‹ Le Calcanéum Épineux GonococciqueChapitre 12 sur 33 · TER CE · texte numérisé non relu

TER CE

miner, procédons méthodiquement, Plaçons le malade en décubitus ventral, la pointe du pied tombant en dehors du lit, sa face dorsale étant calée par l'extrémité du matelas. Embrassons le calcanéum de la main gauche placé en Ü au-dessus de lui ; nous immobilisons ainsi sans violence tibio-tarsienne et sous-astragalienne. Avec le pouce de la main droite, placé à la partie moyenne de Ja voûte plantaire, appuyons sur les tubérosités inférieures du calcanéum en remontant comnie si nous voulions à la fois diriger notre force en haut et en arrière. Le malade accusera alors la sensation nette de l’enfoncement d’une épine dans le talon. :

Cette manière de procéder a pour’ but de provovoquer une douleur aiguë en allant directement au devant de la pointe de l’exostose sous-calcanéenne dont la direction, nous le savons, est légèrement oblique, en bas et en avant. Dans la grande majorité des cas, cette pression provoquera “une douleur - limitée, exquise, dans une zZône siégeant à environ deux à trois centimètres du bord postérieur du talon, plus près du bord interne, dans la région qui répond à la tubérosité calcanéenne interne. Parfois la palpation profonde révèle au-dessous du calcanéum la présence de l’exostose dont il est évidemment difficile de déterminer les contours étant donnée l'épaisseur de la semelle graisseuse et la douleur que provoque cette palpation.

MarouE. — La marche de c® malade est conditionnée par ce fait qu'il évite autant que possible

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l’appui sur le talon ; toute pression à ce niveau, tendant à faire pénétrer l’épine calcanéenne de dedans en dehors dans le tissu cellulo-graisseux du talon. Le malade marche donc pour cela sur la pointe du pied en sautillant plus ou moins sur la jambe saine.

Fic. 6 et 7. — Pied plat par atrophie musculaire

Mais loin d'amener de l’équinisme, nous voyons d'après plusieurs de nos observations que les malades atteints de pied épineux, présentent souvent un degré accentué de pied plat très douloureux. C’est qu'il se passe probablement ici un fait analogue à

celui que l’on constate dans les infections osseuses en général. Nous savons que la coxalgie, par exemple, les ostéites des longs segments des membres, déterminent des atrophies musculaires marquées. Ici mème phénomène ; les muscles courts plantaires, qui sous-tendent la voûte du pied, s’ insèrent à la partie postérieure du calcanéum' la ‘réaction ostéopériostée qui siège à ce niveau détermine.sans doute sur eux une atrophie musculaire réftexe ; les cordes de l’arc deviennent insuffisantes, cet arc s’affaisse et nous obtenons ainsi un pied plat.

- RADIOGRAPHIE. — Les caractères radiographiques de l'affection sont très nets quand l’épine est complétement ossifiée. L'image de profil du pied mon-, tre d’abord un gonflement global du calcanéum, indice d'une réaction périostée générale à ce niveau, soit encore en évolution, soit éteinte lors de l’examen.

A la partie inférieure de la grosse tubérosité, on voit inséré sur elle, l’épine telle que nous l’avons décrite, formée de tissu osseux, compact, mal tra- - versé par les rayons. Reclus la comparait à « une verge de chien »;

Et pourtant nous savons qué son aspect maçroscopique est le plus généralement celui d'une lame, d’une « varlope dont l’exostose serait le tranchant », Pourquoi ce désaccord entre la vraie forme de l’exostose et son image radiographique ?

Les schémas ci-contre, accompagnés de leur lé-

gende, nous ferons bien saisir la déformation due à la façon dont sera prise la radio.

Fic. 8 F1G. 9

Les figures ci-dessus représentent les positions respectives de la plaque, de l’ampoule et d’une exostose schématique supposée, séparée du calcanéum. Cette dernière a la forme d’un dièdre plein dont Ja base répond à la grosse tubérosité du calcanéum.

Dans la fig. (8) : La radio est faite franchement de profil; les rayons parallèles aux faces projettent uniquement l’une sur l'autre les faces latérales interne et externé, et vont les reproduire exactement sur ja plaque : l’image apparaît donc comme un trièngle à sommet très effilé, c’est l’épine, la « verge de chien » de Reclus.

Dans la fig- (9) : Ici même position de l’ampoule et de la plaque, mais l’exostose n’est plus franchement de profil, le calcanéum ayant basculé en dedans ou en dehors; les rayons tombent alors plus ou moins obliquement sur une des grandes faces du dièdre et l’image est alors bordée par les limites interne, externe et antérieure de ce dièdre. L'ombre est plus étalée, plus floue aussi, à bord antérieur plus où moins crénelé,

Cela explique pourquoi : 1° On trouve dans certains cas, une lamelle à l'intervention, alors que l'ombre radiographique a la forme d'une épine.

2° Pourquoi une exostose à bord antérieur, tranchant, peut être projetée radiographiquement sous la forme d’une ombre effilée, où au contraire, très arrondie à son sommet, selon l’inclinaison au’on Jui donne. L

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