‹ Le calendrier mexicain; essai de synthèse et de coordinationChapitre 5 sur 18 · AN6BR9. ^ IMP. BURDIN BT C**, 4, RUE 6ARN1BR · texte numérisé non relu

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ESSAI DE SYNTHÈSE ET DE COORDINATION Par m. Edouard de JONGHE,

Docteur en philosophie et lettres, Membre de la Société des Américanistes.

A M. LE Duc DE LOUBAT

Basé sur des observations astronomiques sérieuses, le calendrier mexicain était surtout étudié par la caste des prêtres qui renseignaient dans leurs écoles. Sur lui se réglaient les présages, les actes magiques, les fêtes rituelles, ainsi que la plupart des actes de la vie privée et publique ^ Nous examinerons successivement les points que voici :

{^ Rapports entre le Tonalamatl et Tannée solaire.

2^ Succession des fêtes rituelles.

3^ Synchronologie.

Le comput des anciens Mexicains repose à la fois sur une période de 260 jours qui se subdivise en 20 treizaines et sur une période

1. Les principaux ouvrages récents sur le calendrier mexicain sont:-D. Brinton, The native calendar of Central America and Mexico, Philadelphia, 1893. — Nuttall (Zelia), Note on the ancient Mexican Calendar-system^ communicated to theX^'^intern. Congres of Americanists, Stockholm, 1894 ; et « The periodical adjustments of the ancient Mexican Calendar», dans American Anthropologist, n. s., vol. vi, n° 4, 1904, pp. 486-500. — Seler (Ed.), Gesammelte Abhandlungen zur Amerikanischen Sprachund Alterthumskunde, I, Berlin, 1902, pp. 173-183,417-503,507-554; Id. « DieKorrekturen der Jahreslânge und der Venusperiode in den mexikanischen Bilderschriften » iZeitschrift fiir Ethnologie, 1903. Heft 1, 27-49). Enfin, sous le titre : Mexican and (lontral American antiquities, calendar-systems and histon/, la Smithsonan Institution (Washington, 1904') vient de publier la traduction anglaise d'un certain nombre des travaux de MM. Seler, Fôrstemann, Schellhas, Sapper et Dieseldorf.

6 EDOUARD DE JONGHR

de 365 jours qui se décompose en 18 vingtaines plus 5 jours appelés nemontemi. La première période s'appelle Tonalamatl (livre des jours), et nous en possédons de beaux spécimens dans le Codex Borbonicus^ le Tonalamatl Aubin^ le Codex Telleriano-Remensis^ et le Vâticanus A d'une pari, et dans le Codex Borgia, le Vaticanus B et le Codice di Bologna d'autre part. La seconde période s'appelle Tonalpoualli * et est généralemement représentée sous la forme d'une roue. Ces représentations comme celles de Valadès, de Durân, de J. de la Serna, etc., sont de date plus récenle. Pour donner une idée plus claire de ces deux périodes, nous les exprimons ici par des chiffres :

Tonalamatl = 260 jours : 13 x 20).

ou 5 (4 X 13).

Tonalpoualli = 365 jours (18 x 20) -|- 5).

ou (28 X 13) 4- 1.

La question de l'origine du Tonalamatl serait de la plus haute importance pour nous éclairer sur les rapports qui existaient entre ces deux périodes. Malheureusement sa solution se heurte à des difficultés jusqu'à ce jour insurmontables. Les anciens auteurs ont, en général, pensé que la période de 260 jours avait été inventée pour les besoins de la magie. Les pictographies, dont nous avons conservé un petit nombre, et qui nous présentent le Tonalamatl avant tout comme un livre d'horoscopes, étaient bien faites pour les entretenir dans cette idée. Il est peu probable cependant que le Tonalamatl ait eu dès, ses débuts, les caractères magiques que nous lui trouvons à l'époque de la conquête. Il est bien plus vraisemblable qu'à l'origine, il ait servi à compter le temps d'une façon approximative. Quelques-uns, tel Orozco y Berra ^, à la suite de Léon y Gama, ont pensé que ce compte est basé sur les mouvements de la lune. Le nombre 13 serait né de l'observation de la lune croissante [Ixtoçoliztli =des\uelo) et de la lune décroissante [Cochiliztli ^=sueîio). Si nous nous refusons, avec Brinton ^, à adop-

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