Laînasse. —De même que le nombre et la figure
CALCUL VECTORIEL 25
la masse est la condition de toute représentation objective. La matière des corps n'est pas une chose que nous puissions saisir dans ses éléments primitifs. Nous ne pouvons connaître que des rapports de masse. La notion scientifique de masse pesante résulte des deux lois fondamentales du mouvement ; savoir : l'inertie galiléenne, et la sommation vectorielle des forces motrices, lois qui sont elles-mêmes la conséquence de la constance du mouvement de transport réel de masse. Mais nous devons distinguer soigneusement une masse d'avec sa pesanteur, qui est son potentiel, comme nous distinguons une masse thermique d'avec sa température.
De même que l'opération primitive du nombre est la répétition, ou la sommation, de même que Topération primitive de la figure est la direction ou langle, de même enfin l'opération primitive de la masse est le mouvement, ou la seule manière de relier une masse à une autre, et la science de la masse est la science du mouvement ou la mécanique.
La masse s'exprime par un coefficient numérique, qui définit la matière comme capable d'un espace fini dans un temps fini, et par suite, comme le nombre, doit être considérée vectoriellement comme ayant deux modes d'existence physiques et de représentation géométrique, l'un réel, l'autre imaginaire, qui constituent respectivement la masse pondérable et la masse impondérable. Nous voyons, en effet, qu'une masse de chaleur, ou d'électricité, constitue comme la masse chimiqueune résultante d'action mutuelle de masse, mais dont les lois d'inertie et de mesure dé force ne sont pas évidemment les mêmes que celles d'une masse pesante ; c'est en effet une masse imaginaire relativement à une masse pesante considérée comme réelle, dont l'inertie s'appelle conduction, et qui mesure un flux de force tout aussi réel comme transport que celui de masse pesante. Nous observerons qu'une masse soit cosmique, soit éthérée, n'est
26 CALCUL VECTORIEL
pas pesante, chaude, magnétique, radiante, par elle-même, ïnais ne le devient que par l'action mutuelle des masses qui lui sont conjuguées mécaniquement.
La mesure de la masse s'appelle force, et réciproquement la force mécanique est mesurée par la masse. £n effet, une masse ne peut-être conçue que comme résultante en un lieu donné d action mutuelle d'autres masses de même unité, ou si Ton veut comme résultante d'un champ de force dans .lequel elle forme un point critique ou de discontinuité. Réciproquement un champ de force ne peut être conçu que comme le résultat d'une distribution de masse, donnant li^i à un flux de force, c'est-à-dire, à une action mutuelle, ce qui nous ramène au point de départ. Or, cette synthèse cosmologique constitue le phénomène du mouvement.
Définie comme quantité de matière, la masse a la signification de Densité, ou d'une fonction de Point Scalar, définissant un état de la matière à chaque instant par son paramètre, et en chaque lieu par ses coordonnées.
14. Le mouvement. — Le mouvement, comme tout phénomène, est un relatif, ou un conditionné de la connaissance. Le mode de communication ou de transmission du mouvement est encore une synthèse de la dualité vectorielle. On distingue, en efiet, dans le mouvement deux modes antinomiques, le contact et le transport, qui répondent aux deux modes d'action de la force : l'action immanente ou la tension, et l'action émanente ou l'attraction apparente. L'on voit encore ici les philosophes de la nature défendre exclusivement l'un ou l'autre de ces modes, sans s'apercevoir qu'ils sont liés par une synthèse indissoluble de la dualité phénoménale.
Quand on parle du mouvement on entend le transport réel de masse douée d'inertie galiléenne. Mais puisque l'on doit considérer la masse mesurée par le nombre, sous le
,^ti^
CALCUL VECTORIEL 27
double rapport du réel et de Timaginaire, le transport ou flux de force est un mouvement tout aussi réel d'une masse, qui n'a pas d'inertie réelle, et qui se traduit par un phénomène tout aussi réel également, qu'on appelle tension. Le transport et la tension de masse forment donc une synthèse vectorielle du mouvement.
La même observation est applicable à la nature géométrique du mouvement de masse, où la vitesse est assez évidemment un vecteur. En fait, tout déplacement élémentaire se ramène à un déplacement scalar, accompagné d'une rotation qui définit le ternion conjugué. D'ailleurs, il y a réciprocité, car toute rotation élémentaire se ramène ellemême à une suite de déplacements rectilignes ou tangentiels, déterminant un plan verseur, et par suite un axe ternion, et tout déplacement rectiligne se ramène à une rotation autour d'un axe instantané qui détermine un vecteur-unité. Les deux mouvements sont donc corrélatifs de la synthèse vectorielle de l'unité réelle et imaginaire.
Le contact ou choc est le phénomène de la transformation, au moyen de l'organisme de la masse, d'un mouvement de transport réel de masse, en un mouvement de transport réel de force, mais devenu imaginaire relativement au premier. Ce phénomène, qui nous paraît un changement brusque de vitesse, est cependant une transformation mécanique qui se poursuit dans le même sens ; le verseur de la vitesse subissant une variation intégrale d'un quadrant pendant la période d'impulsion, puis une seconde variation intégrale pendant la période d'expulsion, et donne par suite le même verseur, mais négatif. Il en résulte que nous aurons à distinguer divers modes d'énergie de transport de masse, et divers modes de tension de masses, d'où l'on verra sortir directement les diverses énergies de la nature.