‹ Le Caire et ses environsChapitre 55 sur 69 · FÊTES COPTES · texte numérisé non relu

FÊTES COPTES

Dans toutes les grandes fêtes religieuses, coptes ou musulmanes, il est d’usage de se revêtir de nouveaux habits, de distribuer d’abondantes aumônes aux malheureux et des cadeaux aux domestiques, et de faire des visites aux cimetières. En Egypte, les grandes fêtes religieuses sont universelles, on ne saurait les comprendre autrement; le riche et l’indigent ont un droit égal aux réjouissances publiques, et chacun y prend sa part; celui-ci, à l’approche de certaines solennités, est assuré de ne point être oublié, il touche sa part du « droit des pauvres » pour ainsi dire, mais ce droit des pauvres n’est pas comme chez nous réglé par la loi, il a existé de tout temps sur les bords du Nil, sans contrainte, avec cet esprit de charité naturelle devenue proverbiale qui a toujours distingué le caractère égyptien. Les aumônes ne consistent pas toujours en pièces de monnaie ou en vêtements : on distribue aussi des quartiers de mouton tout pantelants aux familles nécessiteuses; souvent même, dans la cour des riches, sont dressées des tables continuellement garnies, à la disposition des malheureux.

Aid-el-Milad (fête de la Nativité). — La fête de

Noël des Coptes est célébrée en grande pompe, le 29 Itiak (6 ou 7 janvier); elle offre le même caractère que chez les catholiques.

Aid-el-Giiétas (fête de l’Immersion) rappelle le baptême de Jésus-Christ, le 11 toubah (18 ou 19 janvier). La veille de cette fête, appelée Leïletel-Ghctâs, était autrefois l’objet de grandes cérémonies : les Coptes se réunissaient en foule sur les bords du Nil; un prêtre répandait de l’eau bénite sur le fleuve, et aussitôt les fidèles s’y plongeaient pour se purifier.

Aid-el-Bécharah (fête de l’Annonciation), le 29 baram’bât (6 avril).

Aid-el-Chaanin (fête des Palmes), le dimanche des Rameaux, huit jours avant Pâques. La cathédrale copte, près du boulevard Clot-Bey, est intéressante à visiter ce jour-là. Pendant l’office, les fidèles s’occupent à tresser des branches de palmier et en forment de curieux dessins.

Aid-el-Qiamah (fête de la Résurrection), appelée aussi Aid-el-Kïbir , la grande fête; jour de Pâques (el-Fess’hh). L’office a lieu dans la nuit du samedi au dimanche.

Aid-es-So’eoud (l’Ascension).

Aid-el-Ansarah (la Pentecôte).

Ajoutons à ces fêtes plusieurs autres moins importantes, parmi lesquelles on distingue : el-Aïd el- Salib, la fête de la Croix, le 17 tout (26 ou 27 septembre); cl-Khamis-Mouqaddas, le Jeudi-Saint, et

FÊTES PUBLIQUES

el-Aïd el-Rossoul, la fête des Apôtres, le 5 abib (11 juillet).

Les Coptes observent de nombreux jeûnes; leur Carême ou grand jeûne, siam-el-kïbir , qui précède la Pâque, dure quarante jours, quelquefois cinquantecinq dans certains diocèses; il est interrompu seulement par les fêtes qui tombent dans cet intervalle. Les autres jeûnes sont le siam-el-Mddd, pendant les vingt-huit jours qui précèdent Noël; le siam-el- Ghétas , appelé communément Baramoun, qui dure de un à trois jours; le siam-el-Rossoul, depuis l’Ascension au 5 abib; le siam-el-Azrah , quinze jours avant l’Assomption. Tous les mercredis et les vendredis, excepté pendant la période du khamsin’, c’est-à-dire de Pâques à la Pentecôte, sont aussi des jours de jeûne. Le jeûne des Coptes consiste à ne se nourrir que de cale, de pain et de légumes préparés à l’huile.

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