plus importantes provinces de l’islam.
Moaouyah ebn-Aby-Sqfidn fonda en 661 (41 de l’hégire) la dynastie des khalifes Ommyades. Sous cette dynastie, l’empire musulman, largement établi en Asie, en Afrique et en Europe, s’étendait depuis l’extrémité des Indes jusqu’au centre de la France. Maîtres de l’Espagne, les Arabes menaçaient d’envahir le reste du continent, lorsque Charles- Martel les refoula au delà des Pyrénées.
Sous le règne de Maraouân II, un gouverneur de province nommé Abou-l-Abbas , descendant de Hachem bisaïeul du Prophète, se révolta contre le khalife , se fit prêter serment de fidélité par les popu-
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lations de la Syrie, et fonda la dynastie des Abbassides sur les débris de celle des Ommyades qu’il venait de renverser (750 — 132). Al-Mansour, frère et successeur d’Abou-l-Abbas, fit bâtir une ville qu’il nomma Medinet-el-Selâm (la ville de la paix — 762 — 145) qui, sous le nom de Bagbdad, fut la capitale des khalifes ses successeurs. En 786 (170 de l’hégire) commence le règne du célèbre Haroun-el- Rachid , illustré par de brillantes victoires remportées sur les Grecs, et par d’importantes conquêtes. L’histoire a consacré par le surnom d’ « el-Rachid » , son amour constant pour la justice et l’équité; ses actes de bienfaisance sont plus souvent racontés en Orient que ses plus éclatants faits d’armes.
A partir du khalife Mohammed- el-Moetasscm , troisième fils d’Haroun-el-Rachid , commence la décadence de la race des Abbassides (833 — 218). El- Moetassem prépara lui-même la chute de sa dynastie en créant un corps d’élite dont les soldats étaient principalement choisis parmi les plus beaux esclaves turcomans et tartares pris à la guerre, et envoyés en tribut au souverain. Ces esclaves, qui se faisaient remarquer à la cour des khalifes par leurs avantages corporels, plurent à leurs maîtres et furent bientôt attachés à leur garde particulière. Dans peu de temps ces esclaves devinrent capables de remplir les charges les plus éminentes; peu à peu ils s’emparèrent de toutes les branches du gouvernement et s’en rendirent exclusivement les maîtres. Ahmed ehn-
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Touloun fut le premier de l’un d’eux qui se déclara indépendant, l’an 870 (257 de l’hégire); il étendit son pouvoir sur l’Egypte et la Syrie, et fonda la dynastie des Toulounides.
L’empire de l’islam était partagé en trois dynasties de khalifes^régnant à la fois, et s’attribuant chacun les droits exclusifs de la légitimité : les Ommyades en Espagne, les Abbassides à Baglulad et les Fatimites sur les côtes de la Mauritanie; cette dernière famille tirait son nom de Fatma, fille du Prophète, dont elle prétendait descendre. En 971 (361 de l’hégire) le khalife El-Moez, qui régnait sur les Etats llarbaresques, vint en Egypte; il établit sa résidence au Caire, bâti trois ans auparavant par son lieutenant Djouhar, et y fonda la dynastie des Fatimites.
En 1171 (567 de l'hégire), Salah-ed-Din ebn- Ayoub (Saladin), vizir de l’Atahek de Syrie, vint en Égypte en qualité de gouverneur. Trois ans plus tard, à la suite de ses campagnes en Syrie et des victoires qu’il avait remportées sur le roi de Moussoul, il se déclara indépendant et fonda la dynastie des Ayoubites. Salah-ed-Din joua un rôle brillant pendant les deux premières croisades. Sous le règne de Melekcl-Adel frère et troisième successeur de Salah-ed-Din, les Croisés s’emparèrent de Damiette (1218 — 615). Melek-el-Kamel qui venait de succéder à son père Melek-el-Adel, fit aux chrétiens des propositions de paix. Sur leur refus d’entrer en négociations, un petit corps de musulmans tournant en secret le camp
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des Croisés, coupèrent la digue du canal de Mahallet et les eaux du Nil, qui en ce moment élaient arrivées au plus haut point de la crue, se répandirent sur toute la contrée entre Damiette et Mansourah. Les Croisés, ignorant les effets de l’inondation annuelle, évacuèrent la province et remirent Damiette aux musulmans (1221 — 618).
Pendant la septième croisade, saint Louis repoussa 1 émir bakhr-ed-Din et Damiette fut prise de nouveau (1247 — 645). Poursuivant leur marche sur le Caire, les Croisés furent arrêtés à Mansourah et obligés de se replier sur Damiette. A la bataille de Faraskor, saint Louis fut fait prisonnier par l’eunuque Mohassem (1250—648).
A la dynastie des Ayoubites succéda celle des Mamelouks. Ces Mamelouks apparaissent pour la première fois sur la scène politique avec Ahmed eltn- Touloun, au temps des khalifes abbassides. C’étaient, comme leur nom l’indique, des esclaves recrutés parmi les prisonniers de guerre et dans les marchés dAsie, dont les souverains d Égypte s’étaient composé une milice qui devint assez redoutable pour imposer sa volonté au pays, et lui donner des chefs de sa race. Pendant les deux cent soixante-sept ans (1250 à 1517) que dura la domination des Mamelouks, ce ne fut qu’une longue suite de troubles, de guerres intestines, de crimes et de révolutions de palais. Les princes qui passèrent sur le trône périrent presque tous de mort violente. Plusieurs se
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distinguèrent par les magnifiques constructions qu'ils firent élever.
En 1517,1e sultan Sélim Ier, qui régnait à Constantinople, s’empara de l’Égypte. Il organisa l’administration du pays par une combinaison de gouvernements dont le sy|tème lui offrait des gages de durée. L’Égypte soumise à la Turquie était devenue un pacha! ik, c’est-à-dire que l’autorité suprême était confiée à un pacha qui avait sous ses ordres douze beys, nommés parmi les émirs et les mamelouks qui avaient fait leur soumission. Peu à peu le nombre des mamelouks augmenta ; ils se choisirent un chef qui prit le titre de Cheikh-el-Beled , et l’autorité du pacha fut complètement méconnue. En 1767, Ali- Bey , Cheikh-el-Beled, se déclara indépendant et battit monnaie à son coin. L’année suivante, 1 autorité du pays était entre les mains de vingt-quatre beys, qui faisaient supporter au peuple toutes sortes de vexations. Les plus influents de ces beys étaient Mourad et Ibrahim. Leur cupidité insatiable, après avoir épuisé les ressources des indigènes, s’attaqua au commerce étranger, et surtout aux négociants établis au Caire, à Alexandrie et à Rosette, dont les maisons semblaient avoir le privilège des spoliations les plus oppressives. Ce fut alors que parut Bonaparte, et après lui Mohammed-Ali, le fondateur de la dynastie régnante, qui releva l’Égypte de 1 état déplorable où elle était tombée.