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présence des saints locaux; dans les livres d'heures destinés aux princes et aux riches familles, le calendrier était suivi de plusieurs feuillets blancs sur lesquels on inscrivait les dates de la naissance et de la mort, les. événements heureux. Ces épbémérides étaient de x^i^itables archives de famille; parfois on y rencontre des. faits qu'on irait vainement chercher ailleurs.
IL Corporations. — On donnait le nom de corporation ou ghilde à des associations d'ouvriers qui remontaient à une haute antiquité. Les corporations industrielles se trouvent déjà dans Tempire romain, où elles avaient été instituées par Alex. Sévère. Elles survécurent à l'empire et furent fortifiées par l'usage des ghildes, ou associations Scandinaves.
a Dans Tancienne Scandinavie, dit M. Aug.
Thierry, ceux qui se réunissaient aux époques solennelles pour sacrifier ensemble terminaient la cérémonie par un festin religieux. Assis autour du feu et de la chaudière du sacrifice, ils buvaient à la ronde et vidaient successivement trois cornes remplies cfe bière, l'une pour les dieux, l'autre
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pour les b raves du vieux temps, la troisième pour les parents et les amis, dont les tombes, marquées p&rdes monticules de gazon, se voyaient çà et là dans la plaine; on appelait celle-cî la coupe de Tamitié. Le nom d'amitié {minne) se donnait aussi quelquefois à la réunion de ceux qui offraient en commun le sacrifice, et, d'ordinairie, cette réunion était appelée gkitde ^ c'est-à-dire banquet à frais communs^ mot qui signifiait aussi association ou confrérie , parce que tous les cosacrifiants promettaient par serment de se défendre l'un l'autre et de s'entr'aider comme des frères. Cette promesse de secours etd*appui comprenait tous les périls, tous les grands accidents de la vie; il y avait assurance mutuelle contre les voies de fait et les injures, contre Tincendie et le naufrage, et aussi contre les poursuites légales encourues pour des crimes et des délits même avérés. Chacune de ces associations était mise sous le patronage d'un dieu ou d'un héros dont le nom servait à la désigner; chacune avait des chefs pris dans son sein, un trésor commun, alimenté par des contributions annuelles, et des statuts obligatoires pour tous ses membres; elle formait
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ainsi une société à part au milieu de la société ou de la tribu. La société de la ghilde ne se bornait pas comme celle de la tribu ou du canton germanique à un territoire déterminé; elle était sans limites d'aucun genre ; elle se propageait au loin et réunissait toute espèce de personnes, depuis le prince et le noble jusqu^au laboureur et à l'artisan libre. C'était une sorte de communion païenne, qui entretenait par de grossiers symboles et par la foi du serment des liens de charité réciproque entre les associés, charité exclusive, hostile même à Tégard de ceux qui^ restés en dehors de l'association, ne pouvaient prendre les titres de convive y conjuré, frère du banquet. Soit que cette pratique d'une grande énergie fût particulière à la religion d'Odin^ soit qu'elle appartînt à l'ancien culte des populations tudesques, il est hors de doute qu'elle exista non-seule^ ment dans la péninsule Scandinave, mais encore dans les pays germaniquc^s. Partout^ dans leurs émigrations^ les Germains la portèrent avec eux; ils la conservèrent même après leur conversion au christianisme, en substituant l'invocation des saints à celle des dieux et des héros, et en joignant cer-