‹ Le CaireChapitre 21 sur 25 · CHE · texte numérisé non relu

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Boîte à Coran en marqueterie de bois. Musée du Caire.

dans la décoration architecturale des maisons, et leur usage fut des plus répandus, Un grand nombre de maisons dans les quartiers arabes du Caire en possèdent encore, et ils contribuent à donner à la rue un aspect des plus pittoresques, par les encorbellements variés qu’elle présente. Le Musée a recueilli de maisons en démolition, une suite très importante et très variée de moucharabiehs qui permettront un jour de faire l’histoire de cet art local si curieux.

L'histoire de la céramique arabe au Caire, sera un des chapitres (qui n'a pas encore été fait’) les plus intéressants de l’art en ce pays. Elle doit

1. Esquissée par le D' Fouquet, elle sera reprise par lui en un travail d'ensemble.

remonter à l'origine même des temps islamiques. Ce qui est certain, c'est quelle existait, en plein éclat, quand le voyageur persan Nassiri Kosrau vint en Égypte au xr1° siècle. Il nota, comme un fait des plus curieux, qu’on fabriquait à Misr une faïence très fine décorée, de couleurs analogues à celles de l’étoffe dite bougalemonun dont les nuances changent selon la position qu'on lui fait prendre. Lisez « reflets

Vase en cuivre de la mosquée dn sultan Hassan.

Musée du Caire.

plus importantes, car elle prouve que bien avant la Perse, l'Égypte avait connu ce genre de décoration céramique. Il n’a pour ainsi dire pas subsisté de pièces de faïence entières et intactes de ces époques; mais un médecin du Caire, le docteur Fouquet, au cours de fouilles très superficielles, d’ailleurs, faites dans les collines de décombres qui ont recouvert le sol de la vieille ville de Fostat, a retrouvé un très grand nombre de fragments de vases, de bols, de plats de cette famille céramique. Ils permettent de constater la perfection technique et décorative qu'avaient atteint les potiers de ces temps

métalliques ».

Cette observation est des

Lustre de bronze de la mosquée du sultan Hassan. Musée du Caire.

anciens. Ils permettent aussi de faire cette autre constatation, c’est que

par les formes, par certains motifs décoratifs, par certaines nuances de

Kamäriye. Vitrail en plâtre ajouré.

couvertes, les potiers arabes ont été fortement influencés par les céramistes chinois. D'ailleurs, les céladons chinois ont eu de tout temps, en Égypte, une grande vogue, et les fouilles en restituent d’innombrables fragments. | Un autre genre de céramiques, les plaques de revêtement, qui ont joué en certains pays, tels que la Perse, la Turquie et l'Espagne, un si grand rôle architectonique, ont été très peu employées par les acines Arabes du Caire ; on en trouve trace dans les minarets de la mosquée d'En-Nassir à la citadelle et aux tombeaux de l’Eini /-Pachiontar. et "dé Khaouand Baraka aux tombeaux des Khalifes.

Ce sont des carreaux à fonds unis, verts ou bruns, sur lesquels parfois des caractères d’inscriptions se détachent en blanc. De grandes plaques recueillies au musée

et qui présentent ces caractères, proviennent du tombeau du sultan El-

Ghouri.

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Jusqu'au xvr° siècle les Arabes n'avaient fait au Caire qu’un usage

très restreint des revêtements céramiques. Mais avec l'invasion des Turcs, l'emploi de ce procédé décoratif devient très fréquent pour les murs des mosquées, des maisons et des fontaines publiques.

Nous en avons fini avec les diverses séries de l’art décoratif arabe qui se trouvent représentées au musée du Caire. Il en est deux qui y font à peu près complètement défaut, et il y a lieu de s’en désoler, car elles furent des plus importantes : ce sont celles des armes et des étoffes et tapis. Le premier fonds manquant totalement, il sera bien difficile de les former, aux prix formidables qu'ont atteint ces objets actuellement en Europe. |

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