‹ Le calendrier des confréries de Paris, précédé d'une intrChapitre 12 sur 55 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

la confrérie prit son plus vaste développement.

Cette époque que Ton regarda trop longtemps comme une ère d'ignorance et qui fut plutôt celle de la vraie liberté et de Pépanouissement le plus complet de la pensée sous la double influence de la religion et du patriotisme, cette époque forma d'une même main les congrégations religieuses si utiles à la conservation des sciences, des arts, et à la culture des terres, et les corporations marchandes ou manouvrières dont la bannière de la confrérie protégea si efficacement les sociétés de commerce et les compagnies {cumpané) d'agriculteurs qui nourrissaient la société entière.

Au treizième siècle, les diverses corporations firent approuver leurs statuts depuis longtemps sanctionnés par l'usage; à la même époque les confréries qui en étaient le complément suivirent cet exemple; les plus anciens règlements connus ne remontent pas au-delà de cette date.

L'organisation des confréries a présenté des variétés infinies selon les métiers ^ les pays et le but qu'elles se proposaient d'atteindre; niais, si la forme varie, le fonds est

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le même, Tesprit général est identique pour toutes.

Les dispositions de l'administration intérieure des confréries étaient à peu de choses près les mêmes pour toutes ; ce fait prouve Tuniversalité et l'empire des lois qui les régissaient.

Les corporations industrielles devinrent religieuses y par le règlement de la confrérie qui rappelait chaque associé à l'adoration dé Dieu, à l'observance des préceptes ^ des devoirs de piété ; morales, par la vigilance qu'elles exerçaient sur les mœurs, la conduite de chaque membre; tt politiques par leur intervention dans les mouvements populaires.

Par suite de ces divers caractères on le»

appela indistinctement :

Corporations, à cause de l'alliance des artisans d'un même métier;

Confréries, à cause de l'esprit de fraternité qui devait les animer, et du lien qui les unissait sous la bannière du même patron;

Jurandes, à cause du serment qui liait chacun des membres.

Il faut distinguer les confréries d'avec les communautés. Dans les confréries chacun

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était admis par sa voulenté sans force faire. Les maîtres^ les apprentis, les varlets (compagnons), s'y trouvaient souvent réunis.

Certains corps de métier imposaient une cotisation annuelle à leurs membres pour l'entretien de la confrérie.

La confrérie et la communauté paraissaient ne faire qu'un seul et même corps, mais ces deux Institutions étaient différentes par leur nature.

Les confréries échappaient à la surveillance matérielle de l'autorité; les troubles de la religion servirent de motif et de prétexte à restreindre leurs droits et privilèges.

En i535, iSSg, 1 5 60 aux États généraux d'Orléans, en 1579 à la suite des États de Blois, on abolit toutes les confréries ; mais les communautés subsistèrent toujours.

A partir de cette époque, le pouvoir civil et l'autorité ecclésiastique limitèrent le nombre des confréries qui furent autorisées à se reconstituer sur de nouvelles bases : au lieu d'être réservées à des gens de même profession, elles furent accessibles à tous les catholiques quel que fût leur âge, leur état, leur condition; elles eurent un but, d'entretenir la piété de leurs membres et non de

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