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Mosquée de Mehemet-Ali, à la citadelle.

Le centre du Caire c’est l’'Esbekyeh. Jadis, à la fin du xv° siècle, l'Emir Esbeky, général du Sultan Kaït-Bey y élevait une mosquée en mémoire de ses victoires sur les Turcs. La mosquée fut ruinée, et il fut un temps peu éloigné où les crues du Nil faisaient de cet endroit un lac ombragé de vieux sycomores noueux et tordus, à l'ombre desquels Marilhat et Félicien David aimaient à venir promener leurs rêveries. Pendant les nuits du Rahmadan et du Baïram, des fêtes l’animaient des mille feux de barques illuminées. Il y atrente ans, c'était encore un lieu vague, fort peu sûr pendant la nuit. C’est aujourd'hui un splendide jardin, riche des plus

belles essences d'arbres tropicaux, entouré comme les Tuileries et Hyde Park d’une imposante grille contre laquelle vient battre la vie moderne ainsi que rue de Rivoli ou à Picadilly.

Canal au Caire.

De l’Esbekyeh rayonnent de nombreuses avenues à travers des quartiers qui du temps d’Ismaïl étaient encore d'immenses solitudes s'étendant jusqu’au Nil. Là s'élèvent aujourd'hui les villas de la colonie européenne, ses agences diplomatiques, ses grands hôtels cosmopolites, ses clubs, ses temples protestants, ses casernes.

La plupart de ces avenues convergent vers le grand Pont, le seul qui

ÊE,C'ARRES PITTORESQUE ANCIEN ET MODERNE C7

fasse communiquer le Caire avec la rive gauche du fleuve, avec Ghizeh, avec la route des Pyramides, avec Ghéziréh, ancien palais khédivial, aujourd’hui l’un des plus vastes et somptueux hôtels du monde.

Quartier Nahazin au Caire.

Long de 390 mètres, le grand pont de fer de Qasr en Nil s'ouvre chaque jour vers une heure aux bateaux dont les vergues sonttrop hautes pour passer sous son tablier. La vue du fleuve en est tout à fait admirable: surtout en amont, où décrivant une courbe grandiose, il roule d’une force calme et lente, l’eau limoneuse descendue des hauts plateaux éthiopiens.

Le pont franchi, c’est l’île de Boulaq avec ses magnifiques allées

d'acacias qui sont la promenade favorite de la société élégante du Caire. De vastes pelouses permettent à la colonie anglaise d'y pratiquer ses sports favoris; des cavaliers à vestes rouges, montés sur de vigoureux

doubles poneys y jouent au polo, à côté de robustes gars en maillots

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